C. Plexus des animaux à membres dressés
Cet ensemble comprend à peu près tous les autres Mammifères. Chez tous, sans aucune exception, on retrouve le clivage en un plan ventral de flexion et un plan dorsal d'extension. Ce dispositif se voit chez les Poissons. Mais il est extrêmement variable. On le
voit, sur deux individus très voisins, ou très prononcé, ou à peu près inexistant. Il s’agit ici d’une division en branche ventrale et branche dorsale de chaque racine et non d’un vrai plexus ventral et dorsal comme nous le voyons chez les Mammifères. Le plus souvent, du reste, on assiste non pas à un clivage du plexus ptérygial proprement dit, mais, en réalité, à un simple chevauchement du plexus cervical et de celui de la nageoïire peclorale.
Nous pensons que le clivage dorso-ventral, qui est absolument constant chez tous les Mammifères dont nous nous occupons dans ce paragraphe, est caractéristique de la statique particulière du membre, en un mot des animaux « à membre dressé ». Il est fonction d’une participation nouvelle des nerfs spinaux et aussi des segments médullaires qui désormais prendront toujours part en proportions variables, aux deux fonctions d'extension et de flexion. Chez la plupart des Mammifères, jusqu'aux Primates, le plexus est caractérisé par un clivage net de la partie caudale du complexe nerveux qui est seule nettement plexiforme. Les nerfs craniaux du plexus sont anastomosés, mais ne se fusionnent pas encore. Ils ne présentent, du reste, aucun clivage dorsoventral. Cette séparation en un plexus caudal intriqué, très net, et un plexus cranial plus lâche est donc propre à la grosse majorité des Mammifères (les Primates mis à part).
Queiques types peuvent être envisagés parmi les Mammifères possédant ce mode d’intrication :
1° Il existe une symétrie complète du plan d'extension et du plan de flexion, tous les nerfs de la zone caudale du plexus prennent une part sensiblement égale, par division dorso-ventrale, à la formation des deux plans.
Cvur et Dr sont les racines les plus volumineuses du plexus. Cette disposition simple est constante chez les Marsupiaux.
2° Sur certains plexus, on observe une condensation totale du plan antérieur en un tronc unique. Le plan postérieur est formé de même. Les quatre racines essentielles du plexus (craniales et caudales) se réunissent donc en un tronc antérieur et un postérieur.
Cette forme de plexus se retrouve sur les Mammifères dont le membre antérieur est atrophié (Hallomys). Cette disposition est visible aussi chez Bradypus, chez Choloepus, chez Galeopithecus. Chez eux, l'avant-bras est très long, mais la fonction du segment
terminal se réduit à une flexion où une extension globales des segments parfois réduits en nombre. L’unification et la simplicité de la physiologie du membre sont à rapprocher de la fusion totale sans intrication préalable des racines du plexus.
3°° Exactement opposés aux précédents, on trouve des plexus du type dissocié. Les nerfs sont distincts, et nettement séparés les uns des autres, autant sur le plan de flexion que sur le plan d'extension. Le cubital est le plus souvent isolé du médian. Le clivage n'existe que dans la zone caudale. Chez ces animaux on observe, le plus souvent, une participation nette de Dr au complexe nerveux. Cette forme est courante chez les Dasypodidae et les Aystricidae. On la retrouve, mais très rare, chez certains Mammifères plus évolués. Elle nous semble due surtout à une parücipation plus grande des racines thoraciques.
4° Sur la plupart des Mammifères le cubital et le médian cons- Utuent à leur origine un tronc médio-ulnaire, certains plexus présentent une fusion prolongée des deux troncs pouvant descendre’ jusqu’au coude. Le reste du plexus ne change pas.
Cette forme se voit surtout chez les Suidés, et les Cervidés.
D° Certains plexus montrent des anastomoses tardives; les troncs Spinaux restent longtemps distincts. A la sortie du plexus, les anastomoses intertronculaires sont rares et les deux racines du médian ne se fusionnent qu’au pli du coude. Cette modalité confère au plexus une forme allongée particulière, et se retrouve en particulier chez Canis, chez Felis, chez Lepus, chez Vulpes.
6* On remarque sur certains plexus que l’ensemble du complexe nerveux présente une apparence massive, condensée; cependant les nerfs sont peu anastomosés entre eux, et parfois naissent isolément. Cette forme se voit surtout chez les grands Ongulés.
7° Chez les Rongeurs et les Carnivores Cviri-Cvir augmentent de volume aux dépens de Cvi-Dr, Cette disposition est presque toujours observée chez les Ongulés. L’ascension craniale du plexus n’est donc que partielle et ne sera vraiment nette que chez les Mammifères supérieurs.
D. Plexus des Primates et de l'Homme.
Ces deux groupes de plexus doivent être rangés absolument à part. Sans aucun doute la disposition même du plexus est semblabe à celle des autres Mammifères. On retrouve le clivage dorso-
ventral. Les éléments efférents du plexus sont lies mêmes. Mais ce qui caractérise le plexus des Primates, c’est la participation l'un nombre plus élevé de racines à la formation de chacun des nerfs efférents du plexus. Chez aucun animal on ne voit une pareille richesse dans la formation des troncs nerveux. Ici les racines craniales ont une part active à la formation des nerfs du membre. Le plexus monte dans la liste des segments médullaires. Mais il monte surtout parce que les racines craniales anciennement destinées à former seulement les scapulaires, le musculocutané ou le circonflexe ont aussi une part effective à la constitution d’autres nerfs. La 5° et la 6° racine en particulier ne sont pas comparables à ce point de vue aux racines des animaux plus inférieurs. Cette disposition est fort sensible chez les Primates. Chez l’homme, elle est poussée à l’extrême. Il suffit de lire les origines des nerfs du bras pour voir des nerfs comme le musculocutané, le circonflexe (sans parler du médian et du radial ou la chose est normale) tirer leurs fibres de toutes les racines du plexus. Et ceci représente à nos yeux la vraie caractéristique du plexus des Primates et de l'Homme.