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C*est ca que veut probablement dire le nom de Carlitte

QDATRitei Monts Extérieurs,

sont le reste d'une mer; que cette mer est celle du déluge; et que le second père des humains, Noé débarqua de son arche au Puy de Prigue, à deux lieues au nord-est du Puy de Carlitte (2 810 mètres).

Le premier en grandeur parmi la soixantaine de lacs de ce pierreux plateau, le Lbdoux s'allonge étroitement sur 2500 mètres, à 2150 mètres au-dessus des mers, altitude plus que neigeuse, glaciaire. Il arrive à 84 hectares, avec profondeur moyenne de près de 45 mètres, profondeur maxima de près de 54 : d'où un cube considérable; il pourra donc fournir par décantement, surélevé ou non derrière une digue, un flot constant pour Firrigation de la Cerdagne française vers laquelle il dirige son torrent.

Le Puy de Carlitte ne plane pas seulement cxLvm sur des plateaux, lacs, torrents, défilés naturolle- CBBDAGNB mcut français par leur situation au septentrion FRAN' de la grande chaîne; il règne aussi sur des eaux ÇAISB, mortes et des eaux très vives, sur des gorges, des roches, des plaines naturellement espagnoles, étant situées au midi de la sierra, mais les hasards de la guerre et des traités en ont fait un domaine de France — contre-partie du val d'Aran, qui possède les origines d'un fleuve français, comme la Cerdagne possède celles d'une rivière espagnole.

La Cerdagne, trente-trois villages sur 50000 hectares, nous appartient donc contre nature si l'on ne considère que la plastique du sol et la contrariété des pentes ; mais comme mœurs et langage des habitants, elle ne se différencie point de notre Roussillon.

Des granits, des gneiss, des quartz, de vieux schistes dressés à 2 500-2 921 mètres, l'environnent en rond, escarpements farouches, talus de rude ascension, versants arides : d'où le nom de Montagnes Mauvaises, que leur donnent les Cerdagnols; et le Puigmai, qui commande la conque au sud*est sur la frontière commune aux deux nations, porte un nom conforme; Puigmal, mot catalan, c'est en français : Maupuy.

Dans cette enceinte grandiose, et tristement sévère sauf quelques parures de forêt et l'éclatante draperie des neiges d'automne, d'hiver et printemps, les villages de Cerdagne se sont assis, accrochés ou blottis à des altitudes à demi polaires, jusqu'à plus de 1 500, de 1 (KM) mètres, et le lieu le plus bas de tout le pays, là où la Sègre passe dans la Cerdagne espagnole, se trouve à la hauteur, considérable encore, de 1 130 mètres. De quoi il appert que, malgré son exposition méridionale, la con-

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trée des Cerdagnols français se range parmi les régions de pâture plus que de culture; des chevaux vifs, ardents, endurants y broutent des gazons savoureux, non sans écarter du sabot la neige durant la moitié de Tannée.

La Sègre^ née chez nous, n*est encore qu*un torrent rapide quand elle nous quitte à cinq ou six lieues seulement de son origine par 2 250 mètres au-dessus des mers. Mais chez les Espagnols elle devient une rivière très puissante, à vrai dire extraordinairement capricieuse, tantôt immense, jusqu'à près de 4000 mètres cubes, tantôt fort au-dessous des 34 mètres cubes de son étiage officiel.

Les Cerdagnols ont conservé leur nom antique. Au temps romain ils s'appelaient les Ceretant, et justement il y a sur le versant septentrional de la Pyrénée une ville de Céret, en latin Ceredisium ; ville et nation ont le même radical ; la peuplade possédait ou avait possédé les deux penchants de la sierra : c'est que le Col de la Perche (1 622 mètres), où commence la Cerdagne à toucher la ville forte de Montlouis, offre des facilités rares en montagne pour passer de Thorizon du sud à l'horizon du nord ; il mène sans aucune fatigue sur un talus qui commande immédiatement la Tèt, fleuve du côté français.

Au-dessus du pays des Cerdagnolsle Puigmal (2909 mètres), mont sans harmonie, est le de^ cxux nier pic égal ou supérieur à 2 900 mètres . Après lui, coRBJÈBBS la c serre > entre les deux nations ne monte plus qu'à 2 500 mètres, là où se détache le chaînon du Canigou (2 785 mètres), d'où l'on voit si bien i l'est la Mer Intérieure, au nord les Corbières, qui sont le dernier épanouissement septentrional des Pyrénées, et au midi les Albères, qui en sont le dernier effort oriental.

Les Corbières sont des monts dépouillés, arides, brûlés, fendus en gorges de très vaillante allure, des paysages de pierre vive, d'onde rare et claire, de parois colorées, de soleil éclatant. Elles ont pour pointe extrême un puy sauvage isolé, grandiose autant que mainte cime perdue dans le nuage aux plus hautes altitudes, le Puy de Bugaracb, qui n'a pourtant que 1 231 mètres; il voit tout ce qui se lève ou qui s'abaisse et finit à quarante lieues de distance autour de son pic où passe, à quelques mètres près, le méridien de Paris : c'est donc, à 670 kilomètres d'éloignement vers le sud, hors de la vue de l'homme et du lynx et d'Argus, le Pic du Midi des Métropolitains.

Le site qu on prétend le plus parfaitement beau dans ces montagnes c'est l'ermitage de Suiia-Antoine de Oa/amiis, thé-

QOAnuiiiB Monts Extérieurs.

balde cachée au monde par des rochers lumineux, craie blanche ou dorée au-dessus du grisâtre précipice où gronde FAgly, qui a là sa vraie fontaine, au gouffre de la Dalle.

Ces monts âprement disputés entre la France et TEspagne jnsqu^au jour où la France, devenue maîtresse du Roussillon, aiit la main sur tout ce qui lui revenait de droit, voire saisit dans Toutre-mont la Cerdagne supérieure, qui ne lui revenait point, ces monts n*ont pas d*unité < antérieure > ; ils ne se composent pas d*une seule et même roche : au sud, des craies adossées aux granits de la Pyrénée; au centre, les vieux schistes bruns, gris, noirs, durs, disloqués du Milobre de Massac (908 mètres); au septentrion, des oolithes, des craies qui vont s*abattre sur le val d'Aude par les escarpements du Mont d'Alaric.

Quand le voyageur qui va de Toulouse à Cette a dépassé Garcassonne, il voit à gauche un fleuve, TAude, et à droite, des monticules pierreux, de pâles oliviers courbés par la bise des Pyrénées ou des Cévennes. Au-dessus de ce paysage déjà méditerranéen (si près qu'on soit des herbes mouillées de la Montagne Noire), se dresse une longue et fauve paroi, le Mont d'AIaric (600 mètres). C'est là le dernier bastion des Corbières, mais l'Aude inférieure n'a pas toujours existé : ce qui, du Mont d'AIaric aux monts de Saint-Chinian, est de nos jours vide immense avec air, vents et soleil, fut autrefois un immense bloc, roc, terre et métal; alors les Pyrénées tenaient aux Cévennes, ou plutôt la Corbière adhérait à la Cévenne et au Massif Central de ce qui devait être Gaule, puis France. Derrière ce grand barrage le torrent qui est maintenant l'Aude refluait en lac dans la plaine carcassonnaise, puis courait sans doute vers l'Atlantique : il passait alors soit par la dépression que suit la rigole de la Plaine entre le Sor et le Fresquel, soit par tel ou tel col de ce terreux Lauragais où s'ouvre, par 489 mètres, le passage le plus bas entre l'Océan et la mer Méditerranée.

Les Corbières ont l'Aude de Carcassonne et l'Agly de Rivesaltes pour rivières essentielles.

Ce fleuve * est un parangon d'inconstance.

Son module, supposé de 62 mètres cubes à

CL la seconde, résulte d'un étiage de 5 pauvres

AUDB mètres compensé par des crues de plus de 3 000.

Elle commence dans les roches < premières >,

se continue sur les roches crétacées, ensuite

sur le tertiaire, et s'achève dans les terrains modernes : à ces

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