‹ Le Platonisme pendant la Renaissance [microform]Chapitre 72 sur 77 · XA · texte numérisé non relu

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(i5° article)^ LE PLATONISME EN FRANCE (suite).

Montaigne est lui, aussi, un fils du XVI« siècle, mais d'un esprit bien diiïérent. Cet homme du monde a lallure d'un sceptique : la domination intellectuelle deplusenpiusétroite, de plus en plus rigoureuse exercée alors par le péripatétisme était faite pour le rejeter dans le camp opposé. II s'insurge contre «. ce monarque de la pensée moderne, cet Aristote dont la doctrine servoit de loi magistrale, quoiqu'à l'adventure elle fust aussi fausse qu'une autre ». Au cours de son voyage en Italie (qu'il nous a raconté, en indifférent qu'il était aux choses extérieures, sans souffler mot des chefs-d'œuvre artistiques de tout genre qui y rayonnaient alors d'une fraîche nouveauté) il fit la rencontre à Pise « d'un honnête homme, mais si aristotélicien que le plus général de ses dogmes était que la touche et règle de toutes les imaginations était la conformité à la doctrine d'Anstote et que hors de là ce ne sont que chimères et insanités. II a tout vu et tout dit ». On devine ce que devait penser d'un dogmatisme aussi intempérant celui qui mettait son bonheur à « s'endormir sur l'oreiller du doute ».

Aussi, tandis que d'autres étaient séduits chez Platon par la grandeur du système, Montaigne l'était par le ton réservé des affirmations. Il ne lui déplaisait nullement de voir surgir au soin de l'Académie un Arcésilas et un Carnéade : « De Socrate naquirent dix sectes diverses : aussi, à

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