kilomètres, 608 900 hectares
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. charibb
diverses substances de sa conque elle enlève annuellement 1 700 000 à 1 800 000 mètres cubes de débris.
Elle natt dans une région des Pyrénées où d^admirables sapins vibrent; pas dans la chaîne frontière, et sur un contrefort de 2 377 mètres. Issue du lac d'Aude, qui n'est ni tiède ni gai, non plus que les monts qui Fenvironnent , elle serpente dans le Capsir ou Capcir, fond d'un lac écoulé devenu l'une de nos vallées les plus hautes, avec villages à 1 400,1 500 mètres où les soirées sont froides dès qu'août se rapproche de septembre. Les Capciriens disent : c Nous avons dans l'année huit mois d'hiver et quatre de méchant temps >.
EUe sort du Capcir pour s'engouffrer dans des gorges terribles dont les anciens auraient fait l'entrée du Tartare, en un des cagnons les plus sinistres qui se puissent voir : sous un ciel moins lumineux ce serait un c Styx > effroyable; la roche d'une rive y touchant presque la roche opposée, il n'y a que pierre ici, et dans cette pierre un peu d'eau; point de prés, de bosquets, de champs; pas de hameaux, sinon dans quelque furtif écartement des deux parois.
Dans ce noir couloir, qui parfois se desserre un tantinet, dans ce Déûlé de Carcanièresj se suivent les bains de Carcanières, de la Garrigue, d'Usson, d'Escouloubres, et le bourg d'Axat où l'altitude du torrent n'est même plus de 400 mètres.
Au-dessous d'Axat le Déûlé de Pierre^Lys marque la fin des étroits grandioses; l'Aude coule encore dans des gorges, mais ces gorges ne sont plus un cagnon. Elle passe devant Quillan, Couiza, Alet, Limoux; après quoi, dès son arrivé dans la plaine très ample d'entre Corbières au midi, Montagne Noire au nord, le c torrent des fissures > s'étale désormais sur de larges graviers. Il sépare Carcassonne de son faubourg de la Cité, legs merveilleux du moyen âge, dédale de ruelles tournantes sur une colline ardue, entre les deux murs et les cinquante tours d'une enceinte qui protège un donjon et que ce donjon protège.
Jusque-là l'Aude coule au nord; les Corbières, contenant sa rive droite, l'empêchent d'incliner à l'orient vers la Méditerranée voisine, et longtemps elle semble destinée à grandir la (jaronne par l'entremise de TAgout et du Tarn, car sa haute vallée la dirige vers Castres. Mais après Carcassonne les Corbières se cassent et finissent ; le vieil Atax fléchit vers l'est, lui qui tournait sans doute à l'ouest quand les Pyrénées tenaient aux Cévennes : alors le bassin de Carcassonne était un lac ayant son issue vers l'Atlantique par l'un quelconque des cols du Lauragais, probablement par celui de Naurouze. Où fut ce lac descendent côte à côte le Fresquel, tributaire de l'Aude, et le canal du Midi.
QUATRiÈia Monta Extérieurs.
En même temps qu'il passe du nord à Test, le fleuve quitte la zone sans oliviers pour la zone où Tolivier est Tarbre roi. Il longe le pied du Mont d'Alaric et tantôt boit les déluges que lui amènent les torrents de la Montagne Noire et des Corbières, tantôt ne reçoit rien d'eux, ou quelques gouttes à peine, la terre aidée du soleil ayant humé Teau des sources. De ces torrents les plus grands, non les moins excessifs, sont VOrhieu *, fils des Corbières, et la Gesse, fille de la Montagne Noire.
En aval et près du confluent de la Cesse, TAude se divise.
La branche de gauche, le vrai fleuve, va se perdre en mer au grau de Vendres par deux bras, dont l'un presque mort.
Vendres, c'est le latin Venerts; il y avait ici, sur le bord même de la Méditerranée, quand les alluvions n'avaient pas rempli le golfe narbonnais, un temple de Vénus dont on voit quelques vestiges au bord de l'étang de Vendres. Un autre reste de la mer qui flottait au nord comme au sud de Narbonne entre Corbières et Cévennes, c'est, au nord de Coursan, l'étang de Capestang, en partie desséché, qui même aurait tout à fait disparu si telles crues de l'Aude ne le ravivaient.
La branche de droite, la Rouhine de NarbouDe emprunte en moyenne à l'Aude 7 mètres cubes par seconde. N'ayant que i mètre 10 de fond, elle n'amène à la riche Narbonne que des bateaux de 80 tonnes, puis elle descend au misérable port de la Nouvelle, à l'embouchure de l'étang de Sigean.
Les Romains ayant barré le fleuve à Sailèles par une digue, il coulait tout entier vers Narbonne, et de cette ville au golfe qu'il a fini par effacer de la mer; mais une crue emporta le mur en 1320, et l'Aude marcha désormais droit à la Méditerranée. Narbonne alors, près des lagunes, loin du cours des eaux vives, devint si fiévreuse que les Narbonnais méditèrent un moment d'aller s'installer à Leucate; le comblement des étangs, le tassement des terres, la culture du sol, les rangs de vignes plantureuses lui ont rendu la salubrité, mais son commerce maritime est mort.
A tort nomme-t-on quelquefois Gly le fleuve
de VAglYf torrent des moins ordonnés dont le
eu bassin est pour la plus grande part crayeux,
AGLT pour la moindre part granitique; le plus vieux
document, antérieur à l'an mille, l'appelle Flu-
men Aquilinum, la rivière de l'Aigle.
Il natt du Puy de Bugarach, dans des schistes secs, cassés
en plus de rocs inaccessibles, foudroyés par le tonnerre, qu'il