kilomètres, 57843 hectares
Diuxiim Petits MontSy Bas Plateaux, Plaines.
Vimeu, à Tabri d'une digue naturelle de galets poussés par la mer en avant de ce plateau.
A rinstar du Marquenterre, des canaux exondent ce palus qui, de terre imbibée, est devenu grftce à eux terre molle ou, pour parler comme ici, une moUière.
Vauban voulait faire au fleuve de Somme une embouchure normale en eau profonde; il F aurait versé tout entier, à Saint- Valéry, dans un canal suivant le bas de la falaise, au pied du Vimeu, à la lisière interne des Bas-Champs; ce canal devait atteindre la mer auprès du bourg d'Ault.
Maint ingénieur a pensé à ce canal facile : mais comment lui faire un port sûr, commode, et surtout durable, sur un rivage encombré par la procession des galets, marche étemelle, vers le nord-est, de la falaise normande éternellement sapée?
A la contre-pente des plateaux artésiens et picards, c'est-à-dire au sud d'Escaut, de Somme, xviri les eaux s'inclinent vers l'Oise, affluent delà Seine. oiss Cette rivière du penchant méridional d'Artois
et de Picardie, l'Oise, belge à sa source, ardennaise en son haut pays, est presque parisienne à son embouchure à 23 kilomètres sous Lutèce, par 15 mètres d'altitude. Si par bonne fortune elle avait eu son terme dans la banlieue d'amont de Paris, au lieu de la banlieue d'aval, les quais de la c cité mère > auraient pressé une Seine plus puissante de 30 mètres cubes en étiage, de 55 en portée ordinaire, de 650 en grande expansion : volumes que confèrent à l'Oise un bassin de 1667680 hectares, une longueur d'au delà de 300 kilomètres, qui serait de 400 si l'on prenait l'Aisne pour branche initiale (ce qu'elle est en effet), de 420 si l'Aire avait le rang et les honneurs de reine mère.
N'étaient vieux livres, chartes, pouillés des abbayes, qui se douterait que l'Oise a le même nom que l'Isère? Tel est pourtant le cas : le torrent schisteux qui roule vers le Rhône à travers Savoie et Dauphiné, l'Isère, a conservé le r d7sara; la claire et tranquille rivière de la Thiérache et du Valois l'a perdu.
Son voyage, conforme à celui des grands cours d'eau du bassin de Paris, la mène successivement de l'antique roche aux jeunes terrains, des schistes anciens aux alluvions quaternaires par lias, oolithe, assises crétacées, dépôts tertiaires.
Elle part de la province wallonne de Namur, en Belgique, dans de vastes forêts, au sud-est de la ville de Chimay, par un peu plus de 300 mètres au*dessus des mers.
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cRAnTu
Froide, souvent même glaciale, du fait de ses roches plutôt que de son altitude, de sa latitude, est la contrée de ses premières heures de balbutiement, plan de 350 mètres de surrection terminant à l'ouest le plateau des Ardennes, qui, lui aussi, est humide et froid sur ses argiles boueuses autour des étangs de la forêt sombre. Après 12 ou 15 kilomètres, petit m qu'économisent des étangs dont le déservoir anime des forges, elle quitte la Belgique pour la terre de France, pour la Tbiérache, l'antique T/ieorascia.
Celle-ci, coteaux et surtout plateaux de tertiaire éocène, d'oolithe, et bien plus encore de craie, s'étend presque partout au-dessus de 100, 150 mètres, rarement au-dessus de 200. Elle conserve de magnifiques restes de la quasi indiscontînue forêt qui voila sa carcasse : telles les sylves de Saint-Michel, du Nouvion, de Wassigny ; mais en dehors de ces parures de chênes, de hêtres, de sapins, d'arbres à feuillage caduc ou à brindilles aiguës, grande est la nudité de certains cantons, grande aussi leur sécheresse, commune la disparition d'anciens rus, et point rare le déplacement des fontaines à des niveaux beaucoup plus bas, à des distances de parfois plusieurs lieues.
L'Oise descend très vite, et ne tarde guère à couler aux basses altitudes, dans des prées très mouillées; elle est à moins de 50 mètres dès le confluent de la Serre, qui est au vrai, de par la constance des sources de sa conque crayeuse et de par la supériorité de ses 185000 hectares sur les 120000 de l'Oise d'en haut, la rivière prépondérante pendant une grande partie du décours de l'année. La Serre, longue de 28 lieues, avec 2 500 à 6 650 litres de portée, toutes crues à part, passe devant Marie, qu'entoure le Mariais, et devant Crécy ; elle s'accrott du Vilpion *, qui vient du pays de Vervins, et de la Souche* marécageuse, prise presque dès sa source, à Sissonne, par un canal à lignes inflexibles auquel d'autres canaux de dessèchement versent une eau palustre; puis, unie en un seul courant, tandis que l'Oise est divisée en plusieurs larges ruisseaux dans de très vastes prairies, elle confond sa destinée, près de la Fère, avec le destin de la compagne arrivée d'un coin de la Belgique.
Donc, unie à la Serre, à dots égales, ou il ne s'en faut guère, elle se fait extrêmement sinueuse, par petits replis, dans une vaUée encore plus mouillée qu'en amont, et même par endroits marécageuse : c'est pourquoi les bourgs ne bordent pas la rivière, on les a bfttis sur le talus, point élevé d'ailleurs.
1. 46 423 mètres, 31 000 hectares, 3384 litres. — 3. 36550 mètres, .37 115 heetares, 1 860 litres.
DiuxiBMB Petits MontSy Bas Plateaux^ Plaines.
Elle serpente devant Chauny et, accompagnée d'un canal latéral, s*empare de V Ailette^ assez pauvre riviérette de 63 kilomètres en 60000 hectares: mais cette Ailette ou Lette a pour gloire de couler dans le vallon que commande Coucy, la voisine de l'ample et pittoresque sylve que composent ensemble la Haute Forêt de Coucy, la forêt de Saint-Gobain, la Basse Forêt de Coucy, reste des antiques, des immenses bois de Voése ou Vosage : et Coucy c'est la latinisation du gaulois coa/, la forêt.
Coucy, c'est la ville des Enguerrandsqui disaient : c Ne suis ne roi, ne prince, ne duc, ne comte aussi; je suis le sire de Coucy >. De ces seigneurs puissants en France, le plus redoutable, celui qui pouvait détrôner saint Louis enfant et qui ne le fit point, bfttit sur un promontoire de l'Ailette un château dont il reste des murs, des tours et un donjon qui n'a point de rivaux au monde : haut de 55 mètres, avec plus de 30 mètres de diamètre et des murailles de 7 à 8 mètres d'épaisseur, le donjon de Coucy, fait de 1225 à 1230, est un de ces monuments dont on dit qu'ils sont bâtis pour réternité; contemporain des cathédrales, il témoigne avec elles pour la gloire de nos ancêtres.
Dans le même pays que Coucy, dans ce bassin de l'Ailette, une de ces vieilles basiliques signalerait de loin une ville < historique ou monumentale », si cette cité, jadis guerrière, hui paisible, Laon ne s'imposait d'elle-même aux regards par son site à hauteur de domination, à 100 mètres au-dessus du val de l'Ardon; son fier coteau, nommé c mont », fut longtemps avant l'histoire un refuge, une forteresse commandant des forêts mouillées et les marais de la Souche et de la Serre.
Devant les coteaux de la forêt de Compiègne, à une demilieue en amont de la ville homonyme, TOise rencontre l'Aisne au pied du Mont Oanelon (152 mètres), qui est l'une des cimes où Terrante légende place le supplice du mauvais traître exécuté par l'ordre du grand empereur Charlemagne. Plus sûr est-il que cette colline fut un oppidum de nos ancêtres antéromains.
De ces deux courants, celui qui garde le nom, l'Oise est le plus faible de par ses 200 kilomètres seulement contre 300, et du fait de 500000 hectares contre 778230; mais l'Oise entraîne l'Aisne avec elle vers le sud-ouest : la plus forte cède à la plus faible, qui coule dans l'axe général du bassin.
La Forêt de Compiègne^ que l'Oise longe ensuite de près par sa rive gauche, occupe autour du splendide château de Pierrefonds (1393-1406), trop restauré de nos jours, 14 441 hec-
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cHAPim
tares où les hêtres, les chênes, les charmes se rangent sur 1 350 kilomètres d'avenues et d'allées, mur vivant, bruissant, ondoyant, frémissant dont chaque renouveau paré de feuilles lève plus haut le glorieux fatte.
Ce coin du vieux pays gaulois est parmi ceux où la main profane a le moins profané; beaucoup de grands bois y sont debout, qui tiendraient les uns aux autres sans les lacunes de quelques clairières.
Au septentrion la forêt de Compiègne se continue sur Fautre rive de l'Aisne par les 3 865 hectares de la forêt de Laigue, enracinée sur le calcaire; à Test de la sylve où l'on admire Pierrefonds, tant d'arbres superbes, des ravins, de grands étangs (et presque en contiguïté avec elle), la Foréi de Villera-Cotterets couvre 12 500 hectares : donc, elle aussi, Tune des plus étendues de France. Par delà le val de l'Automne à la rive gauche de l'Oise, la forêt d'Halatte réclame 4 990 hectares, de Pont-Saint-Maxence à Senlis; et par delà le val de la Nonette la Forêt de CbAniilly revendique avec ses annexes 7 122 hectares ayant à leur lisière du nord, et au bord de cette même Nonette, un de nos plus immenses châteaux modernes; enfin, à l'orient des bois de Chantilly, ceux d'Ermenonville (2 973 hectares) cachent des lacs, des roches, des déserts de sable admirés des Parisiens, soit spontanément, soit sur la foi des guides.
Automne et Nonette, deux afQuents de gauche de l'Oise, coulent sur le plateau du Valois où ondulent, à 100-200 mètres d'altitude, les halliers, bois et bruyères de Villers-Cotterets, d'Ermenonville, de Chantilly, d'Halatte, et d'autres encore. Le Valois fut un des pays essentiels de la < province parisienne >, et par cela même un de ceux qui modelèrent la France.
L'Automne a peu de rivales pour la presque immuabilité des fontaines; ses grandes crues triplent à peine son débit normal et ne quadruplent pas son étiage; jusqu'à ses c fureurs » tout est paisible en elle : 32 kilomètres, 30 000 hectares, crues de 6 mètres cubes, eaux ordinaires de 2, étiage de 1 600 litres, c'est ainsi qu' c elle se poursuit et comporte >.
La Nonette ne se poursuit pas et ne se comporte point autrement : non moins tranquille, constante et charmante, cette riviérette de Senlis et de Chantilly n'a jamais ou presque jamais descendu au-dessous de 700 litres ; son étiage habituel est de 1 000, son courant normal de 1 500, ses grandissimes expansions de 6 000 ; elle s'amuse à tourner et virer pendant 10 lieues dans un pays de 35 100 hectares.
Petits Monts, Bas Plateaux, Plaines.
Entre Automne et Nooette aboutissent & 1r rive contraire, celle de droite, la Brèche, fille des plateaux de Breteuil, et le Théraio, fils du pays de Bray et de ces mêmes plateaux; la première débouche en aroont de Creîl, ville d'industrie, nœud de chemins de Ter, et la seconde en aval.
La BrAcbe ' de Clermont d'Oise et de Liancourt est forte en sa faiblesse : ses 54 000 hectares seulement la favorisent de 2 900 litres, avec maigres de 1 500, minimum absolu de 600.
Le Tbér&in * est la riviérette de Beauvais, de Mouy, de Hontataire; souvent répandu sur ses prairies, il varie entre 2 000 litres de bassesse extrême et 11 000 d'expansion c furibonde », avec moyeune couturoiëre de * 800 : encore une bienfaisante et bienveillante rivière, dernière grande pourvoyeuse de l'Oise.
Et l'Oise, tirant à sa fm, va couler devant Pontoise, ville d'agréable séjour et de charmants environs, qui fut quelque chose quand l'Ile de France était presque tout le royaume très chrétien, et qui n'est plus rien depuis que Paris est Paris.