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FiG. 73. — Plexus brachial de Chrysothrix sp.
inférieur venu de Cvu1 reçoit une anastomose de Cvir d’où monte lui aussi ses origines. Pour la première fois, depuis le début de ces descriptions, nous voyons le supra-scapulaire « glisser » en partie vers le plan postérieur.
Nous pouvons donc conclure que, chez les Platyrrhiniens, le sus-scapulaire que nous avons vu jusqu'à présent être le nerf le plus cranial voit ses racines originelles prendre une part de plus en plus grande à la formation du plexus et fournir des fibres antérieures et postérieures. Le sus-scapulaire reste intermédiaire aux deux plans de flexion et d'extension.
b) Catarrhiniens. — Chez ces animaux, le musculo-cutané monte lui aussi; la 6° racine et aussi la 5° racine chez Colobus ursinus (fig. 74), chez Semnopithecus nasicus, chez notre Cercopithèque, chez le Cynocéphale, lui fournissent ses fibres originelles. >ar un phénomène corollaire, le musculo-cutané se sépare à nouveau du médian. Ce dernier nerf change aussi ses origines. La racine principale est maintenant la 7° C., la 8° et la 1" D. ayant une part tout à fait secondaire. Tandis que, jusqu’à présent, le médian recevait des fibres surtout de Ovni et de Dr et quelques fibres de renforcement de Cvit ou Cvi, on voit l'inverse se produire ici. Le nerf se forme haut surtout par Cv. Ceci nous permet de
comprendre la disposition chez Semnopithecus nasicus figuré par Box où l’artère est placée sous le gros tronc médian et enjambe sa racine interne plus grêle, laquelle, chez les animaux inférieurs, constituait le véritable tronc nerveux.
Le cubital naît de Dr et postérieurement aux fibres du médian.
Il. recoit’ parfois des’ fibres de» Di (rarement). Le plan postérieur, nous montre aussi quelques modifications. Circonflexe et radial naissent séparément et ceci est noté cette fois par Bozk. Mais sur toutes nos dissections personnelles nous remarquons que les sous-scapulaires proviennent de Cv": et de Cv. De plus, le tronc du circonflexe est donné par le tronc descendant venu de Cv-Cvr, La 7° racine qui, chez ies Lémuriens, donnait les trois quarts du circonflexe est réduite ici à un petit faisceau de renforcement. Ce tronc descendant venu de Cv-Cr, renforcé par Cv, se bifurque en
circonflexe et nerfs ronds et en un tronc de renforcement pour le ra-
MC
dial qui ici reçoit indiscutablement
FiG. 74, — Plexus brachial de ! .
“olobus ursinus. [D’après Bouk.] es fibres de toutes les racines du
plexus. Ce nerf radial recoit une large part de Cvin et une branche très grêle venue de Dr. Le grand dorsal est toujours postérieur. Enfin Dr envoie un faisceau intercostal très grêle à la racine du membre.
Chez les autres Catarrhiniens, le même processus d’ascension se poursuit. La 7° racine est toujours utilisée au Levator scapulae. En revanche, le rhomboïde est ici plus souvent alimenté par Cy- CY1 et arrive même à donner quelques rameaux à ce muscle chez Colobus ursinus (fig. 74). Chez ce même animal, le supra-scapulaire provient de Cyr et d’une partie de Cv. On remarque même que les fibres originelles passent derrière les fibres antérieures destinées au musculo-cutané. Chez Semnopithecus nasicus, la disposition est la même comme, du reste, chez Cercopithecus
albigularis. Donc, cette dernière racine donne un rameau brachial interne. Le plan postérieur à lui aussi changé dans le même sens. La racine dominante est ici la CYi1; elle est vraiment beaucoup plus importante que les autres. Cv-Cvi donnent une anastomose descendante d’où se détachent un nerf sous-scapulaire. CYn donne des nerfs sous-scapulaires, le circonflexe, des nerfs ronds et la majeure partie du radial;: ceci est tellement net que les fibres venues de Cv (ancienne racine originelle du tronc) et de Di paraissent n'être que de simples collatérales. Tout, dans cette description, plaide donc en faveur d’une ascension craniale La 7° remplace la 8° par son importance. Tous les troncs nerveux déplacent et fixent plus cranialement leurs fibres originelles. Les exceptions que nous avons pu trouver (Macacus niger) ne changent que fort peu la disposition que nous venons de décrire.
c) Hylobates. — Bien que ne fai- / Sant pas partie des Anthropomorpkhes, en nous décrirons le plexus de Hylobates KSS |
Mütleri (Bozk) et d’un Gibbon jeune, à côté de celui des grands singes. Il s’en rapproche à plusieurs points de vue. Chez ces deux animaux, le plexus brachial se présente de Ia même manière. Il est formé par cinq racines Di-Cvui-Cvn-Cvi-Cv, La 9° et la 5° sont de volume sensiblement égal et beaucoup plus petites que les trois autres.
La 5° cervicale est nettement incorpo-
rée dans le plexus. Elle fournit au
nerf qui, en collaboration avec la 4",
innerve le rhomboïde; cette dernière |
racine, que nous avons vue séparée A t
Jusqu'à maintenant du complexe ner-
véux, lui est réunie par une anasto- NC
mose descendante. Donc, la’ diminu-
tion de volume de Di, l’englobement Fi. 75. Plexus brachial Wu Ë de Hylobales Mütleri.
de Cv et la participation de C1 mon- (Debre Bo e
trent ici encore la tendance générale
qu'a le plexus à se fixer plus cranialement. Le volume plus consi-
dérable de Cvri-Cvur et Cyr plaide en faveur de la même modi-
fication. Le dispositif plexiformé proprement dit a’une forme bien spéciale. Aussi bien chez l’Hylobates Mülleri de BoLk que sur le Gibbon très jeune que nous avons étudié. Donc chez l'adulte et chez le jeune, les différentes racines constitutives se réunissent en un énorme tronc. Cv- et Cv1 constituent un premier tronc que renforce Cv que renforce aussi plus bas Cv et Dr.
ar son bord cranial, CY donne le supra-scapulaire. Ici nous ne pouvons savoir la topographie des fibres originelles de ce nerf, car elles sont fusionnées sur un parcours de 2 cm. à la 5° paire et ne naissent plus dès la sortie du trou de conjugaison. Les sous-scapulaires naissent du tronc commun et de son bord externe. Dès que le tronc venu des cinq racines est constitué, on voit se détacher de sa face antérieure les rameaux thoraciques. Puis, à une distance de 6 à 7 cm. de l’origine, on voit ce tronc commun donner séparément, par ses fibres antérieures, le nerf coraco-brachial et biceps, c’est-à-dire les branches terminales du musculo-cutané et le tronc médio-ulnaire. Les fibres postérieures du même tronc commun donnent l’axillaire, le radial et le Latissimus dorsi. Comme on le voit le plexus brachial est ici très condensé et haut fixé. Si ce plexus était considéré isolément, il serait difficile d'interpréter son apparente simplification. Au contraire, elle nous apparaît très explicite, grâce aux modifications constatées sur les Singes déjà étudiés. Ici cette condensation du plexus nous paraît avoir un sens bien spécial. Elle est due, nous semble-t-il, à l’ascension craniale du plexus et non plus à une simplification par unification de deux nerfs voisins dont les fonctions sont identiques. Aussi, cette fusion est-elle totale; elle porte sur tous les éléments de l’ensemble nerveux et non plus sur quelques éléments séparés.
d) Anthropomorphes proprement dits. —— Les Anthropomorphes nous montrent un plexus encore plus évolué. La dissection de BoLk et celles que nous avons pu faire nous fournissent des résultats identiques. Nous décrirons le plexus de Simia satyrus (fig. 76); nous examinerons plus rapidement celui du Chimpanzé et de l’Orang.
Le plexus est ici formé par Cv-Cvi-Cvn-Cvni-Dn et une partie de Dir, La racine du membre semble donc avoir ici une plus grande extension que sur les Singes voisins. En réalité, la 2° dorsale ne se retrouve pas chez les autres Antropoïdes d’une façon
constante. Elle peut exceptionnellement exister. On peut même la retrouver chez l'Homime.
La 5° cervicale est nettement englobée dans le plexus. Dès son origine, elle fournit deux rameaux importants au rhomboïde alors que Ci n'en donne qu'un seul. Finalement, le muscle que nous avons vu uniquement innervé par Civ, chez les Lémuriens, tend à être innervé par Cv. De plus, cette même racine fournit très précocement une partie du supra-scapulaire. Le reste de ses fibres prend une direction descendante et se réunit à Cvr. Le tronc commun venu de Cv-Cvi se fusionne à la 7° cervicale; puis, ce tronc, en trois origines, parcourt environ 2 em. et se divise en troncs postérieurs que nous verrons plus loin et tronc antérieur. Le tronc antérieur ou, si l’on veut, primaire supérieur se détache des fibres antéricures du gros tronc commun. Il reçoit une anastomose ascendante venue de Cvi et qui franchit l’artère brachiale en croisant son bord cranial. Ce tronc continue son chemin sur une distance de 8 à 10 cm., envoie une anastomose au tronc inférieur cubital, en reçoit une venant en sens inverse, les deux anastomoses se croisant en X. Il se divise terminalement en musculo-cutané et médian. I est à noter tout particulièrement ici que l’anastomose allant du tronc cubital'au tronc médian représente l’ancienne racine interne. Elle représente même l’ancien tronc médian. Or, par suite de la migration craniale du plexus, le médian est placé au-dessus de lPartère brachiale qui ne croise plus le
è F1G. 76. Plexus brachial de tronc du nerf, mais son anastomose Sÿnia Satyrus. [D’après Bork.] inférieure, sa racine interne. Tandis que, le plus souvent, nous trouvions un médian né surtout de Cv, nous le voyons peu à peu, chez les Primates, monter graduellement. Ici il vient de Cv-Cvr et surtout de Ovni. Il est
difficile de trouver des exemples plus probants de modifications du plexus par migration d'origines nerveuses.
Le cubital est, par corollaire, resté seul; c’est lui qui est maintenant en contact avec l'artère. I1 provient de Cv et un péu moins de Di. L’ascension craniale a nettement séparé les deux grands nerfs fléchisseurs. Le plan postérieur nous présente un changement parallèle. Le sus-scapulaire provient du bord externe de Cv, les sous-scapulaires sont issus du bord externe du tronc descendant. La 5° et la 6° cervicales réunissent leurs fibres en un tronc commun. La 7° et la 8° viennent ensuite grouper leurs fibres postérieures en un seul point. Di n'apporte qu’une contribution minime. La majorité des fibres postérieures du plexus sont venues de Cvn et Cyr, Il n'y a plus une origine distincte du circonflexe et du radial. Certes, par dissociation, on retrouve les fibres qui proviennent de Cv-Cvi-Cvir et qui donnent le circonflexe; mais ici les troncs se rapprochent et évoluent graduellement vers le système radio-circonflexe que nous trouverons chez l'Homme adulte. Les autres nerfs du plexus ne présentent pas d'intérêt spécial.
Chez le Chimpanzé, chez l'Orang, la disposition est exactement la même, nous ne saurions l’exposer sans peine de redites. Nous signalerons cependant deux faits : chez le Chimpanzé de BoixKk, la 4° racine, par son anastomose descendante, se rapproche de plus en plus du plexus et prend une large part à la formation du supra-scapulaire. Chez le Chimpanzé que nous avons disséqué, les trois racines craniales 5°-6°-7°, par leurs fibres postérieures, fournissaient la majorité des fibres du tronc radio-circonflexe. Cvur et Dr étaient beaucoup moins importantes. Tout ceci nous montre, de façon fort nette, la fixation craniale du plexus.
Conclusions.
Nous voyons donc, chez les Primates, un phénomène extrêmement curieux. À une racine près, le chiffre des nerfs spinaux est le même chez les Lémuriens, les Singes, les Anthropomorphes; mais, à mesure que nous allons des Lémurs aux Chimpanzés, nous voyons que le nombre des. fibres craniales des racines du plexus augmente de plus en plus aussi bien au niveau du plan postérieur que du plan antérieur. Peu à peu, les simples anastomoses du. début (Ex. racine externe du médian) deviennent de plus en plus
fortes. Elles sont même remplacées par le tronc lui-même du
nerf efférent et, à la place de l’ancien faisceau, on trouve une anastomose d'importance minime (Ex. racine interne de Simia salyrus). On assiste même à des condensations poussées par suite de cette ascension craniale (Ex. Hylobates) à des divisions nerveuses (Ex. médian et cubital des Anthropomorphes). Le plan postérieur est assez instructif. Les nerfs du plan d'extension naissent séparément chez les Lémuriens (toutes nos dissections personnelles le prouvent), puis leurs fibres se déplacent cranialement et l’on assiste par variation des anastomoses unissant circonflexe et radial à un rapprochement des deux troncs qui, peu à peu, arrivent à se trouver. Les premières bases du tronc radio-circonflexe unique chez Homo sont posées. Un autre phénomène est aussi Curieux. Le sus-scapulaire était toujours chez les autres Mammifères nettement le plus cranial et souvent assez séparé du plexus. Il était frès difjicile par son origine seule de le placer dans Ie plan antérieur ou postérieur. Chez les Lémuriens, il se rapproche du plexus. Et l’on voit le sus-scapulaire entrer en relation avec le musculo-cutané, donc avec le plan antérieur. Mais, à mesure que monte la « fixation » des nerfs du plan antérieur le susscapulaire voit ses fibres devenir intermédiaires aux fibres de flexion et d'extension. On trouve cette disposition chez les Catarrhiniens (Cercopithecus albigularis, Colobus ursinus, Semnopithecus). Enfin, chez les Anthropomorphes, il oriente son origine vers le plan postérieur où, chez Homo, nous retrouverons son origine. Aussi le plexus des Primates nous fournit par toutes ses dispositions intermédiaires de très nombreux exemples, qui, en plus de la migration du plexus en direction craniale, nous permettront d'interpréter le dispositif humain.