mètres, 130 000 hectares
PBKMiBR Monts Intérieurs,
ses rochers, ses eaux vives, ses débris du moyen âge; elle baigne Brivoj surnommée la Gaillarde : et en eiîet c*est une ville de gaîté, capitale du Bas Limousin, du Limousin chaud et fertile, par opposition au Limousin d'en haut, froid, dur, pastoral, où règne Théritière du nom des Lemovices, Limoges. Elle accroît la Vézère tantôt d*un tiers, tantôt de moitié, la saison en décide, et Ton estime son étiage à 2 850 litres, son volume normal à 7 200. Quant à la Vézère, longue de 192 kilomètres, elle reçoit le tribut de 376 200 hectares et verse à la Dordogne 12 mètres cubes en étiage, 25 mètres cubes en débit coutumier, 1 200, 1 400 en grandes crues ; son module serait de 50 mètres cubes.
Cest à Libourne dans la Dordogne déjà XVI transformée ici en estuaire à marées puissantes,
isLB, que finit la rivière de Périgueux, l'Isle, dont
AUvÈzÈRB TAuvézère et la Dronne partagent la destinée.
ET DBONNE Elle naît de collines de 400 à 450 mètres, à un peu plus de 5 lieues au sud de Limoges. D'abord rouge noirâtre dans les roches anciennes, elle passe dans Toolithe en aval de Jumilhac-le-Grand, puis dans la craie, et dès lors de magnifiques fonts Fépurent et Taugmentent : Glane que Périgueux a renoncé à boire, Gour de Saint- Vincent, qui est un rejaillissement de TAuvézère engouffrée, Toulon de Périgueux, fontaine de TAbîme près Razac, source de la cascade de Sourzac près Mussidan, etc. Elle boit la Loue S noirâtre rivière qui vient de Saint-Yrieix-la-Perche, du pays de la terre à porcelaine, et, après la Loue, FAuvézère ; elle baigne Périgueux, de loin signalée par les cinq coupoles et le clocher byzantin de Saint- Front; après quoi elle coule devant Mussidan, rencontre la Dronne à 1 500 mètres sous Coutras, et, devenue là même rivière à marée, s'achève profondément, vaseusement, dans la Dordogne, creuse et vaseuse. A ce confluent Libourne est la plus grande des bastides, villes bâties dans le Sud-Ouest sur un plan uniforme, au temps de la suzeraineté anglaise. Quarante écluses, à partir de Périgueux, font risle navigable pendant près de 150 kilomètres, mais il n'y a guère de gros bateaux que de Guîtres à Libourne, grâce au soulèvement de la marée.
Des deux grands tributaires de Tlsle, c'est à tort qu'on nomme le premier VAuvézèrej voire la Haute Vézère : ce serait plutôt la Basse Vézère, puisqu'elle a ses origines à presque
l. 48 kilomètres, 28 700 hectares.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. chapitre
deux fois moindre altitude que la Vézëre c essentielle > et coule dans une région bien moins élevée.
Auvézère semble être purement et simplement le même mot que Vézère : lo Vézëre (rarticle limousin étant la) : d*où, par incorporation de l'article, Lovézère, TOvézère, TAuvézère : ainsi se coagulent et se corrompent les noms.
Elle part de monts et plateaux de 500-550 mètres qui se rattachent au Gargan. Née dans la pierre la plus dure, elle a comme destin, quand elle a quitté le Limousin pour le Périgord, de couler sur la pierre la plus lâche et la plus cassée. Au terme de défilés extrêmement sinueux qui, s'approfondissant toujours, ont passé du gneiss au micaschite, puis au schiste cambrien, puis, sur un court espace, au permien, la voici qui change brusquement : de fraîche, sa vallée devient sèche, et pour tout dire, oolithique. Son eau change aussi, de lourde, d'obscure, elle se fait peu à peu plus légère et claire par la vertu de sources telles que celles de Bézan, de Tourtoirac, de Crezen (à Sainte-Eulalie d'Ans), du Blâme, du Chaubier, etc.
A la sortie du bourg de Cubjac TAuvézère, que les débordements de la Lourde colorent en rouge, et celles du Dalon en blanc terreux, se divise en deux bras et, chose rare, le bras de droite est une rivière souterraine, le bras de gauche une eau superficielle.
Le bras de droite entre sous le moulin du Souci, bâti à la bouche d'une caverne, sur la route de Cubjac à Périgueux; les bâtiments cachent la nature du lieu; on voit l'eau passer sous la voûte du moulin, puis on l'entend tomber avec un bruit sourd ; elle ne reparaît plus. C'est la Perte du Souci.
Cette moitié d'Auvézère engouffrée coule mystérieusement sous des collines de 225 mètres vêtues de bois chétifs, et va rejaillir, à une petite lieue au nord-ouest, dans une autre vallée, près d'une autre rivière, par une source ultra-puissante qui ne verse pas moins d'un mètre cube par seconde en sécheresse. Cette fontaine, le Oour de Saint-Vincent, sort entre herbes et roseaux et gagne aussitôt la rive gauche de l'Isle dont elle double presque le volume. Les paysans prétendent qu'un canard emporté par l'Auvézère dans l'obscurité du Souci reparut au Gour de Saint- Vincent avec des couan! couan! joyeux; il avait perdu les plumes du dos, arrachées par le raclement des voûtes. Légende banale et sorte de lieu commun : on en dit autant d'une foule de passages souterrains de Tonde entre un engouffrement et un rejaillissement.
Le bras visible finit à 10 kilomètres en amont de Périgueux, au pied de coteaux blanchâtres. L'Auvézère parcourt 103 kilomètres, soit 5 ou 6 lieues de plus que l'Isle à leur commun
PREMIER Monts Intérieurs.
rendez-vous ; elle draine 93 700 hectares, elle va d'un étiage de 1 800 litres à de belles eaux de 8 mètres cubes.
Presque égale à Tlsle en été, mais deux à trois fois moindre tout le reste de Tannée, la Dronne se mêle à la rivière de Périgueux en aval et près de la ville de Coutras, jusqu'où remonte très faiblement le Ilot de marée. Elle contribue à la puissance, à la gloire de sa rivale, pour 2 mètres cubes en bas étiage, 9 à 16 en plein volume, 300 en grandes crues; le tout après 189 kilomètres de voyage en un pays de 289700 hectares.
Cest une de ces rivières qu'on aime pour la transparence de leur onde et la grâce de leurs rivages; elle a des sites adorables ; on la célèbre au loin dans le Sud-Ouest.
Elle débute à 30 kilomètres au sud-ouest de Limoges, non loin de Chalus et près des sources de la Tardoire, sur un massif de 500 à 550 mètres, plateau pastoral et forestier glacé le matin par la buée des étangs.
Longtemps elle serpente en d'étroites gorges du granit, du gneiss, du micaschiste, gorges vêtues de châtaigniers et de chênes, couloirs sinueux, fonds obscurs n'ayant d'habitants que les meuniers de quelques moulins ; là son humble Niagara est la Cascade du Ch&l&rdy en amont de Saint-Pardoux; puis elle passe au calcaire et à la craie.
Arrivée à Saint-Pardoux, ce n'est qu'un gros ru sombre, entre rouge et noir : rouge sur son sable quand l'eau n'est pas creuse, noir quand elle est profonde, mais dès lors elle devient rivière, sans affluents visibles, sinon quelques ruisselets.
Mémorable exemple de ces courants qui croissent par les sources de fond, de village à village elle augmente : où? l'on ne sait au juste; s'en aperçoit parfois qui s'y plonge en été, et qui, joyeux de la tiédeur des eaux, se sent tout à coup transi par une fontaine sournoise. Au confluent de la Côle ^ augmentée du Bouillidour des Fonts, ce n'est déjà plus le torrent louche, c'est déjà la rivière pure.
Elle passe dans la très gracieuse Brantôme, devant Bourdeilles, dont le donjon est haut et beau et où elle coule par sa rive gauche sous une demi-voûte; puis naissent, à son proche voisinage, les grandes fontaines visibles : le Puits de Fonta >, à l'aval et près de Bourdeilles, le Bouillidour de Creyssac, semblable au Bouillon du Loiret, la font de Lisle ou Douzelle du Bouillidour.
Elle effleure presque Ribérac, reçoit la c divinement » pure Nixonne ' ou Lisonne et s'attarde au pied du rocher de l'am-
1. 50 kUomètres, 30000 hectaros.— 3. 631 litres(?). -- 3. 65 kaomètres, 55000 hectares.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. chapitri
phithéâtrale Anbeierre, craie vive où Ton tailla jadis sous le château fort une église monolithe qui fut jusqu'à ces dernières années sombre cimetière, fidèle image de notre néant : à peine si le jour filtré par la porte et par une lucarne laissait voir des fosses, des croix, des tibias, des crânes et, dans Tabside encore plus sombre, sur un tombeau, les statues d'Hélène Bouchard et de son mari François Desparbès de Lussan, maréchal d'Aubeterre.
Entre Aubeterre et Goutras, la Roche-Chalais contemple de sa colline, au bord de la rivière de cristal, une des vallées le plus intimement belles de TOccident de France.
Quand Tlsle s'amortit dans la Dordogne, elle a cheminé vers le sud-ouest pendant 235 kilomètres, concentré les eaux de 752 500 hectares; on lui attribue 10 mètres cubes enétiage ordinaire, 40 en volume normal, 1 500 en grande crue.
Le principe de la Charente est un ruisseau
xvir des roches limousines, et quand elle quitte ces
TARDOiRE roches c'est encore un ruisseau; cependant les
ET monts < lémoviciens » contribuent à la puissance
BAKDiAT du fleuve par deux courants qui tirent leurs eaux
de ce versant occidental du Massif intérieur : la
Tardoire et le Bandiat.
La Tardoire ' naît des mêmes collines qu'Isle, Dronne et Bandiat, sur un relief de 500 mètres, au sud-ouest de Limoges.
Elle passe près de la tour de Chalus, d'où siffla la flèche qui tua Richard Cœur de Lion et ses eaux sombres courent allègrement au fond des gorges.
Tant qu'elle reste sur le lit dur que lui font les roches du pays natal, elle grandit, surtout par le Trieux, courant du Nontronnais.
Mais dès qu'elle arrive sur les calcaires lâches de TAngoumois, elle filtre sous le sol, imperceptiblement, de çà, de là, sans bruit, sans qu'on voie l'eau s'agiter; les pertes commencent au-dessous de Montbron, et dans les étés fort secs la Tardoire peut finir à Rancogne, ou même au château de la Roche- Berthier; en aval de Rancogne, les fissures ébrèchent en cent lieux le lit, caché par des eaux noires, si bien qu'aucune année, si pluvieuse soit-elle, ne voit la rivière couler pendant les trois cent soixante-cinq jours sous le pont que regarde le superbe