M. Lanson
3. « Au XVP siècle l'usage d'écrire sur les prisons (comme l'ont fait successivement Marot et Dolet) a été adopté par tous les personnages en vue qui eurent à subir une captivité quelconque. Marguerite, en écrivant l'histoire de ses priions morales, n'a fait qu'appliquer aux choses de la vie spirituelle un genre littéraire alors tout à fait en faveur » (M. Lefranc).
4. Quelque élevé que soit le ton de ce passage, suffit-il pour justifier cette supposition du récent biographe de Marguerite (p. XXVI) : « Quand elle mourut, les nobles enseignements du Phédon qu'elle avait
\ jadis tant médités lui revinrent sans doute sur les lèvres, contribuant à rendre plus sensible la sérénité tout antique avec laquelle elle attendit
* sa fin » ?
5. Il y est parlé de « l'Académie » qu'il a érigée « sur le double mont i.
LE PLATONISME PENDANT LA RENAISSANCE ll^l?
époque une réunion savante fondée dans le même dessein et le même esprit que l'Académie de Florence. La chose n'a en soi rien d'invraisemblable. Une ville placée précisément sur In route qui relie Florence à Paris ne pouvait pas ne pas recueillir les germes de Tidéalisme platonicien àFheure où il nous arrivait appojté par le vent qui soufflait d'Italie. Il y a plus. On se j-eprésente sans peine les littérateurs, les imprimeurs érudits, les espiits cultivés si nombreux dans la cité lyonnaise au milieu du XVJe siècle se rencontrant « pour préparer Téclosion d'une école originale sur ce sol éminemment historique, où plusieurs siècles d'une activité intellectuelle et religieuse d'une rare intensité avaient laissé leur robuste empmnte. Nous savons que toutes les célébrités du lieu se fréquentaient volontiers, et qu'il s'y donnait de doctes banquets. Nul doute que Platon n'y ait fait l'objet d'entretiens pleins de charme. Le vers de Du Bellay vise-t-ii ces réunions? Entoutcas, la question vaut la peine d'être posée *. » Je regrette de n'avoir jusqu'ici au cours de mes recherches mis la main sur aucun document de nature à éclairer cet intéressant problème.
Il y a certainement plus de Pétrarque que de Platon dans l'inspiration de Maurice Scève -, un des maîtres le plus en vue de l'école lyonnaise, auteur de ce poème de Délie (15M') auquel, dans un mémoire lu à l'Institut', M. Brunetiôre donnait cet éloge assurément peu banal qu'il avait fait définitivement entrer dans notre poésie française le sentiment de Fart. Scève décrit l'amour idéal comme un lien entre deux cœurs avides de monter d'un même élan vers Dieu *.