kilomètres, 38543 hectares
PRSUBH Monts Intérieurs.
La Clouère ^ passe à Chftteau-Larcher, au pied du Plateau de ThOTuSy qui est ou plutôt qui était un grand musée de mégalithes avec trente enceintes, deux cents tombelles, douze dolmens.
L'Aozance * coule devant Vouilié, bourg qui dispute à Voulon la bataille de Fan 507.
Les lies de Ré, d'Oleron complètent le continent de France vis-à-vis du Poitou, de TAunis; xji:ji:/i elles se lèvent là, de très humble surrection, ILE DE RÉ pour témoigner que le continent fut plus grand jadis. L'une et Tautre sont un débris.
La terre océanique garantissant Tanse de TAiguillon des vents du Sud-Ouest, Vile de Ré s'approche fort de la terre ferme par son extrémité sud-est ; de sa pointe de Sablanceaux à la côte rochelaise il n'y a guère que 2 500 mètres ; au nord, le Pertuis Breton, large de 10 à 12 kilomètres, la sépare de la rive poitevine; au sud, le Pertuis d'Antioche^ également large de 3 lieues, gronde sourdement entre la côte méridionale de Ré et la pointe septentrionale d'Oleron; le nom de ce dernier passage de l'Océan serait un héritage d'Antioche , ville problématique depuis longtemps disparue sous la mer inclémente, là où l'Océan déferle, au sud-est et non loin d'Ars-en- Ré, sur des roches, pointes, dalles basses, en avant de la pointe de Chanchardon.
L'Atlantique désosse les calcaires de Ré ; il a distrait cette île du continent, non pas dans une antiquité géologique, mais il y a douze cents ans au plus, sinon même seulement mille, c'est du moins ce qu'on suppose : il a de la sorte aboli un rivage antique, voire deux, car les écueils de Rocbebonne^ à 12 ou 15 lieues à l'occident de Ré, sont peut-être, eux aussi, des témoins laissés par un littoral disparu.
De la pointe de Sablanceaux au superbe phare des Baleines, Ré s'allonge du sud-est au nord-ouest sur 25 kilomètres, avec 75 à 80 de tour, anses comprises, et largeur extrême de 5 ; son étroitesse extrême de 70 mètres en fait une île à la taille de guêpe composée de deux tlettes inégales : au nord-ouest l'fle d'Ars, au sud-est l'îlette de Saint-Martin ; ces deux fragments sont unis par la langue de terre de 70 mètres d'efflanquement, nommée l'isthme du Martray; elles sont séparées par le fiers, c'est-à-dire le fjord d'Ars, golfe sans profondeur : si la haute mer y palpite, la basse mer n'y laisse que des boues et des flaques, des chenaux, de l'humidité luisante.
]. 65 kilomôtres, 36383 hoctarm. — 3. 56 kilomètres, 33 000 hectares.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel, coAPrmK
Cet isthme, on ne le sauve pas sans peine par des levées empêchant TAtlantique de le rompre , puis de le distribuer ailleurs en limons et en sables. Il a devant lui, vers le sud, une lieue d'écueils, restes de ce qui fut (ou ne fut pas) le piédestal d'Antioche.
Une des bourgades de Ré s'appelle encore le Bois. L'fle fut donc sylvestre, et ne Test plus. Pas de forêt, pas un bosquet pour briser le vent de TAtlantique, et c il y a cinq ans de fers pour le chien qui lève la patte contre un arbre >. Pas de ruisseaux non plus ; c'est le vent qui moud les grains, et ce vent ne s'arrête guère : ici l'outre d'Eole est inépuisable.
Ainsi nue et basse, nul mamelon n'y dépassant 18 mètres, la mer, si belle, est sa beauté.
La Côte Sauvage, en face du grand large, à l'ouverture du Pertuis d'Antioche, défie le flot tonnant et le repousse; mais, de victoire en victoire, elle est vaincue, trouée, déchirée ; de ce côté nulle anse, nulle crique pour abriter un navire; mais le littoral tourné vers le continent de France lutte contre une vague de plus de mansuétude, et ses ports sont pleins de caboteurs.
Peuplée à l'égal de Ré, la France compterait plus de 112 millions d'habitants au lieu de 38 500 000. Sur les 7 389 hectares de rtle que la mer menace de couper en deux, il n'y a pas moins de 15600 insulaires, soit 211 au kilomètre carré; ils habitent quelques grosses bourgades et une foule de hameaux et d'écarts. Les Rhétois vivent de la navigation, du cabotage, un peu de la pèche ; ils cuisent la chaux dans des fours, ils ont des milliers de parcs à huîtres, de vastes salines, quelques pins et tamaris, des champs engraissés d'herbes marines, des luzernières, de l'orge, des pommes de terre, des prairies et, sur terre ou dans la dune, des vignes dont le vin sent le goémon ; le tout sur un sol divisé en parcelles fort petites, voire parfois infinitésimales.
Cette terre allongée aide Plie de Ré à garantir xxxni des vagues du large le littoral de la Rochelle; et ILE surtout elle protège les estuaires de Charente et
D'OLE' de Seudre.
RON Inclinée du nord -ouest au sud -est, Oleron
s'avance en dunes jusque près d'un rivage de dunes; il n'y a même pas 2500 mètres de la pointe de Maumusson, cap méridional, au continent sablonneux d'Arvert, distance que la basse mer réduit à moins de 500 niètres entre île et terre ferme.
Cet étroit courant, très violent sur sable couvert de peu d'eau, c'est le fameux Pertuis de Maumusson que le matelot,
piunoER Monts Intérieurs.
le pécheur de Saintonge redoute autant que le Breton peut appréhender le passage du Raz; ici tout marin, tout passager aventuré sur le détroit doit s'attendre à maie mort dès qu'un vent favorable cesse d'enfler ses voiles ; bruyant quand l'Océan s'insurge au vent soufflant de la mer, on l'entend alors de quinze lieues, en pleine Saintonge : c Maumusson grougne », dit le paysan. Là fut autrefois l'attache de l'île à la terre ferme.
30 kilomètres de long, 3 à 10 de large, 72 à 75 d'enceinte, 15 326 hectares; telles sont les dimensions de cette île si petite et pourtant inférieure à la Corse seulement parmi les terres insulaires que nous possédons en Europe.
Sur ses 15 326 hectares 16 656 personnes habitent des bourgs et une centaine de hameaux, ce qui répond à 109 ou 1 10 hommes par kilomètre carré.
Pareillement à Ré, ses deux littoraux contrastent, celui de l'ouest étant < côte sauvage >, celui de l'est c côte clémente > avec ports abordables autour desquels on pèche des poissons et Ton décroche du rocher les huîtres portugaises. Pareillement aussi, elle a ses récoltes de varech et de goémon, ses pêcheries, ses huîtrières, ses marais salants, ses luzernières, champs d'orge, de blé, de betteraves, de mais, d'asperges, en parcelles extrêmement minces, par excès de division d'une terre surpeuplée; ces champs sont nus, quoiqu'avec plus d'arbres que dans l'île sœur, fîguiers géants, chênes, pins dans la dune. Le vin de ses vignobles doit son méchant goût aux goémons de fumure; de petites vaches y paissent le gazon des chemins et des talus.
Un mamelon y atteint 32 mètres dans les dunes du sud, mais par elle-même, et toute abstraction faite du sable dont le vent surcharge ses contours, elle ne monte qu'à 36 pieds.
Tant de platitude, si peu de bosquets et boqueteaux, depuis que les < Uiens > ont si fort dégradé leur Oleron, encore boisée au temps du Béarnais de c la poule au pot », l'île serait triste sans le grand nombre et la dispersion de ses hameaux, laide sans les agitations, les calmes, les exaspérations, les bruits, les voix, les tonnerres de la mer autour d'elle. C'est la plainte sourde, étouffée ou le fracas du pertuis de Maumusson et des dalles de Chassiron verdies jusque presque au noir parla prairie des varechs ; c'est la mélopée des pins de la dune à Saint-Trojan, aux Saumonards, au Domino; c'est l'Océan qui tonne contre les rives ou qui les abandonne en se fuyant lui-même; ce sont les sables changeant, incessamment à chaque flux, à chaque reflux, et les souffles aigus ou sonores, et partout les moulins à vent qui tournent de toute la vitesse de leurs ailes noires
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbapithi rREmn
au-desBus des hameaux ik maisons blanches, sur les petits ressauts d'où ils sollicitent les moindres courants de l'air : et quelques-uns, sur la Côte Sauvage, sont mouillés jusqu'à ces ailes par le saut de la vague.
Les dunes d'Oleron furent agressives. Sous l'une d'elles, près de salines, est à jamais caché l'ancien bourg de Saiat- Trojan; le nouveau bourg, nommé de même, ne craint plus les sables roulants et volants, qu'ont fixés les pins et les tamaris.
Ainsi se suivent les terres de France, d'Orient en Occident, le long de Dordogoe et Charente, des Dore et des DAme aux brise-lames du littoral et à des Iles de brise-vagues campées en avant dans la mer sauvage. Telle est la houle du sol et tek sont les déroulements de l'oolithe, de la craie, des terres tertiaires, des boues quaternaires entre l'antiquissime Auvergne et l'antiquissime Bretagne, entre deux processions de vagues de granit. Et voilà comment un isthme de roches infiniment moins vieilles que ces granits, gneiss et micaschistes, l'isthme oolithiquB d'Angoumois-Poitou met en communication facile le nord de notre terre, l'ancienne Neustrie d'autour de Lutecia Partsiorum avec notre Sud-Ouest, notre Aquitaine; et cela de plateau en plateau : d'Ile de France en Touraine, de Touraine en Poitou, de Poitou en Angoumois, Périgord et Guyenne.
Il y a là, de Paris à Bordeaux, voire de Dunkerque à Bayonne, une de ces heureuses distributions du sol français qui avaient enthousiasmé le grand géographe grec Strabon et l'avaient mis en humeur de prophétiser à la Gaule un rayonnant avenir.
( Il semble, disait-il, qu'une providence a dressé ces chaînes de montagnes, rapproché ces mers, tracé, dirigé le cours de tous ces fleuves pour faire un jour de la Gaule te lieu le plus florissant du monde! >