kilomètres, 45000 hectares
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d'elle-même; cette Augustodunum, héritière de Bibracte, n'occupe plus que cent des deux cents hectares qu'enfermait sa muraille romaine de 6 kilomètres où veillaient 53 tours. Capitale des Éduens, Gaulois qui furent traîtres à la Gaule, elle devint une cité gallo-romaine dont sont encore debout deux portes, un poste hors murs dit Temple de Janus, et partout de menus débris ; mais rien n*y parle de TamphithéAtre dont on dit qu'un seul cirque du monde romain, celui de Rome le dépassait en amplitude.
Grossi sur sa droite par des torrents issus du plus haut Morvan, TArroux regoit sur sa gauche des ruisseaux d'étangs venus des collines houillères où grandit le Creuaot, l'immense usine à fer et fabrique de machines. Il atteint la rive droite de la Loire en aval de Digoin, par 221 mètres au-dessus des mers.
Au nord de TAutunois, à l'est du Morvan, s'étend l'Auxois, et cet Auxois confronte à l'orient avec la Côte d'Or, au nord avec le plateau de Langres et les coteaux du Châtillonnais. Auxois, plateau de Langres, Châtillonnais, monts Faucilles, lias et csdcaires, tout cela se déposa dans une mer jurassique séparant jadis deux massifs de bien plus vieille surrection, le Morvan et les Vosges.
Tranché parle Serein, l'Armançon, la Brenne, rOzerain, l'Oze, VArixois donne à ces courants cxiv la naissance, mais leur refuse l'accroissement; AUXOIS ses lias, à pentes soit molles, soit dures, ses calcaires de couronnement, créneaux à cassure vive, à chute à pic, sont assez chiches en fonts pérennes, et toutes ces riviérettes vont des crues grondantes dues aux grandes pluies, des passages orageux d'eau trouble à l'écoulement silencieux d'un menu flot d'étiage, eau trouble aussi, en des vaux étroits, de 150, parfois 200 mètres d'entaille dans la masse du plateau. D'afTouillement en affouillement, et les marnes du lias ne cessant de s'écrouler tandis que l'oolithe des sommets tenait bon, l'Auxois a fini par se diviser en une foule de plates-formes aux talus très inclinés ayant prairies et forêts.
Par la vertu de ces creusements et ravinements, lesdites plates-formes sont devenues, quelques-unes du moins, des acropoles de la nature. Tel au nord du pays, le mémorable Afon^ Auxois, haut de 418 mètres au-dessus du miroir des mers, de 170 mètres au-dessus de la Plaine des Laumes où se réunissent la Brenne, l'Ozerain, l'Oze. Sur son plateau de 2 000 mètres de long sur 800 de large, espace d'environ 100 hectares, à côté du village d'Alise-Sainte-Reine, un Vercingétorix de 6 mètres de taille, statue de cuivre, regarde tristement l'horizon triste. Ce
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cBAPnRs
colosse est-il bien à sa place? Le héros gaulois, FAuvergnat supérieur contemple-t-il ici le vrai lieu de sa défaite, Alesia, proie de César implacable? D'aucuns en doutaient, qui plaçaient bien loin de là le champ fatal, notamment en Franche-Comté, à Alaise, au-dessus des précipices du Lison. Mais on n'en doute plus guère, tant le Mont Auxôis a pour lui les meilleures vraisemblances, encore qu'on se figure difficilement sur cette cime étroite 90 000 guerriers, 10000 chevaux et tous les attirails d'une grande armée; sans doute que César, à la fois juge et partie, a menti dans son livre, et que les champions des dernières batailles de la guerre d'Indépendance n'approchaient pas de cent mille, contre les soixante mille de l'homme de fortune qui hacha les Gaulois comme chair à pâté ; il y avait là pourtant bien des nations celtiques, comme en font foi cinq cents monnaies gauloises trouvées dans ce sol funeste et funèbre : des Arvernes, des Séquanes, des Volces, des Bituriges, des Carnutes, des Santons, sous des chefs tels qu'Epasnact, Litavet, Tasget, et avant tous Vercingétorix lui-même. Du Rhin à l'estuaire de la Gironde, la force de la patrie était là, devant le c paillard chauve >.
Les courants si peu coureurs, sauf en cas cxv d'orages, qui sinuent au fond des creuses vallées
SEREIN. de l'Auxois ne deviennent rivières véritables
ARMAN' qu'après leur passage du lias dans le jurassique. çoN Tels le Serein en aval de l'Isle, l'Armançon en aval de Semur.
Le Serein d'en haut se partage entre l'Auxois à l'est et les granits du Morvan à l'ouest. Tout ce qu'ont pu lui verser d'eau les roches imperméables à partir de la première gouttelette sur les froids plateaux de Saulieu, il le perd dans la pierre craquelée dès qu'il est arrivé sur la grande oolithe, et il n'y a pas du tout de Serein dans le Serein d'été, quand il passe à Noyers.
Dans son cours supérieur il laisse à droite, et fort haut, l'antique église (xi«, xii« s.) et l'antique château de Thil (xii« s.), aujourd'hui vaste ruine sur un coteau chauve de 476 mètres; puis il frôle le bas de la colline isolée que coiffe Montréal, bourgade fort archaïque, avec église du xii« siècle, portes du xiii«, maisons du xiv«, du xv®, du xv!«. Ce c Mont Royal • est un des joyaux de la Bourgogne.
Ainsi vide absolument quand il arrive à Noyers, le Serein y renaît soudain par des fontaines vives donnant, dans les années les plus arides, 200, 500, 600 litres par seconde, et certainement jusqu'à 1 000 en temps favorable. Dès lors il est inca-
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pable de tarir, mais il diminue extrêmement en été, tandis qu*en hiver il déborde souvent et ensable au loin ses prairies, semblables alors à un lac d'où se lèveraient des peupliers sans nombre au pied de coteaux chargés de vignes ; puis il passe à Chablis; c'est-à-dire qu'un bon vin blanc descend de ses collines : si ITonne a sa < côte i d'Auxerre, FArmançon sa c côte » de Tonnerre, le Serein a sa « côte > de Chablis. Il s'épanche dans l'Yonne, rive droite, après un déploiement de 186 kilomètres en un domaine de 145 800 hectares dont il tire à l'ordinaire 6 à 7 mètres cubes.
'V Armançon ' sort bien pauvre, on peut dire bien laid, de l'Auxois, et il faut des semaines de pluies pour qu'il veuille bien courir et non dormir autour du promontoire de Semur, ville escarpée, digne d'une rivière, môme d'un fleuve, et qui n'a qu'un fossé.
En amont et près de Semur il s'arrête contre une digue de 23 mètres de hauteur, en un étang de cinq millions de mètres cubes pour les éclusées du canal de Bourgogne; c'est là le Réservoir du Pont,
En aval, la roche change; l'Armançon aussi, que le calcaire, puis la craie pourvoient de magnifîques eaux de source, telles que la Font d'Arlot près Cry, la Font de Saint-Jean près Tonnerre et, à Tonnerre même, la Dionne ou Divonne. Dans la prairie de Saint-Florentin lui arrive une presque homonyme rivière, la limoneuse Armance*, remarquable par la force et la pérennité des fonts de son bassin oolithique ou crayeux, entre autres celles de Chaource, lieu de son origine.
De tout autre nature est le plus long tributaire de l'Armançon '» la riviérette de Montbard, la Brenne, qui sèche fort en été, mais dont les orages font un fleuve parce qu'elle est presque exclusivement un courant du lias.
L'Armançon se perd dans la rive droite de l'Yonne à une lieue en aval de l'embouchure du Serein, près de la Roche, qui est un nœud de voies ferrées dont l'une, des plus capitales en France, longe longtemps la rivière en même temps que le Canal de Bourgogne : celui-ci a pour fonction d'unir la Seine par l'Yonne à la Saône, et par la Saône, au Rhin. On attribue au fils rachitique de l'Auxois puissamment revigoré par le jura de Boui^ogne un volume coutumier de 24 mètres cubes, contre des crues de 253, et un étiage de 1 500 litres.
D'autres ruisseaux de l'Auxois descendent à la rive gauche de rOuche, dont la gorge sépare l'Auxois de la Côte d'Or.
1. 174 kilomètTM, 995 000 hectares. — 3. 45 kilomètres, &3406 hectares. — 3. 60 kilomètres, 75 000 hectares.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. chapitiib
VOuche^ a deux natures, deux aspects, deux orientations qui se coudent vers Dijon^ jadis le cxvi Paris de la Bourgogne, aujourd'hui simple ville COTE D'OR de province.
En amont de Dijon, elle est serrée dans le calcaire, au fond d'une combe de la Côte d'Or; elle marche au nord-est, ayant à son côté le canal de Bourgogne, qui descend d'écluse en écluse ; en aval, c'est une rivière presque à sec en été, qui s'égare, vers le sud-est, dans l'immense plaine bourguignonne, avec une foule de ruisseaux, de rivières que l'été ne respecte pas non plus.
La Côte d'Or est une chaîne basse, non sans beautés : forêts, gorges dans l'oolithe avec escarpement de fronton et, sur ce fronton, des plateaux qui sont de petits causses aussi secs que ceux de Gévaudan, de Rouergue et de Quercy ; d'où, dans la profondeur des ravins, en des c bouts du monde >, les sources lucides, les fraîches eaux de cascatelles ; sur leur penchant d'orient, à la lisière de la grande plaine de la Saône, la vigne donne un vin puissant, gloire de la Bourgogne.
Son soulèvement le plus élevé, le Bois-Janson n'a que 636 mètres; il bombe, à l'ouest-nord-ouest de Nuits, l'un des plateaux forestiers entre lesquels les fentes et diaclases de la roche, aidées du travail de l'érosion, ont fini par diviser l'antique plateau jurassique.
Plus au sud, à proximité de Beaune, les Chaumes d'Auvenay ne lèvent qu'à 571 mètres des steppes mamelonnés où nul arbre n'ombrage les gazons secs ; cependant, si formidables d'aridité désolée parurent-ils à nos arrière-grands-pères, que ces bonnes gens crurent de tout cœur que leurs Chaumes égalaient les Grandes Alpes, même celles du Mont-Blanc, en ascension < astrale >.
Quand on a dépassé l'entaille de l'Ouche, au nord, au nordouest de Dijon, la Côte d'Or continue d'allonger ses plissements calcaires, ses chaumes sans rus murmurants, ses bols et forêts, ses vallons secs à leur origine, puis qui voient naître, au pied des talus rocailleux des sources de grand jet; fontaines qui ont leurs commencements réels fort loin en amont, dans les couloirs internes de l'oolithe éclairés d'avens dont le plus célèbre est le Creux de Souci^ à 5 lieues nord-nord-ouest de Dijon; on a muré le trou de cet abîme, qui invitait au crime, à la mort volontaire, qui était dangereux aux animaux et aux passants étrangers; or, on ne l'avait pas encore exploré, pas même sondé : on le disait profond de 300 mètres, et il n'en