C. Téléostéens (fig
Le plexus est ici d'apparence plus simple. La réduction du nombre des racines observé chez les Ganoïdes est encore plus marquée. D'une façon générale, les deux premiers nerfs spino-occipitaux forment une anse qui se réunit au premier nerf spinal libre. Les deux autres nerfs spinaux suivant vont aussi à la nageoire, se réunissent très tard aux précédents, mais n’entrent pas dans la constitution directe du plexus. Le plexus cervico-brachial innerve pour une petite part la musculature hypobranchiale et pour une grande part donne les nerfs de la nageoïire. Chez Caranx, la condensation est poussée encore plus loin et on assiste à une réunion presque unitronculaire.
D. Dipneustes (fig. 7).
Les nerfs occipitaux (les trois ou les deux derniers) forment une anse qui donne un nerf alimentant une partie de la musculature hypobranchiale, ce qui correspond au plexus cervical. Les nerfs spino-occipitaux et les deux ou trois premiers nerfs spinaux
libres constituent le plexus ptérygial ou brachial. Il y a done ici une séparation qui n'existe ni chez les Sélaciens et les Holocéphales, ni chez les Ganoïdes et les Téléostéens (Protopterus).
— PB Fic. 6. — Plexus cervical (P. C.) et plexus brachial (P. Br.) de Caranx (à gauche). [D’après FÜRBRINGER.| F1G. 7. — Plexus cervical (P. C.) et plexus brachial (P. Br.) de Prolopterus
(à droite). [D’après FÜRBRINGER. | Conclusions.
Chez les Poissons, les nerfs occipitaux et occipito-spinaux forment, avec les nerfs spinaux proprement dits, un plexus lantôt simple, tantôt compliqué. Chez les Sélaciens, on trouve les dispositifs les plus complexes, marqués par un chevaucheément plus ou moins poussé des deux groupes brachial et cervical, comme on voit aussi une succession d'avant en arrière des deux formations. Le nombre des racines formatrices est très variable, de 10 à 1 racine. Cependant à mesure que l’on approche des Dipneustes, le plexus tend à se simplifier et on assiste même chez ces derniers, à la séparation nette des deux plexus que l’on retrouve toujours chez les Amphibiens,
Chez les Urodèles, les nerfs constitutifs sont plus nombreux que chez les Anoures. Le nombre est généralement de 4 ou 5, exceptionnellement de 6 chez Cryplobranchus Japonicus (Hu: PERS).
D'après JHERING, le 2° nerf spinal ne donne au nerf « supracoracoïdeus » qu'un simple rameau. Ce gros nerf supracoracoïdien est formé par 3 nerfs spinaux. La 3° paire, unie à un faisceau de Civ (ou au 4‘ entier) et au paquet cranial des fibres venues de la 5° paire, forme le plexus brachial. La situation d'ensemble du plexus est déjà presque la même que chez les Reptiles, où le plexus serait seulement décalé vers l’arrière. Chez les Anoures,
Fic. 8 — Plexæus brachial de Rana sp. — 1 : Hypoglosse. —— 2 : Brachial long
: Les Fr à Mare inférieur. — 3: Brachial long supérieur ou Radial. — #: Anconé.
5 : Rameau cutané huméral post. — 6 : Supracoracoïdien. — 7 : Rameau dorsal scapulaire antérieur. — 8 : Pectoraux. — 9 : Thoracique supérieur. [D’après EGKER-WIEDERSHEIM. |
au contraire, 3 nerfs seulement contribuent à former le plexus; le deuxième nerf donne seulement des faisceaux au supracoracoïdien. Pour GaAUP, ECKER, WIEDERSHEIM, ce plexus est formé par les longs faisceaux ventraux des II-III-IV: nerfs spi-
naux (fig. 8). Parmi ceux-ci, le III seul va entièrement prendre part à la constitution du plexus. Le II, au contraire, constitue en majeure partie l’'hypoglosse et n’envoie qu’un seul faisceau aux museles de l'épaule. Le IV est le nerf abdominal. Il envoie deux rameaux aux muscles de l'épaule et aussi un rameau d'union au nerf III. On peut aussi, sur des sujets identiques, observer des
variations. Pour ADboLPHI, on peut voir chez les Anoures — et contrairement aux Amniotes —— le plexus migrer cranialement.
On peut noter en effet, chez les Urodèles, des fibres venues de V et même de IV. Chez les Anoures, quelques fibres de V peuvent seulement être parfois rencontrées. Pour ApoLPHI même, le nerf de la 4 paire fut autrefois le nerf le plus important. Mais la migration du bras l’a chassé du plexus. Le deuxième nerf spinal serait secondairement inclus. La forme même du plexus est relativement simple (fig. 9). On remarque, à la dissection, que le III énorme, comparativement, reçoit deux faisceaux anastomotiques des nerfs voisins, puis après un trajet de quelques centimètres donne les principaux nerfs du bras. Du côté cranial naissent le nerf supracoracoïdeus, le nerf dorsalis scapulae anterior, du côté caudal le rameau dorsalis scapulae posterior et le rameau cutané huméral. Les branches terminales sont, d'avant en arrière, le brachial longus inferior (donnant coraco-brachial et pectoraux) et le radial. Dans ces différents types de dispositions, il est à peu près impossible de retenir une division par plans. Les neérisese/ secte dent-seulLenment d'AMAMMeNnITE rière. Nous ne saurions ici, en exposer loutes les ramifications.
On a vu précédemment que chez les Dipneustes d’abord, chez les Amphibiens ensuite, on assistait à une séparation graduelle des deux plexus cervical et brachial. Cette émancipation est devenue parfaite chez les Reptiles, chez les Oiseaux et chez les Sauropsidés (FÜRBRINGER). On assiste graduellement à la réduction de l'appareil branchial et à la migration caudale de l'extrémité antérieure. Parallèlement, on voit se produire l’éloignement vers la région postérieure de l’arc hypoglosse branche descendante du plexus cervical. Par le même mécanisme, l'extrémité antérieure reçoit des nerfs de plus en plus postérieurs, si on les compare à
ceux des Dipneustes et des Amphibiens. Entre les deux, il existe des nerfs en plus ou moins grand nombre qui ne font partie d'aucun des deux plexus.
L'origine du plexus brachial présente des variations assez grandes. Le nombre des racines originelles varie de 3 à 5. Le maximum semble atteint chez Platydactylus et, d’une façon plus générale, chez les Crocodiliens. La plupart des Ophidiens (CARLSON) ne présentent qu'un plexus très réduit ou deux racines seulement prennent part.
D’après JHERING, lies Chamoeléonides (5 vertèbres cervicales) présentent un plexus brachial composé de 3 à 6 racines. La plu-
VI HU vu IX À Vavi vin UT AK 9 1)
5E F1G. 9. = Plexus brachial de Platydaclylus aegyptiacus. — 1 : Brachial long inférieur. — 2 : Brachial long supérieur (Radial). — 3 : Rameaux pectoraux. — # : Coraco brachial. — 5 : Anconé. — 6 : Dorsal scapulaire. — 7 : Supracoracoïdien. — 8 : Grand dorsal. — 9 : Thoraciques supérieurs.
[D’après FÜRBRINGER.] v
Fic. 10. —— Plexus brachial de Uromastix spinipes. [D’après FÜRBRINGER.] Fic. 11. —— Plexus brachial de Platydaclylus, après enlèvement des rameaux
brachiaux et thoraciques inférieurs. | D’après FÜRBRINGER.]
part des autres Sauriens (8 vertèbres) ont un plexus composé de 6 à 9 racines. Cependant, la situation d'ensemble du plexus ne varie pour ainsi dire pas par rapport aux Urodèles, puisque les
nerfs qui constituent le plexus doivent être considérés comme homologues de ceux des ordres inférieurs.
Dans son travail sur les Sauriens et les Chéloniens, FÜRBRIN- GER (fig. 9, 10 et 11) considère que le plexus brachial est donné par les quatre ou cinq dernières racines. La 7° et la 8° racine sont généralement les deux plus volumineuses. Chez les Sauriens typiques, le plexus est donné par les branches ventrales des racines. La 4, qui est aussi la plus forte, donne après anastomose avec
la 5° une grosse branche qui se rend aux muscles de la face ven-
F1G.. 12. Plexus brachial d'Emys serrata. —— 1 : Brachial long inférieur. 2 : Brachial long supérieur (Radial). 3 : Cutané brachial. 4t: Supracoracoïdien. — 5 : Pectoraux. | D'après FÜRBRINGER.|
ETC: Plexus brachial de Trionyx japonicus (mêmes indications). [D'après FÜRBRINGER.
trale de la ceinture scapulaire. La 5° paire donne un rameau pour les muscles du thorax et un rameau thoracique supérieur, puis continue son chemin pour former un rameau que FÜRBRINGER considère comme un brachial supérieur rudimentaire. Les Chéloniens ne présentent pas de dispositions spéciales (fig. 12 et 13).
Le VI nerf est le plus fort. Il donne un assez gros nerf brachial inférieur et des rameaux destinés aux muscles intercostaux et au thorax. La forme générale de ce plexus est donc simple. Il n'y à pas de plan dorsal où ventral exprimé nettement dans le plexus même. Chez quelques-uns cependant (Plalydactylus) il est possible de retrouver une ébauche de la disposition précédente.
Fr. 14. = Plexus brachial de Chamæleo vulgaris. 1 : Brachial long inférieur. — 2 : Brachial long supérieur (Radial). 3. ANDCONÉ:. 4 : Pectoraux. — 5 : Thoracique inférieur. 6: Rameau du nerf spinal.
7 : Scapulo-huméral profond. - 8 : Subcoraco-scapulaire. [D’après FÜRBRINGER. |
FiG. 15. —— Plexus brachial de Pseudopus Pallasii. 1: Brachial inféricur.
2 : Brachial supérieur Radial. — 3 : Thoracique inférieur. 4 : Rameau du nerf spinal. | D’après FÜRBRINGER. |
F1G. 16. — Plexus brachial de Crocodilus acutus. 1: Brachial long inférieur. — 2: Brachial long supérieur. — 3 et 4: Axillaire. 9 MSUPCOrACOscapulaire. — 6 : Suscoracoïdien. — 7 : Cutanés brachiaux. 8 : Grand dorsal. — 9 : Pectoraux. 10 : Thoraciques inférieurs. [D’après
FÜRBRINGER. |
Chez les Chamoeléonidés (fig. 14), le plexus est un peu plus avancé. Constitué par un faisceau de Cri, par Civ, Cv et Cyr augmenté d’un petit faisceau de Cvir, l’ensemble se groupe en un tronc commun donnant le brachial longus inferior et le brachial longus superior où radialis.
Chez les Crocodiliens (fig. 16), le plexus est formé par VII,
IX, X et une partie de VII et XI. Le plexus devient aussitôt massif. La IX°, X° et XI° donnent un plan antérieur qui fournit des rameaux pectoraux et thoraciques inférieurs, et un plan profond où S’échelonnent, d'avant en arrière, le nerf axillaris, le nerf brachialis longus superior ou radialis, le brachialis longus inferior.
Nous remarquons, par conséquent, que le plexus brachial proprement dit se complique à mesure qu’on remonte vers les Crocodiliens. Chez les Sauriens typiques, c’est une succession antéropostérieure de simples rameaux anastomosés. Chez Uromastix, chez Platydactylus, on voit déjà une couche donnant les nerfs anconé et radialis, et une autre fournissant les pectoraux, le brachialis longus inferior, les rameaux cutanés brachiaux. Cette succession de plans n’est pas exactement superposée, mais se fait surtout d'avant en arrière. Chez les Crocodiliens, la séparation est un peu plus nette. Il est, du reste, à remarquer que les plexus brachiaux sont ici très variables dans leur situation et dans le nombre des racines constituantes. Pour ROSEMBERG, comme pour FÜRBRINGER, les nerfs resteraient les mêmes et seraient tirés vers l’arrière avec leurs terminaisons périphériques. Ils diminuent ensuite dans une plus ou moins grande mesure et des éléments postérieurs prennent à leur place la fonction qu'ils exerçaient. Chez les Chéloniens, comme chez la plupart des Sauriens, le plexus est formé par les 6°, 7°, 8°, et 9° (JHERING). Le 6° nerf spinal ne donne que des fibres caudales. Les trois autres nerfs se réunissent en deux troncs nettement distincts (JHERING) qui sortent du plexus. Le tronc antérieur représente et donne le nerf médian et cubital, le nerf postérieur donne le nerf inconflexe et le radial. Ce dernier nerf, du reste, ne reçoit qu'un faible faisceau de la 9° paire (Testudo Graeca).
Nous pouvons maintenant tirer quelques conclusions de ces descriptions qu'il serait aisé de multiplier. Les deux plexus brachial et cervical sont incontestablement distincts, chez les Sauriens, les Chéloniens, les Crocodiliens. Chez les Sauriens, la forme du plexus varie; on assiste cependant à une légère amorce de division en plans. Chez les Chéloniens, la région antérieure forme le médian et le cubital, la postérieure le radial et le circonflexe. Chez les Crocodiliens, on voit nettement un plan pectoral s’isoler du reste, tandis que les troncs principaux affectent une disposition superposable à celle des Chéloniens.
D'après les recherches et les tables fournies par FÜRBRINGER, on remarque que le plexus est fourni ici par quatre et, le plus souvent, cinq racines. Mais la situation, par rapport à la colonne cervicale, est extrêmement variable. Chez les Oiseaux qui possèdent un plexus antérieur, la racine la plus craniale est généralement la X. Les groupements II à XV et XII à XVI représentent les origines le plus souvent observées. Columba a l’un des plexus les plus antérieurs (X-XV), Cygnus atratus se trouve à l’autre bout de la chaîne (22 à 26).
Pour JHERING, on assiste chez les Oiseaux à de très larges variations de la colonne cervicale. Le nombre de 12 à 13 vertèbres est très fréquent. Mais on peut voir ce nombre s'élever à 25 (Cygnes). Cependant, il n’y aurait pas pour l’auteur déplacement ou variations des plexus. Les variations entre les différents types seraient explicables par des intercalations ou des exclusions de segments cervicaux. Le plexus brachia! serait, dès lors, une formation constante et la longueur différente de la colonne cervicale serait fonction de la présence ou de l’absence de segments entiers.
JHERING en arrive à cette conclusion que toujours le plexus brachial serait donné par les nerfs les plus postérieurs du cou. Pour FÜRBRINGER, cependant, cette hypothèse est discutable. Pour lui, les variations des plexus seraient fonction des changements survenus dans les extrémités et dans leur mode d’innervation. L'augmentation ou la diminution du membre amène la formation et les variations du complexe nerveux. Il n’y aurait donc pas inclusion ou exclusion de segments entiers.
L'ensemble des rameaux issus du plexus peuvent être groupés d’après FÜRBRINGER en thoraciques supérieurs, brachiaux supérieurs, brachiaux inférieurs et thoraciques inférieurs.
Les thoraciques supérieurs sont destinés aux muscles rhomboïdes, à l’élévateur de l’omoplate, au grand dentelé. IIS naissent séparément du plexus (N. rhomboidei, N. serrati).
Les nerfs brachiaux supérieurs, unis aux brachiaux inférieurs, forment la portion principale du plexus dont nous examinerons la forme ultérieurement. Les nerfs brachiaux supérieurs comprennent les nerfs subscapulares, le deltoideus seû axillaris, le latissimus dorsi, le cutaneus brachiü superior, le brachialis longus
superior seu radialis.
Les nerfs brachiaux inférieurs constituent la majeure partié de la couche ventrale du plexus. Parmi eux, FÜRBRINGER place le nerf supracoracoideus qui passe par l'incisure coracoïdienne et se rend au muscle supracoracoïdien. Viennent ensuite le coracobrachial interne, les nerfs pectoraux, très forts chez les Carinates, le cutané brachial inférieur, enfin le « brachial longus inferior » qui est le plus volumineux de tous. Ce nerf va à la face ventrale du bras et innerve le coraco-brachial externe, le biceps et le brachial inférieur. II va ensuite à la face ventrale de l’avant-bras et innerve la musculature ventrale et la peau.
Les derniers nerfs du plexus seraient représentés par les thoraciques inférieurs qui se détachent du plexus à côté du supracoracoïideus et se rendent aux muscles sterno-coracoïdiens.
D’après la description de FÜRBRINGER, il y aurait donc nettement une couche ventrale et une couche dorsale dans le plexus des Oiseaux. Il semble bien cependant que cette division, fort nette en ce qui concerne la distribution périphérique, n’existe pas dans le plexus lui-même.
La forme est celle d’un triangle à base vertébrale. Les trois racines les plus volumineuses, plus rarement les quatre, se groupent en une formation tronculaire. Dès leur sortie du canal vertébral, les racines fournissent les nerfs rhomboïdes et les sous-scapulaires. De la zone antérieure, constituée par les deux ou trois premières racines, s'échappe le groupe des nerfs brachiaux supérieurs (Sous-scapulaires, Radial). Les sous-scapulaires sont représentés par deux ou trois faisceaux issus du bord antérieur du nerf radial. En arrière et venus des troisième, quatrième et parfois cinquième racines originelles, on voit le groupe brachial inférieur. Ici on note, sur tous les plexus, la situation des nerfs pectoraux et coraco-brachial interne qui est toujours plus ventrale que celle du brachial inférieur, fléchisseur.
En avant de toutes ces formations venues des deux premiers nerfs originels du plexus, on trouve le supracoracoïdien et le sterno-Caracoïdeus.
L'examen des plexus figurés par FÜRBRINGER et l’étude de ceux que nous avons pu disséquer nous paraît vraiment digne d'intérêt. Comme le fait remarquer cet auteur, la classification des nerfs des extrémités chez les Oiseaux peut être faite comme chez les Amphibiens et les Reptiles. Il nous paraît cependant utile de faire remarquer que le plexus des Oiseaux est déjà mieux
organisé que celui des animaux inférieurs. On remarque que Îles nerfs rhomboïdes simplement unis chez certains par des anastomoses forment chez d’autres (Garrulus, Anser) un véritable plexus secondaire. Le nerf sus-co racoïdien, dont nous verrons toute l’importance chez les Mammifères, est ici fort net: il avoisine le nerf sterno-coracoïdien et FÜRBRINGER n'hésite pas à le classer dans le plan des rameaux brachiaux inférieurs ou fléchisseurs (fig. 17 et 18).
F1G. 17. — Plexus brachial de Garrulus B. C. — 1 : Brachial longus inférieur. — 2 : Brachial longus supérieur (Radial). — 3 et #4 : Pectoraux. — 5 : Sous-scapulaires. — 6 : Rhomboïdes. — 7 : Sus-scapulaires. [D’après FÜRBRINGER. |
F1G. 18. — Plexus brachial de Columba B. C. (mêmes indications). | D’après FÜRBRINGER. |
Les nerfs brachiaux inférieurs et supérieurs sont faciles à diviser. Cependant, nous insistons pour faire remarquer que les deux groupes ne se superposent pas. {ls sont placés l’un en arrière de l’autre, le supérieur (radial) est cranial, l’autre caudal. Au niveau de la troisième racine seule du plexus, on peut voir parfois une intrication semblable à celle des Mammifères : une couche dorsale donnant des faisceaux au radial, une couche ventrale allant aux nerfs fléchisseurs antérieurs.
Il nous semble, par conséquent, permis de conclure que, chez les Oiseaux, le plexus brachial marque déjà une complexité et une systématisation plus grande que chez les animaux inférieurs. On voit se dessiner de plus en plus l’arrangement des fibres
nerveuses d’après la fonction et le trajet qu’elles ont. Mais ici encore, cette disposition est relativement simple. Les racines antérieures du plexus sont destinées aux nerfs supérieurs (sousscapulo-radial), les deux postérieurs vont aux nerfs inférieurs (pectoraux inférieurs, brachial inférieur). Il n’y a pas chevauchement des deux plans. Ils se succèdent en direction cranio- ‘audale, et ce n’est que leur trajet ultérieur qui permet de reconnaître leur situation ventrale ou dorsale.
in résumant l’ensemble de ces dispositions, nous dirons que, chez les Oiseaux, les nerfs rhomboïdes et scalènes se séparent très tôt des racines. Les fibres dorsales ou d'extension sont plus craniales- que les fibres de flexion du membre antérieur. Les deux plans ne se chevauchent pas ou se chevauchent très peu au niveau de la troisième racine. Les rameaux pectoraux et coracobrachial interne ont nettement pris leur place ventrale par rapport à tous le reste du plexus.
Conclusions.
La comparaison des différents plexus des vertébrés inférieurs nous présente un réel intérêt. Pour FÜRBRINGER, le nombre primitif des racines alimentant le membre antérieur était de 1 ou de 2. Puis l’ébauche du membre entre en relation avec d’autres myomères. La fonction de « nageoire active » s'établit chez les Sélaciens. La palette natatoire augmente graduellement son volume et entraîne aussi l’augmentation du nombre des nerfs ptérygiaux. Le même mécanisme, du reste, semble être responsable de la communauté des deux plexus cervical et brachial. La disposition générale d'ensemble est celle d’une suite nerveuse ininterrompue. Parfois, les deux plexus se chevauchent et on assiste à la participation de un ou plusieurs nerfs à la formation des deux plexus. Maïs jamais, dans le plexus brachial, on n’a un quelconque clivage en plan dorsal ou ventral, à l’intérieur même de celui-ci. Chez les autres Poissons, jamais le stade de développement de la nageoire antérieure n’est atteint comme chez les Sélaciens. Les deux plexus cervical et brachial seront donc moins intimement unis. Chez les Ganoïdes, on remarque déjà que les plexus, toujours dans un même plan, se condensent davantage. Acipenser et Amia groupent leurs rameaux brachiaux en un
PLEXUS BRACHIAL CHEZ LES MAMMIFÈRES ol
plexus plus distinct que chez les Sélaciens. Polyptlerus sépare presque le plexus brachial du plexus cervical.
Chez les Téléostéens, la nageoire antérieure diminue d’importance; le nombre des racines nerveuses tributaires diminue parallèlement. Esox, Caranx ont seulement deux ou trois racines. Le plexus cervical fortement diminué est issu et tributaire du plexus brachial, ce qui représente une disposition à peu près inverse de celle des Sélaciens. La simplication du dispositif plexiforme se fait à un tel point que, chez Caranx, le plexus est un simple tronc en X majuscule au niveau de ses deux extrémités. Chez les Dipneustes enfin, les deux plexus se séparent et adoptent un dispositif que nous retrouverons désormais partout.
Chez les Amphibiens, les trois racines le plus généralement rencontrées donnent un gros tronc d’où émergent terminalement, sur un même plan, et d'avant en arrière, le brachial supérieur (radial), le brachial inférieur (fléchisseur) et les autres nerfs. Désormais, la grande division en deux troncs principaux et petits troncs secondaires est faite : nous la retrouverons partout et, fait à noter, les fibres radiales naissent et se trouvent placées cranialement aux autres dans le tronc qui les conduit à la périphérie. Les autres rameaux, thoraciques supérieurs, brachiaux, cutanés, etc, naissent épars le long du plexus. Nous tenons cependant à faire remarquer que les coraco-radialis et les thoraciques pectoraux (pectorales) naissent d’un tronc commun né ventralement du groupe brachial inférieur ou fléchisseur. C’est la première et la seule orientation dorso-ventrale que nous puissions trouver.
Chez les Chéloniens, le plexus est plus riche dans ses origines, plus compliqué dans ses formes. Il y a ici superposition partielle des plans nerveux d’extension et de flexion. Il y a des racines visiblement communes aux deux: et, pour la première fois, nous assistons à une orientation dorso-ventrale des faisceaux nerveux.
Chez les Sauriens, la disposition est superposable. Uromastix, Platydactylus orientent leurs fibres cranio-caudalement et aussi dorso-ventralement. Le brachial longus inferior est placé ventralement au brachial supérieur dont plusieurs faisceaux naissent en arrière du précédent. Cependant, cette disposition n’est pas toujours si nette qu’elle ne prête à des exceptions discutables (Uromastix).
Les Chamoeléonidés sont intermédiaires : le plexus, très simple, a un seul tronc qui envoie un faisceau antérieur (radial) el un ventral et postérieur (fléchisseur).
Chez les Crocodiliens, le plexus nerveux a un plan nettement ventral représenté par les nerfs pectoraux. Le groupe radial est cranial, le groupe fléchisseur est caudal et un peu ventral. Cependant, on distingue nettement la disposition plus ventrale du brachial inférieur (fléchisseur).
Chez les Oiseaux, la disposition est très nette et constante. Les nerfs rhomboïdes s'unissent très tôt, à la racine même du plexus. Le supracoracoïdien naît en avant; le radial est cranial par rapport au brachial inférieur qui est caudal. Seules, les fibres pectorales ou coraco-brachiales sont nettement ventrales.
Le plexus brachial se sépare chez les Dipneustes et garde son autonomie ultérieurement. Il amorce dans certaines conditions, que nous reprendrons ultérieurement, une division en plans ventral et dorsal. Mais, dès maintenant, nous voyons que son importance, son autonomie, ses variations, donc en partie sa forme, sont fonction de l’évolution et du rôle du membre qu'il innerve. Nous en verrons plus nettement les preuves chez les Mammifères.