CINQUIÈME PARTIE
CLIMATS ET PLUIES
CLIMATS ET PLUIES
I. LBB CUMATS DE LA FHANCE. U U. DE 9 A 16 DBQRÉ8 DE CHALEUR MOYENNE. U lU. LES SEPT CLIMATS DE FRANCE. Il IT. LA PLUIE EN fRAHCE.
OUS attachons invinciblement l'idée de froid / 1^ au mot Nord, Tidée de chaleur au mot
LES Sud, Et cependant Thomme de Dieppe ou de
cuMATS Dunkerque peut grelotter à Saint-Flour ou à
DE LA Montlouis, le Brestois gèle à Limoges en hiver,
FRANCE» et les Alsaciens-Lorrains de Terni, dans la pro- LEUR vince d'Oran, près du Sahara, ont pu s'y plaindre
VARIÉTÉ de la rudesse de décembre, janvier, février, mars.
INFINIE Le climat ne dépend pas seulement des lati-
tudes; Taltitude est plus puissante que le voisinage ou réloignement de TÉquateur, lieu des rayons verticaux du soleil.
La nature du sol et du sous-sol; la prédominance de tel ou tel vent; la présence de TOcéan ou de grands lacs, de marais, de rivières ; le passage de tel courant froid ou chaud de la mer ou des cieux; la proximité des déserts, qu'ils soient brûlants ou glacés; l'absence, la modération, l'excès des pluies, leur distribution suivant les saisons; le luxe, l'indigence ou Tab-» sence des forêts ; tout ce qui est la terre, l'air ou l'eau, tout ce qui est mouvement, lumière, chaleur, électricité, change et brouille infiniment les climats.
Les pays de grandes plaines fouettés par les mêmes vents de chaleur ou de froidure ont un climat uniforme, parfois sur d' c infinis > espaces, de l'est à l'ouest, et même du nord au sud. Il faut cent, deux cents lieues vers le midi pour donner un peu plus de tiédeur en hiver aux cités sibériennes ou russes.
Sol plat, ciel uniforme, peuple homophone, ces trois choses
vont ensemble : une terre très petite, mais fort raboteuse, la Grèce, a plus de climats, de dialectes que toute l'immense et plane Russie.
Autres sont les pays de plastique puissante : leurs montagnes rompent, arrêtent, font tourner les vents, attirent ou dévient les pluies, et à leurs pieds se créent des climats provinciaux, et sur leurs flancs, suivant l'altitude, une infinité de climats locaux.
La France est une de ces contrées : elle a quatre mers, des plateaux, des sierras, des glaciers à sa frontière, des monts moyens et de hautes collines à Tintérieur ; telle de ses cités craint la marée haute; une de ses villes, Briançon, est à 1 321 mètres; un de ses bourgs, Montlouis, à i 513; un de ses villages. Saint- Véran, à plus de 2 000; et son Mont-Blanc s'élance à 4 808 mètres.
Tel de ses cantons n'a pas d'arbres, il gèle au vent, brûle au soleil ; dans tel autre, des bois tempèrent la chaleur, brisent les vents, conservent les sources; certaines de ses contrées doivent le nom de Terres Froides à leur sol argileux qui retient les eaux et les rassemble en étangs : ce sont des pays de prairies; d'autres s'appellent Terres Chaudes, en raison de leur calcaire ou de leur craie : ce sont des pays de vignobles.
Telle de ses plaines est d'argile, telle autre de cailloux, telle autre d'humus ; telle vallée est à fond de sable, et ni largile, ni le sable, ni les cailloux, ni l'humus ne reçoivent, ne rayonnent ou ne gardent également la chaleur.
Dans tel ou tel de ses lieux le vent, soufflant de la mer, apporte brumosité, pluie, douceur, égalité de climat; dans tel autre il souffle du continent, de la montagne, et il amène le froid et la sécheresse de Tair.
Tout cela détermine une infinité de climats, que cependant on réduit coutumièrement à sept.
Il ne faut donc pas s'imaginer qu'en allant au midi droit devant soi, de Dunkerque à Montlouis, de Cambrai à Béziers, de Givet aux Saintes-Mariés de la Mer, on verra la froidure faire insensiblement place à la chaleur.
Bien au contraire le Flamand de Dunkerque trouvera le Nord au moment où, venant de franchir la Loire, il se croira tout près d'entrer au pays des lucides soleils : car il lui faudra monter sur ce Massif Central qui porte de blancs hivers au seuil même du Midi lumineusement éthéré où flottent, du bleu vers le bleu, des horizons dormants remplis de rêverie.
L'Ardennais de Givet, quand il descend le Rhône vers Montélimar, passe brusquement du septentrion au méridion, et
CUmatM et Pluies.
presque d'Europe en Afrique : en quelques demi-lieues il a changé de climat plus que jusqu'alors en cent lieues.
Dans l'autre sens, de Touest à Test, de Brest à Épinal, de la Rochelle à Chamonix, de Bayonne à Menton, on ne reste point sous le même climat en suivant le même degré de latitude : de l'occident à l'orient les climats français empirent : plus loin de l'Océan et hors de l'influence des tièdes vents du sud-ouest, ils deviennent plus froids dans la moyenne de l'année, beaucoup moins tièdes en hiver et plus chauds en été.
En moyenne l'hiver est plus doux dans le nord que dans le centre et le midi de la France, avec naturelle exception du littoral de Gascogne et Béarn, et des côtes de Languedoc, Roussillon, Provence, rivage de Méditerranée où les mois froids sont presque ce qu'on nommerait des mois tièdes. Ainsi la moyenne du mois de janvier à Paris est à peu près la même que celle de Dieppe, Orléans, Blois, la Roche-sur- Yon, Bergerac, Toulouse, Carcassonne, Valence, et des petites montagnes au nord de Marseille et de Nice ; elle fléchit donc extraordinairement vers le midi, parce qu'au nord le pays est de plaine et que la pluie y adoucit la température, tandis qu'à l'ouest et au sud, tout autour du Plateau Central et des Alpes du Sud-Est, la montagne provoque un temps dur» brusque, incontinent en froidure, chaleur, aridité du ciel, fureur des ouragans.
Si, grâce aux montagnes, la moyenne januarienne de Paris s'infléchit au sud jusqu'à presque toucher la mer, sa moyenne de juillet s'infléchit au nord-est, c'est-à-dire vers le continent, parce que l'Océan rafraîchit l'occident par ses vents, par ses pluies, auxquels participent moins les régions de l'intérieur; de Paris elle pénètre en France près des Sables-d'Olonne et nous quitte au delà de Mézières : c'est le franc nord-est.
Quant aux moyennes de l'année, Tinfluence de la mer les incline au Nord-Ouest par la raison que le grand réchaufleur, modérateur, égalisateur des climats, l'Océan, baigne chez nous Nord et Nord-Ouest, tandis que les monts refroidissants chargent Est, Centre et Sud.
Il n'y a guère de villes françaises dont la // moyenne annuelle soit inférieure à 9^, peut-être
DB 9 A 16 n'y en a-t-il pas.
DEGRÉS La ligne des lieux ayant l'année de 9« n'est
DB pas une ligne française, mais une ligne belge et
CHALBOR allemande; elle passe sur Gand, Bruxelles, près
MOYENNE de Trêves et dans la montagne au sud de
Mayence.
Le dixième degré de chaleur moyenne entre en France par
la Manche près de Saint-Valery-en-Caux; il passe sur la Seine près de Rouen, coupe TOise vers Pontoise, la Marne inférieure vers MeauXf la Marne supérieure vers Saint*Dîzier, la Moselle vers Épinal.
Cherbourg, Saint-L6, le Mans, Amboise, Bourges, Decize, Mftcon, Bourg-en-Bresse, tels sont les lieux situés à peu près sur le parcours du onzième degré de chaleur annuelle.
Le douzième passe plus ou moins sur la Tremblade, Saintes, Brantôme, Tulle, Argentat-sur-Dordogne, et s'en va couper le Rhône entre Vienne et Valence.
Le treizième traverse la Grande Lande au sud de Bordeaux, passe près d'Agen et rencontre TAveyron au nord de Montauban, le Tarn vers Millau, et le Rhône entre Montélimar et Avignon.
Le quatorzième quitte FAtlantique pour le continent au nord de Bayonne; il franchit TAdour au confluent du Gave, puis derechef à Tarbes, la Garonne au confluent du Salât, l'Aude vers Limoux, et s'infléchissant au nord-est, il passe près de Narbonne, de Montpellier, il coupe la Camai^ue et enfin, arrivé à l'orient de Marseille, il se tient dans la Provence audessus du littoral.
Le quinzième, le seizième, passent sur les villes pri* vilégiées de ce littoral, dites villes d'hiver, entre Hyères et la frontière d'Italie.
On partage la France en sept climats sans
/// trop forcer l'infinie variété des choses
LES Quatre de ces climats, régentés par les vents
SEPT de mer, sont maritimes et par cela même tem-
CLiMATs pérés, avec moins d'écart que les climats conti-
DB nentaux entre la chaleur et le froid des heures
FRANCE successives, du jour et de la nuit, de l'été et de
l'hiver.
Le climats continentaux, plus loin de la marine humidité, sont singulièrement plus variables, bien plus brusques, plus secs, plus sensibles au rayonnement nocturne, plus esclaves du pouvoir glaçant de l'altitude ; et, en somme, plus froids dans la moyenne de Tannée, quoique plus chauds à certaines heures et dans certaines saisons.
Le Climat Voagien ou Austrasien ressemble plus qu'aucun autre de nos sept à celui qui domine dans le centre, l'est, le sud-est de l'Europe, sur la très majeure étendue de la partie du monde. Essentiellement continental, il dépend surtout des vents de l'est et du nord-est, venus de la Russie, de la Sibérie
Climats et Pluies.
même, par les plaines de rAllemagiie septentrionale. Épinal, Nancy, Méziëres, Rocroi lui obéissent, villes où l'hiver ramène ce qu'on est convenu d'appeler les € beaux froids », des jours de soleil sur la candeur vierge des neiges. La glace, les flocons tombant d'un ciel blafard, les rayons éclatants qui égaient la neige et ne la fondent pas, la pluie qui la troue, qui la déchire et qui l'emporte, elle si blanche, en noirâtres ruisseaux; de nouveaux flocons, de nouvelles glaces, un nouveau givre, de nouvelles pluies, gel et dégel, ainsi se passe l'hiver. Au printemps c'est une transformation magique; quinze jours après les fanges du dégel, la nature a repris toute sa fécondité, les arbres ont leurs fleurs, et les champs leurs promesses. Sous ce climat l'on a des étés superbes et des automnes fort beaux. La moyenne de Paris étant presque égale à 11<>, celle d'Épinal, ville plus méridionale, mais aussi plus élevée que Lutèce, n'est que de 9<> C. ; on y a vu des froids de 25 à 26<>, même de 30 au-dessous de la glace fondante, et des chaleurs de 36, 37, même au delà de 38». Nancy, bâtie plus bas qu'Épinal, à 200 mètres environ au-dessus des mers, au lieu de 326, mais en revanche plus exposée aux vents dans sa large campagne qu'Épinal en son val profond, Nancy a pour moyenne 9<», 30, avec soixante-huit jours de gelée.
Le Climat parisien, ou Séquanien (de Sequana, la Seine), ou encore Neustrien, par opposition à Austrasien, règne de la Belgique au cap de la Hague, sur les bassins de la Seine, de la Somme, de l'Escaut, des petits fleuves flamands, artésiens, picards, et normands.
Les vents de la Manche, mer septentrionale et pourtant chaude, lui font un climat maritime fort tempéré pour ses latitudes. Paris n'est point froid ; on y connaît des hivers presque sans neiges, sans glaces; novembre, décembre, janvier, février, les sombres mois qui font le tiers de l'année lui dispensent parfois des heures tièdes qui seraient printanières s'il ne leur manquait la clarté du ciel et les baumes du renouveau.
Le Paris des Français est bien au nord du Paris des Canadiens, de Québec, qui se trouve à peu près sous la latitude de Châtellerault ou de Châteauroux; or à Québec la moyenne de l'année est de 4® seulement, celle de l'hiver étant de — 12», avec des jours et des nuits qui vont jusqu'à coaguler le mercure.
Paris a les caractères du climat parisien, mais adoucis par le paravent des collines, l'abri des rues et monuments, la chaleur, les fourneaux, la lumière, le gaz, l'électricité, par la respiration de ses trois millions d'hommes, de ses chiens, de ses chats, de son énorme cavalerie. Aussi sa moyenne annuelle,
de W^l ou 10^,8 dépasse-t-elle quelque peu celle des lieux de son voisinage; Thiver surtout y pique moins : alors qu*en décembre 1879 le mercure ne descendit qu*à — 17» dans Tintérieur de la métropole» il marqua — 20<> à Asnières et — 25^6 dans le bois de Vincennes, au Parc Saint-Maur.
Voilà pourquoi la moyenne hivernale de Lutëce atteint 3<»,7, celle du printemps étant de 10<»3, celle de Tété de i8<>,2 et celle de Tautomne de lio,i.
L'hiver y est fait de journées de pluie et de brume plus que de gel ; le printemps se passe aussi en pluies et bruines ; Tété, brillant, est torride, orageux ; Tautomne est superbe.
Les froids les plus vifs qu'on y ait sentis, en 1778, en 1871, en 1872 et en 1879, ont amené le thermomètre à — 23<>, — 24*, même — 25<>,6, non dans la ville môme, mais sur les coteaux de la banlieue; la chaleur la plus forte, 38<»,4 à Tombre, a pesé sur ses trottoirs, dans ses rues sans un souffle d'air, le 9 juillet 1894.
En moyenne, le c pôle du froid » de Paris est le 8 janvier; son « pôle du chaud », le 19 juillet.
Sur les 365 jours qui sont pour nous la division normale du temps, 143 y sont des jours de pluies fines tombant en toutes saisons et ne donnant que 512 millimètres; il y a 80 jours beaux ou très beaux, 90 nuageux, 183 couverts ou rayés de pluie, 12 neigeux; il y a 56 journées de gel, 13 d'orage, 20 de grêle.
Du cap de la Hague à Tembouchure de la Loire, le Climat breton ou climat armoricain est le plus maritime des climats français; par la mer dans laquelle baigne la presqu'île celtique, il profite plus qu'aucun des bouffées d'air tièdes accompagnant lé courant du Golfe, — c'est ainsi qu'on appelle un immense fleuve d'eau plus chaude que l'Océan, dans le sein duquel il chemine en une rivière indépendante bien qu'elle soit sans rivages : on l'y distingue à sa chaleur, à sa couleur, à sa vitesse. Venu des mers tropicales , et un peu du golfe du Mexique, il frappe le Portugal, l'Espagne, la France, l'Irlande, l'Angleterre, l'Ecosse, la Norvège, et va porter quelque tiédeur jusque dans les flots arctiques.
Ce n'est pas seulement de ce golfier, dont on s'exagérait benoîtement la domination, c'est surtout de la mer elle-même en sa puissance et grandeur, de ses effluves, de ses vents de nord-ouest, d'ouest et de sud-ouest, que le climat armoricain tient sa douceur singulière.
Ciel obscur et bas pendant la moitié de l'année, brumes, pluies fines, vents mélancoliques, le climat breton a peu de neige, et si peu de froids l'hiver que des arbres provençaux, africains même, le grenadier^ le figuier, l'aloès, le magnolia, le
Climats et Pluies.
camélia, le laurier-rose, y vivent en pleine terre au bord des anses, dans les presqu'îles, dans les îles. A Brest, dont la moyenne annuelle dépasse 11<^, il est rare que la chaleur estivale développe plus de 23^, rare aussi que le froid descende audessous de 6» : pas 6« au-dessous, mais 6<> au-dessus de zéro ; par contre le nombre des jours de bruines, de pluies tamisées approche de deux cents.
De la Loire aux Pyrénées, de l'Atlantique aux monts du Centre, le Climat girondin^ climat gascon, climat d'Aquitaine, réclame un grand lambeau du bassin de la Loire, une très vaste part de celui de la Gironde, ceux du Lay, de la Sèvre Niortaise, de la Charente, de la Leyre et de l'Adour.
C'est encore un climat maritime , moins tempéré que le breton, mais plus brillant, et à mesure qu'on avance au sud, plus agréable et plus chaud.
Tout au nord de son domaine, la basse Loire a des prairies, des champs, des landes, des vignes; au centre, Cognac doit son renom à ses eaux-de-vie, Bordeaux à ses vins ; et tout au sud, en Pays Basque, en Béarn, en Bigorre, un climat charmant caresse des villes d'hiver.
Peu ou pas de neige en froide saison, des pluies d'hiver et de printemps, des étés chauds, des automnes superbes, quoique pluvieux, c'est la marche des saisons, de Nantes à Bayonne et de la mer aux montagnes.
L'année de Nantes donne une température moyenne de 12o,6 ; celle de la Rochelle se résume par 12<>,7, celle de Bordeaux par 13<>,5; Arcachon, sol de sable, air marin, pins frémissants, guérit les phtisiques sous un ciel si doux que la moyenne de l'hiver est de lO® dans la forêt et la dune, de 8<> sur les plages du bassin; Pau les guérit aussi, dans une atmosphère calme dont la moyenne annuelle est de 13<»,39, et le climat de l'humide Bayonne est plus clément encore.
Les pays où courent de leurs sources dans les monts à leur entrée dans les plaines, la Dordogne, le Lot, le Tarn, la Loire, l'Allier, la Vienne, la Creuse, et les hautes vallées des torrents qui meurent à la rive droite du Rhône, relèvent d'un climat que l'altitude des sites fait plus dur que ne le voudraient ses soleils.
Car cette région, le Massif Central, est à distance égale du Pôle et de l'Equateur, dans la zone exactement tempérée, le 45* degré de latitude passant tout près d'Aurillac, de Saint- Flour, du Puy-en-Velay; or, il y a de l'Equateur au Pôle un quart de cercle ou 90 degrés.
Le Climat auvergnat ou climat limousin a des hivers terribles et des neiges effaçantles plis de vallons, cachant les routes, ployant les rameaux des pins; ces neiges se glacent, et sur elles tombent d'autres neiges ; sur certaines routes, dans les fonds, des poteaux élevés balisent les chemins, et il arrive quUls disparaissent jusqu'à la cime, tant il pleut de flocons sur le pla* teau, tant le vent ou la pente entraînent d'avalanches dans la ravine. Mais Tété calcine les vallées, les gorges fermées aux souffles de Tair, tandis que sur les hautes plaines, la bise, âpre, brusque, inattendue, vagabonde, tempère les ardeurs du soleil, et l'altitude des lieux donne, même aux jours les plus enflammés, des aubes glaciales, des matins froids, des soirées fratches, des heures perfides.
Le Puy, Mende, Saint-Flour, Rodez, Limoges, sont soumis à ce climat à demi labradorien pendant un bon quart, un tiers ou une moitié de l'année, conformément aux altitudes des sites. On estime que la moyenne annuelle de Limoges, à 250 mètres au-dessus des mers, est de 10^,45; celle de Tulle (248 mètres), de 11^43; celle de Guéret (453 mètres) de 9«,20; celle d'Aurillac (668 mètres) de 9«,07 ; celle de Clermont-Ferrand (388 mètres) de 9^,87, au pied du Puy de Dôme, qui, haut de 1 465 mètres, a pour résumé thermique de son année, la très froide chaleur de 3<*,44. La plupart des villes de ce climat sont climatiquement inférieures à Paris, situé pourtant à 3, 4, 5 degrés plus au septentrion.
Un autre climat, c'est celui qu'on a nommé Climat rhodanien, et qu'on appellerait peut-être mieux climat lyonnais, d'après la superbe ville, prodigue en froids brouillards, qui voit s'unir les deux grandes rivières du pays où il règne : le nom de rhodanien ne fait penser qu'au Rhône, et point à la Saône, qui baigne plusieurs des cités de cette zone climatique. Ainsi qu'en toute autre contrée plus ou moins sevrée de la mer, le climat rhodanien a des étés chauds, des hivers rigoureux même en plaine, et les vallées élevées de la Savoie, les plateaux du Jura sont un autre Massif Central pour la rudesse et longueur de l'hivernale saison.
Lyon varie suivant les années entre llo,5 et i^; M&con a pour moyenne 11«,3, Dijon il®.
Qu'on aille de Toulouse à Cette, de Lyon à Marseille, on voit vers Montélimar ou Carcassonne le pays passer du vert au jaune ou au blanc, les prairies roussir, les roches s'illuminer, la poussière charger les feuilles à courber la branche, et le terne olivier monter les mamelons pierreux devant plaines