Recueil publié en
2. Des exemples empruntés à des publications antérieures ont permis à M. Lefranc (p. 37) d'établir que « l'expression platonicienne par excellence (l'Idée) était déjà devenue d'un usage courant à la cour de Navarre et que la Pléïade n'a fait, un peu plus tard, que lui donner droit de cité définitif ».
raient pas moins écrits au milieu d'un même mouvement entraînant les esprits : ils s'expliqueraient toujours l'un l'autre. » D'autre part, cette comparaison achevée, qu'on en institue une seconde entre l'idéal du nouveau poète et le rêve tout terrestre du joli rondeau de Mai^ot * sur V Amour du siècle antique : comment ne pas être frappé du contraste? « Voici que Du Bellay en ses vers d'allui^e grave nous parle d'une âme emprisonnée aspirant plus haut, d'un amour qui ne saurait se réaliser ici-bas et qui pour s'épanouir a besoin d'une sphère de lumière plus pure et de la contemplation ' de la beauté dans son éternelle essence ^ » Un souffle philosophique a passé, arrachant la poésie au sempiternel badinage ou elle s'était trop exclusivement complu jusqu'alors, des régions plus hautes se sont révélées soudain aux imaginations émues :
Largior hic campes aether et luraine vestlt Purpureo,
Ce ciel platonicien, Ronsard, le maître du chœur. Ta entrevu aussi à son heure, counne en témoigne plus d'une pièce des divers recueils qu'il intitula lui-même Mes amours ^ J'y relève notamment ces deux vers :
Espoinçonné d'une manie extrême * j.
Là du vray beau j'adore le parfaict.
Dans V Hellénisme en France *, un juge autorisé, E. Eg-
1. En parlant de ce poète, M. Lanson a écrit très justement : « Son ignorance des lettres anciennes le préserve des tentations où peuvent induire Aristote et Platon. Il ne philosophe guère : il passe à côté des grands problèmes sans les voir, et croyez que, s'il les voyait, il s'en écarte- . rait vite. »
Il est non moins certain qu'un Rabelais, gaulois dans l'âme, manquait lui aussi, du sens exquis et délicat de la beauté.