‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 67 sur 77 · M. Lefranc, 1. 1, p · texte numérisé non relu

M. Lefranc, 1. 1, p

2. Ce fut lui, dit-on, qui eut la l)onne fortune de «lécouvrir à Avignon le tombeau delà belle Laure.

3. A la séance annuelle de 1895. — Il n'est pas inutile de faire remarquer que le nom même de Délie est l'anagramme de Vidée.

4. M. Bourciez {Les mœurs polies et la littérature de cour sous Henri II, 1885) rattache étroitement à Maurice Scève un autre Lyonnais de ce temps, Claude de Taillemont, dont il loue la verve chaude et déliée : « Le dialogue entre l'amant et Tami a telle strophe qui frémit déjà etqui s'envole : c'est avec plus de simplicité et moins de préciosité peutêtre qu'ailleurs, le grand courant d'inspiration platonicienne qui se mêle là aux idées du christianisme et rajeunit notre vieille poésie » (p. 128)..

428 ANNALEiS DE PHILOSOPHIE CHKÉTÏENNE

Mais de ce précurseur tfop pcti connu de la Pléiade il est temps de passer à la Pléiade elle-même . Ses principaux représentants témoignent çà et là d'aspirations vraiment platoniciennes, trop rares pour qu'on puisse dire qu'ils se sont formés exclusivement à cette écolt^ assez marquées cependant pour qu'il soit impossible de se méprendre sur le sens du courant auquel obéissait alors Télile des intelligences.

Voici d'abord l'auteur de la Défense et illustration de la langue française^ pressant ses contemporains d'imiter « l'exemple des Italiens qui ont converti quasi toute la philosophie en leur vulgaire, principalement la platonique » et ajoutant avec raison que << si la science semée par Aristote et Platon au fertile champ attique était replantée en nostre pleine françoyse, ce ne seroit la jeter entre les ronces et les épines où elle devinst stérile ». Si célèbres que soient ces grands génies, « la philosophie les a adoptés pour ses fils, non pour être nés en Grèce, mais pour avoir d'un haut sens bien parlé et bien écrit d'elle >. Et joignant la pratique au conseil, Du Bellay s'était mis à lire et à méditer maint écrit platonicien. S'il entremêle d'étymologies plaisantes les distiques latins de ses Allusions \ ce n'est qu'après les avoir excusées et justifiées par l'exemple de Platon dans le Cratyle. Et que penser de vers tels que les suivants, tirés de V Olive:

Là, ô mon âme, au plus haut ciel guidée. Tu y pourras reconnaître l'Idée =*.

De la beauté qu'en ce monde j'adore ?

M. Bourciez croit découvrir dans ce passage et d'autres analogues une imitation des trois dialogues sur l'amotir de Léon Iflébreu. Mais, ajoute-t-il, « alors même que Du Bellay ne les eût point connus, le sonnet et le livre n'en reste-

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