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LE PLEXUS BRACHIAL CHEZ LES VERTÉBRÉS INFÉRIEURS

La description du plexus brachial comporte chez les Poissons, en particulier, d'assez grandes difficultés. Il existe, en effet, entre la tête et le tronc une zone incertaine où les territoires nerveux se chevauchent. Le système « vago accessorius » étend son domaine loin vers l’arrière. De plus, la nageoïire est une formation très variable dans sa forme, dans sa situation, dans son étendue (GEGENBAUR) et le plexus brachial, proprement dit, n’est pas toujours séparé nettement des formations voisines. Cepen-

FiG. 1. — Vue interne du canal rachidien d'Acipenser, montrant l’origine du nerf vague (b,g), des nerfs occipitaux (y, z) et spino-occipitaux (a, b, etc.). ({D’après FÜRBRINGER. |

dant, d’après les travaux de FÜRBRINGER, nous essaierons de donner une description assez détaillée de ces plexus (fig. 1 et 2).

À. Sélaciens.

Il est assez diflicile d'isoler, chez les Sélaciens, un plexus brachial bien limité. On a, en réalité, toute une série de nerfs qui, par leur réunion, constituent le plexus « Cervico-pterygial » dans lequel on peut délimiter un plexus brachial. Le plexus cervico-brachial est extrêmement variable. Le nombre des nerfs

spino-occipitaux et des nerfs dorsaux qui le forment est rarement le même. Chez Acanthias, le plexus est donné par les trois derniers nerfs spino-occipitaux et les trois premiers dorsaux. Chez Torpedo, nous voyons le dernier occipital et les dix premiers nerfs dorsaux y prendre part. Chez Raja, les racines dorsales de la 2° à la 13° forment le plexus cervico-brachialis.

FiG. 2. — Dissection du plexus cervico-pterygial de Mustelus. — 1: Plexus brachial. — 2 : Plexus cervical. — 3 : Arcs branchiaux (Disposition d’ensemble). [D’après FÜRBRINGER.]|

Ilest donc aisé de voir que le nombre des racines formatrices varie et avec lui les points d’origine du plexus. Chez les Notidanidae, le plexus est antérieur; chez les Rajidae, au contraire, il a migré fort loin vers l’arrière. Dans le plexus cervico-brachial des derniers nommés, il est possible d'isoler les racines propres à la nageoïire; mais le plexus « brachial » ou ptérygial commence en des points variables. Chez la Chimère, il commence immédiatement en arrière des nerfs spino-occipitaux. Chez Spinax le 2° nerf dorsal, chez Prionodon le 5°, chez Odontaspis le 7°, marquent réciproquement le point ou commence le plexus de la nageoire antérieure. On remarque aussi que celui-ci, dans un même groupe, peut être donné par un nerf (Spinax = D2), par

deux, par trois nerfs (Odontaspis — ‘7-8-9), par dix nerfs (Raja = 3-12). Chez les Holocéphales, une petite quantité de

nerfs (1-3) sont communs aux deux plexus. Chez les Raiïes, au

ftGu PER

F1G. 3. — Plexus cervical (PL cv.) el brachial (PL br.) de Spinax. [D’après FÜRBRINGER. |

contraire, le nombre des racines communes est beaucoup plus grand (8-10). Les racines cervicales innervent ici la couche la plus dorsale; les mêmes racines par leur partie ventrale forme-

FrG. 4: Plexus brachial (1) et cervical (2) de Odontaspis. [D’après FÜRBRINGER. |

ront le plexus brachial. On obtient ainsi deux couches superposées et s’imbriquant partiellement. Chez les Squales, le médiocre développement de la nageoire pectorale amène Ia simple suite des deux plexus. Ce serait peut être là la disposition première. Chez les Holocéphales, la nageoire se développe davantage et intéresse le territoire des nerfs spino-occipitaux. Chez les Raïies,

la nageoire est fortement déplacée vers l'arrière, mais aussi très développée en direction rostrale. Le plexus brachial s'étend, en conséquence, vers l’avant et recouvre en partie le plexus cervical. On voit les racines diminuer en volume de l’avant vers l'arrière. Les deux premières racines se réunissent en une anse à direction caudale. recevant les autres nerfs dont la longueur diminue d'avant en arrière. Ces racines cheminent entre les myomères et innervent deux d’entre eux. D’après MÜLLER, les racines, serrées les unes contre les autres, constituent une lame placée dans un canal fibro-cartilagineux et située sur la face latérale de Ia colonne vertébrale. La partie cervicale de cette lame se termine en un gros faisceau qui se ramifie dans la musculature hypobranchiale. La portion brachiale se réunit de même en un gros tronc. Les éléments de ce plexus cervico-brachialis sont très unis les uns aux autres difficiles à isoler et les derniers nerfs sont obligés de prendre une direction craniale pour atteindre la nageoire. Dès lors, les nerfs de la nageoire parcourent une certaine étendue dans celle-ci, puis se divisent en fourche et cheminent parallèlement. Leurs divisions se dirigent vers le rayon auquels elles appartiennent, mais leurs dispositions ultérieures ne sauraient être envisagées ici. Nous voyons donc que le plexus brachial des Sélaciens forme un complexe rectiligne issu des nerfs spinaux et dont les éléments se suivent régulièrement. Parfois ce plexus chevauche en partie le plexus cervical (Holocéphales). Parfois, les deux plexus se succèdent régulièrement. Une chose est bien nette : la variabilité des racines originelles.

B. Ganoïdes (fig. 5).

La formation plexiforme est ici réalisée par de très longues racines, ne montrant que des anastomoses partielles et tardives (FÜRBRINGER), et varie aussi beaucoup dans ses origines. Il peut, comme chez Acipenser, provenir du dernier nerf occipital et des cinq premiers nerfs spino-occipitaux. Chez Amia, au contraire, il est formé par les deux derniers spino-occipitaux et les sept racines spinales suivantes. Chez ces animaux, les deux plexus se suivent, mais généralement une ou deux racines chevauchent et sont mixtes aux deux groupes cervical et brachial. La disposition des Ganoïdes est donc plus simple que celle des Sélaciens où on peut voir jusqu'à dix racines communes aux deux plexus. Il sem-

ble ainsi que le plexus brachial soit mieux délimité, plus condensé el plus facile à isoler que chez les Sélaciens.

F1G. 5. — Plexus cervical (P. C.) et Plexus brachial (P. Br.) de Acipenser. [D’après FÜRBRINGER. |

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