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kilomètres, 47 600 hectares

TRouiiMi Monts Extérieurs.

G^est VArc qui divise, en sa large vallée, la montagne de Sainte-Victoire, au septentrion, de la chaîne de TÉtoile, au midi : TArc, si tranquille, quand on le compare à son tumultueux homonyme de Savoie, et relativement si petit qu'au bout de-ses 70 kilomètres en une conque de 77 500 hectares, il ne roule pas autant d*eau d'étiage que la plupart des affluents du grand torrent de la Maurienne.

L*Arc de Provence finit comme la Touloubre dans Tétang de Berre dont il est le principal combleur. En son cours supérieur il se tourne et détourne dans la plaine où Marins détruisit les Ambrons, les Teutons, et Fourrières, bourgade voisine de son cours, serait les c Champs Pourris >, Campi Putridi^ de ce que cent mille cadavres s'y décomposèrent. Dans son cours moyen il laisse à droite sur un plateau la vieille ville romaine d'Aix, jadis métropole de la Provence, et maintenant si vide, humble, et silencieuse près de Farrogante et débordante et rumoreuse Marseille. Dans son cours inférieur il passe sous l'une des arches du pont de Roquefavour, ce plus monumental de tous les aqueducs présents et passés; on n'ose pas dire: futurs, car la technique moderne devient capable de tous les prodiges.

Au midi des champs c osseux > de Pourrières montent les rochers de l'Étoile.

La Chaîne de l'Étoile dresse comme la Sainte- Victoire son escarpement suprême au-dessus de la conque de l'Arc, entre Trets et Saint- Maximin ; là son sommet (893 mètres), le MoDt Anrélien se lève dans un massif qui porte un grand nom classique, V Olympe, dit aussi l'Ouripe. A l'occident de cet Olympe sans Jupiter, sans Junon, sans dieux mineurs, le Pilon du Roi (710 mètres) lance au-dessus de la banlieue septentrionale de Marseille une roche droite, isolée, dure à gravir. A l'ouest du Pilon du Roi, entre l'étang de Berre et la Méditerranée, un prolongement de l'Étoile, la Chaîne de l'Estaque s'opposait au passage turbulent des convois, mais le chemin de fer de Paris à Marseille a transpercé sa craie par le Tunnel de la Nerte (4 638 mètres), resté longtemps le premier de toute la France en longueur.

La Sainte'Banme se répand en roches éclatantes, très belles et très nettes dans la lumière diaphane, sur le littoral de Marseille, de Cassis, de la Ciotat, de Toulon ; elle lance en Méditerranée les caps de la Gardiole, le cap Canaille, le Bec de l'Aigle et tant d'autres, jusqu'à la côte plane qui sépare du massif des Maures les monts calcaires de la Provence.

Sainte-Baume, c'est-à-dire sainte-caverne, on appelle ainsi

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ce massif d'après une grotte où Marie-Madeleine aurait pleuré ses péchés; des pèlerins en grand nombre y montent, aussi pécheurs et moins repentants.

Au-dessus de la Baume et du couvent qui Favoisine, le Saint-Pilon porte son roc à 994 mètres ; non loin vers Test, le Joug de l'Aigle atteint 1 125 mètres, la pointe des Béguines 1 154.

De ce massif sanctifié, dit la tradition, par la grande pécheresse, partent des affluents du fleuve Argens, deux fleuves côtiers, Huveaune et Gapeau, et des eaux qui vont se perdre sur le Pian de Cuges, bassin fermé de toutes parts où les torrents trouvent leur mort, apparente dans des trous de la carapace rocheuse, puis vont, croit-on, rejaillir dans la mer même, sous le formidable poids des flots de la baie de la Ciotat.

L Huveaune passe maintes fois de bassins arrondis, jadis lacs, dans des couloirs de la pierre ; il arrose Aubagne, ou plus exactement il essayait en vain d'en rafraîchir les plaines brûlantes quand, ce qu'il ne pouvait faire, une dérivation du canal de la Durance à Marseille réussit à l'accomplir. 11 se verse dans la Méditerranée en égout plutôt qu'en rivière, au pied de la célèbre colline de Notre-Dame de la Garde, dans la c ville des Phocéens >, l'opulente Marseille, à l'issue d'un bassin de 42500 hectares où sa course est de 12 à 13 lieues.

Le Gapeau, lui, ne finit pas en égout suburbain, mais en arroseur de campagnes, dans une France qui a des palmiers comme Palerme ou comme Tripoli. Sorti de claires fontaines, il effleure les quatre bourgs de Solliès, il reçoit à gauche un long torrent descendu des Maures, il sillonne la riche vallée d'Hyères et il s'achève après 40 kilomètres, au terme de 60 650 hectares.

A ces arêtes plus ou moins c marseillaises > s'unissent diversement à l'est, par arêtes ou plateaux, des chaînes crayeuses qui s'en vont à l'orient jusqu'à la rencontre des Alpes maritimes.

Parmi ces chaînons de craie, généralement parallèles entre eux, la prééminence revient au Cbeiron (1 778 mètres), croupe aride, informe, inondulée, à six ou sept lieues à vol d'oiseau vers le nord-ouest de Nice, entre les terribles dus du Loup et de l'Estéron ; de sa cime maîtresse, qui a nom Jérusalem, on voit autant de mer que de terre. La Pyramide de VAcbens ou la Chens monte à 1 713 mètres, sur la tranche entre le Verdon et la Siagne, au-dessus de plans stériles.

Il y a tantôt beaucoup de forêts, tantôt nudité complète sur ces roches sabrées par des dus d'immense profondeur où

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jaillit le cristal des c foux >, les sources les plus belles qu'on puisse rêver; par les chemins de Pombre, leurs eaux d'argent viennent des c Causses » d'en haut dont la craie tendre laisse tomber les torrents goutte à goutte ou flot par flot dans les alvéoles de la montagne; elles vont à des fleuves côtiers, à TArgens, à la Siagne, au Loup, à la Gagne, au Var ; et au Verdon, feudataire de la Durance. De ces foux, la plus exubérante, Font rÉvèque, appartient à ce Verdon, mais le plus grand nombre arrive à la mer par FArgens, fleuve majeur entre Rhône et Var.

Rivière de foux en un bassin où les craies

et calcaires l'emportent sur les autres roches,

Lxx l'Argens pérégrine au sein d'une vallée lumi-

ARGENs neuse, et comme on dit, c italienne > par la noblesse des sites, la beauté des roches, les teintes du ciel.

Ici c'est un peu comme en Algérie : l'Argens doit plus aux ruisseaux dont la source est voisine qu'à ceux dont la source est lointaine; quand la foux jaillit à grande distance, les champs la boivent en route, les riverains la détournent, ou le soleil la pompe ou le lit l'absorbe.

Il commence par 270 mètres, à 7 kilomètres de la ville de Saint-Maximin, au pied d'un massif de 400 à 624 mètres; il a plus de la moitié de sa course de 29 lieues dans les c bagarèdes >, gorges dont le seul peuple est celui de quatre villages.

Successivement il reçoit l'Eau Salée de Barjols, amère en effet, qui serpente en un charmant vallon dit le Tivoli de la Provence ; la Cassole de Cotignac, ville qui craint les écroulements du tuf à pic de 82 mètres au bas duquel elle est assise; le gracieux Carami ou Calami, rivière de Brignoles; la Bresque de Sillans et de Salernes. — Ces quatre torrents n'augmentent l'Ai^ns que de la moindre partie de l'onde glissant de leurs innombrables < foux > ; l'arrosage prend presque tout, il ne rend presque rien.

Il s'achemine ainsi vers la célèbre Perte de l'ArgenSy en amont de Vidauban, dans le défilé solitaire de Saint-Michel : plongeant dans un gouffre sur lequel se penchent des genêts et des figuiers sauvages, il passe sous deux ponts naturels qui n'en faisaient qu'un seul avant l'écoulement d'une partie de la voûte; ce plongeon, c'est le Saut de Saint-Michel; ce passage obscur sous deux arceaux, cette perte de l'Argens avait 60 mètres de longueur avant l'effondrement du cintre.

Là finissent les couloirs du fleuve aux eaux pures ; sauf de dernières « bagarèdes » entre éboulis et assises de grès rouges , en amont de Muy ; il coule désormais dans une

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ample vallée, où il rencontre le torrent de Draguignan, la NsLrturhy^\ celle-ci, née de foux dans des gorges aux parois monumentales, hume la Font de Ttaus, forte de 1 000 litres en débit coutumier, de 600 en étiage, puis s*abat par les cascades de Trans et par celles de la Motte ou Saut du Prêtre.

Enfin, très apaisé, bien différent de Teau qui gronde à Ghâteauvert, à Correns, à Carcès et dans les couloirs de Saint- Michel, il s'engage dans les alluvions dont il remblaya le golfe d'entre les Maures et TEstérel, et s'engloutit en Méditerranée sur la plage maremmatique du golfe de Fréjus où maint.^s lagunes sont les restes de lits oblitérés de TArgens. Ayant donc serpenté pendant 29 lieues, en un bassin de 267 822 hectares, il mêle au flot des mers 10 mètres cubes par seconde en saison normale, 600 en grande expansion, et 3 310 litres en étiage. Ses crues lui sont surtout fournies par les roches non caverneuses du pays, pierres primitives, pierres houillères, pierres rouges du permien, grès du trias, et ses eaux d'été par les craies et les oolithes.

Entre les Maures et l'Estérel, massifs litto-

Lxxi raux de Provence , et la Corse hérissée de

MONTAGNES sîcrras, il y a 50 lieues de mer profonde, et

DBS cependant ces monts riverains ressemblent bien

MAURES plus à ces monts insulaires qu'aux chaînons

calcaires et crayeux d'entre Var et Crau dont ils

ne sont séparés que par d'étroites plaines de torrents.

Au-dessous même de 1000 mètres, à peine si les Maures méritent le nom de monticules dans le sens exact du mot ; mais les géologues admettent, sinon comme entièrement démontré, tout au moins comme très probable que, malgré la dureté de leur matière, le puissant parmi les puissants, Chronos les a réduites au tiers, peut-être même au quart de leur taille primitive. Ils professent (et rien n'autorise à les traiter de rêveurs) qu'elles eurent 2 000, voire 3 000 mètres, et qu'au lieu de plaquer un littoral elles s'avançaient à 150 lieues dans la mer, vers le sud-est , en longue presqu'île alpestre , jusque vis-à-vis de l'Afrique, aux plages de Bizerte : de cette € Italie Mineure > il reste l'archipel d'Hyères, la Corse, la Sardaigne, toutes îles dont les roches ont le même âge, et la même essence que les Maures.

118000 hectares, c'est tout le lot du massif, qu'isole des monts de Toulon, de Brignoles, de Draguignan, la baissière où coulent, sur un versant, le fleuve Gapeau et son affluent le

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