‹ Le Plexus Brachial chez les MammifèresChapitre 17 sur 23 · IV. MONSTRES ECTROMELIENS · texte numérisé non relu

IV. MONSTRES ECTROMELIENS

Trois individus furent disséqués (Hemimèles) : 1° 22 em. (Longueur Vertex coccyx).

DÉS RCNMAtIseS deux Cotes):

Où SENS

Le plexus brachial nous semble présenter ici un particulier intérêt (fig. 81). Nous avons vu antérieurement que, pour ecrtains auteurs, la formation du plexus brachial serait due à l’intrication nerveuse provoquée par les « pseudo somites » formateurs du membre. Nous savons, d’après Lewis, que le plexus brachial existe déjà quand les ébauches musculaires sont à peine indiquées. La stratification en deux plans et les gros troncs sont déjà indiqués quand les muscles ne sont pas encore formés et avant même que toute connexion soit établie entre les nerfs et les futures fibres musculaires. Dans ces conditions, il est assez difficile de prétendre que la division en plan d'extension et de flexion, que la séparation des ébauches pré-musculaires provoque intégralement tout le dispositif nerveux. L'examen du plexus des

Fic. 81. — Plexus brachiaux de monstres ectroméliens.

Setromèles vient renforcer cette manière de voir. Il est évident que si la majeure partie du membre est absente, il serait logique, d’après la première manière d'interpréter les faits, de trouver des modifications parallèles du plexus. Or c’est exactement le contraire que l’on constate. Chez aucun des trois monstres étudiés nous n'avons constaté de variations sensibles du plexus brachial. Sur le monstre Ectromèle de 32 em. (V. Coc.), on note une

absence apparente complète du membre antérieur droit et une ébauche à peine dessinée du côté gauche, le membre étant représenté par une palette petite et se terminant en pointe. Les deux membres inférieurs sont aussi fortemnt atrophiés.

A la dissection, on remarque du côté droit que lomoplate existe et qu’à cet os font suite un humérus très court et quelques segments squelettiques représentant l’avant-bras et la main. Du côté gauche, l’omoplate seul est présent.

Contrairement à toute attente, on constate que du côté droit, qui extérieurement ne présente aucune trace de membre le plexus brachial existe et ne présente que de légères modifications. Le nombre des racines est normal. CY-Cvi se réunissent en un tronc commun qui antérieurement va au plan de flexion et postérieurement donne le sus-scapulaire et les fibres d'extension. Cvir semble avoir un volume normal. Mais Cv et Di sont nettement plus petites que sur les individus du même âge. Cvn-Cvini-Dr se réunissent en un tronc primaire inférieur. De la face antérieure du tronc primaire supérieur part un rameau qui donne le musculocutané et une anastomose pour Cv, Les fibres ventrales de Cvr et lanastomose venue de Cvi-Cv donnent le médian; quelques fibres venues de Cvii-Di le renforcent; mais la grosse majorité de ces deux racines forme le cubital. Il est à remarquer que ce plan antérieur est grêle. Les nerfs sont petits, courts et finalement se perdent dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Le plan postérieur est mieux formé. On constate seulement que le circonflexe et le radial naissent séparément, réunis seulement par une anastomose en N. Ce dispositif n’est pas fonction de la malformation puisqu'on le retrouve aisément sur les sujets jeunes, normaux. Du côté gauche, l’ébauche du membre existe; on note les mêmes dispositions qu'à droite. Mais on remarque que le médian et le cubital sont séparés. En revanche, les nerfs de l'extension ont une disposition normale.

L'Ectromèle de 22 cm. de longueur présente un raccourcissement général du membre; la main en palette dessine à peine l'origine des doigts. Malgré ces troubles considérables, la disposition générale du plexus est à peine troublée. On note seulement une « erreur d’aiguillage » du radial qui passe sur la face externe du triceps et ne pénètre le bras atrophié que tout à fait en arrière.

PLEXUS BRACHIAL CHEZ LES MAMMIFÈRES ile

Le monstre de 37 cm. présente une disposition absolument semblable à celui de 32 cm.

Conclusions.

Ainsi, sur ces trois monstres, on peut voir que, très probablement, le système nerveux brachial est plus précocément évolué que l’ébauche mésenchymateuse. Les troubles du système plexiforme ne sont pas davantage fonction de ceux observés au niveau du reste du membre. La seule répercussion obtenue par l’atrophie presque complète du bras est une diminution du volume et de la longueur des nerfs de la flexion et une fusion moins intime de ces troncs nerveux. Quant à la forme même du plexus elle n’est pas touchée.

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