M. Bourciez, ouvrage cité, p
3. Voir notamment I, 157, où est poétiquement chantée la théorie de la réminiscence.
4. I, p. .'532 : « Chose singulière, s'il y a un philosophe ancien dont les doctrines aient agi sur notre grand poète, ce n'est pas Aristote, mais Platon. On croit sentir le souffle des théories platoniciennes dans ses beaux vers sur Tinspiration. » Et en effet combien sont-ils, les poètes qui entre le XI« et le XVI" siècle auraient songé à présenter cette inspiration comme un soufHe d'en haut, comme une communion momentanée avec une vie
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ANKALES DE PHILOSOPHIE ClinÉTIÊNNB
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ger a cru pouvoir ramoner à la même source les divers passages où Ronsard célèbre renthorisiasmc poétique : mais il ajoute cette fine réflexion : « Rien ne prouve d^ailleurs que la dociirine de Platon fut alors populaire en France, au ipoins « sur le Parnasse » comme on recommençait à le dire. » jPétrarque Tétait certainement davantage * ; mais s'il y a des .difl^ronces, il y a aussi des affinités indiscutables entre Tes- ' îtbétique morale du Banquet et le pétrarquisme que M. Piqri, dans une thèse récente % définissait non sans quelque .malice : « L'art de traiter avec esprit les choses du cœur, de composer des vers d'amour sans ombre d'émotion dans l'àme, de chanter une fiction d'intrigue amoureuse dont les phases et les étapes sont fixées et comme établies par une tradition immuable. » Le même auteur, il est vrai, a fait preuve de plus d'indulgence dans cet autre passage : « L'idéalisme platonicien avec son caractère contemplatif s'accordera très bien avec les sentiments éthérés et purs qui avaient rempli le Canzoniere de Pétrarque et que la nouvelle école poétique va reprendre avec dévotion '. » Aussi bien le maître harmonieux, objet au delà des monts d'une
supérieure à la nôtre, comme un génie divin venant animer les fils légitimes (le la Muse? Ecoutons Ronsard dans son Epiire à Grévin (imprimée en 1562 en tète de ses œuvres) :
Le don de poésie est semblable à ce feu
.Lequel aux nuits d'hiver, comme un, présage estveu,
Ores dessus un fleuve, ores sur une prée,
Ores dessus le chef d'une forêt sacrée
Sautant et jaillissant, jetant de toutes parts,
-Par l'obscur de la nuit, de grands rayons espars. Pour le dire en passant, il ne semble pas être resté systématiquement à l'écart des choses philosophiques, le poète qui ne craint .pas de terminer ses mémorables invectives contre les bûcherons de la forêt de«Gastines par cet adage tout métaphysique :
I^ matière demeure et la forme se perd.
1. Son influence va grandissant à mesure qu'on s'éloigne, des premières années du siècle, de celte période décrite avec tant de verve par M. de Maulde, à l'occasion du séjour de Louise de Savoie, mère de François .!•% à Àmboisc, « dans cette résidence délicieuse où tout rappelle aujourd'hui encore le doux éclat d'une Renaissance italianisante, mais foncièrement française et pas encore italianisée «.
2. Le fPt^trat-qtiisme au XlXSJ'iècle \ Pétrarque et Honsanl^ ou de Vinfluence de Pétrarque sur'faPiéiade française, p. 268.