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Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. chapitbi

montagne, qu'elle s'avance vers le Cher : le pont du chemin de fer de Montluçon à Eygurande Vy domine de 92 mètres.

VAnmance ^ assemble de longs rus dispersés en éventail dans le pays que traverse, à partir de Commsntry, cité de houille et d'industrie, le sinueux chemin de fer de Montluçon à Moulins; elle aussi serpente au fond de gorges encaissées, ea amont et en aval d'Hérisson.

VYèvre* prouve l'éclatante supériorité des rivières de sources sur les torrents nés des soudains orages : quand le soleil a longtemps dardé sur la France centrale, son étiage de 3 600 litres égale ou dépasse celui du Cher, et l'on peut imaginer telle sécheresse c séculaire » qui tarirait tout à fait la rivière de Montluçon et de Saint-Amand, quand celle de Bourges roulerait encore un flot d'eau vive; or le Cher est long, dans un grand bassin, l'Yèvre courte, en une conque bien moindre. Elle longe le Camp d'Avord, grand champ de manœuvres ; elle frôle en des prés humides, entre jardins maraîchers, à l'ombre des peupliers, le pied de la colline où règne la majestueuse cathédrale de la ville des c rois du monde » ; c'est probablement là ce que voulait dire le nom des Bituriges, dont Bourges est devenue l'héritière : là elle se mêle à la riviérette de Dun-le-Roi, à l'Aiiron', près de deux fois plus long qu'elle, mais moindre de volume. Elle meurt à Vierzon.

VArnoD *, qui finit par rouler 4 à 5 mètres à la seconde, part du bastion septentrional du Massif central; il ne baigne que de menues villes, Lignières, Charost, Reuilly; il boit la rivière modérée d'Issoudun, la transparente Tbéols^^ qui ne participe guère à ses crues, mais est pour près de moitié dans son étiage.

Quant à la Sauldre, elle apporte au Cher des eaux alourdies par leur passage en Sologne.

Cette Théols inoffensive, sauf qu'elle s'extra-

xxji vase sur ses prairies, tire ses meilleurs ruis-

CHAMPAGNE scaux de la Champagne Berrichonne^ plaine

BERRi' décrite suffisammment par son seul nom de

CHONNE Champagne, qui évoque à l'esprit un sol nu sur

calcaire ou sur craie. Ici en Champagne de

Berry, c'est l'oolithe, que recouvre une terre blanchâtre où le

1. 58 kilomètros, 100 4-^ hectares. — 3. 61 400 métros, 333 000 hectares. — 3. 84 kilomètres, 87 651 hectares. — 4. 140 kilomètres, 303600 hectares. — 5. 41 kilomètres, T7415 hectares.

TRoisiiiiB Petits Monts, Bas Plateaux, Plaines.

Petit Poucet aurait trouvé par milliards de milliards des cailloux blancs pour traverser la forêt sans s*y perdre : mais de forêts il n'y en eut peut-être jamais, et il n*y en a pas dans la patrie des Champignons, sorte de Beauce de 81 000 hectares sise entre 150 et 200 mètres au-dessus des mers, avec culmen à 223. Elle est traversée par le chemin de fer de Paris à Toulouse entre les villes d*Issoudun et de Châteauroux; de Tune à Vautre le voyageur n*y maudit pas la rapidité du train; rien n*y charme, ni vallons et vallées, ni bois, ni prairies, ni lignes fières à Tun des quatre horizons.

Cette Champagne vaut en uniformité les autres Champagnes de France, mais elle a bon sol, salubrité d'air et moutons très bien laines paissant des herbes sèches, parfois très loin du plus voisin clocher : les bourgs du peuple champignou sont rares, sans hameaux intermédiaires, mais routes et routins passent devant les lourds bâtiments des grands domaines. Au midi la plaine confronte au Boischaut, pays des Boischautins sillonné d'outre en outre par la jolie rivière de l'Indre.

Le Boischaut, autant dire le Bocage du Berry, XXIII c'est le Boschetum, le Bosquet, le Bois; et de fait BOIS- les arbres n'y manquent pas comme en Cham-

CHAUT pagne berrichonne, et des forêts y vibrent aux

vents de la France du Centre; malgré quoi le

pays manque de beauté, non de tristesse, par

trop de landes et brandes, sur une terre où sables et graviers

recouvrent la même substance qu'en Champagne : l'oolithe.

Région médiocrement fertile, elle ne flatte pas beaucoup plus que la plaine d'entre Châteauroux et Issoudun, les regards du voyageur d'entre Paris et Toulouse, encore qu'elle cache, de çà de là, de charmants recoins dans les replis de ses sylves, à quelques tournants de rivière, à la rive d'étangs dont les brumes glacent les passants la nuit, sous la lune voilée.

Ces bruyères, ces brouillards, ces bosquets sous l'embrun lacustre, donnent tort à ceux qui, préférant ici le d au t, prétendent que le pays se nomme Boischaud, et non Boischaut; et cela par contraste avec les bois froids qui couvrent au sud et non loin du moyen val de l'Indre les avant-monts < primitifs > du Massif central, au delà des lias du pays de la Châtre.

A vrai dire, il y a Boischaut et Boischaut : si le Boischaut d'en bas, dans l'orbite de Châteauroux, n'a ni grandeur, ni beauté, le Boischaut d'en haut, dans l'orbite de la Châtre, a droit à un modeste renom d'Arcadie ; on y monte et descend de belles collines, on y franchit des ruisseaux vifs, on y passe des riviérettes, on s'y perd dans les bois, on y foule dans la rosée l'herbe des

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prairies : ainsi Ton grarit, dans une campagne agreste, fraîche plutôt que froide, les premiers gradins du Plateau central. Etendu de la sorte jusqu'aux naissants de Tlndre, le Boischaut dépasse 500 000 hectares.

De ces avant-monts de micaschiste procède XXIV V Indre ^ des Boischautins, la rivière qui dort plus

INDRE: qu'elle ne court, la profonde, la paisible, qui ne

FALUNS ravage point sa prairie.

DE SAiNT'MAUR A 30 kilomètres à vol d'aigle au nord-ouest CHAMPAGNE de Moutluçou , elle part d'une fontanelle du TOURANGELLE Mossifde Saint'Miwien (508 mètres), et ne reste

pas longtemps dans les terrains compacts; elle s'en dégage en aval et près de la Chfttre; puis, sans grands détours elle cherche le nord-ouest, en Boischaut entre Champagne à droite, Brenne à gauche, par Ardentes, Châteauroux, Buzançais, Chàtillon, Loches où déjà elle est tourangelle.

Bijou rare, cette Loches qui grimpe ici le coteau de l'Indre. Le vieux Loches escalade un rocher tendre où les gens d'un faubourg se sont creusé des chambres, des caves dans le tuf; l'ami des pierres qui ont une beauté, des murailles qui ont une histoire, le visite avec ferveur.

Sur cette pente il y a murs d'enceinte et portes fortifiées; hôtels de la Renaissance; palais où des rois habitèrent, du c Victorieux » jusqu'au k Père du peuple », quand la Touraine était c française > plus que l'Ile-de-France ; chftteau fort de plus de 2 000 mètres d'ellipse, avec énorme donjon carré de 40 mètres de hauteur et donjon rond où Louis XI avait des < cages » pour € oiseaux politiques » ; partout des tours, tourelles, clochetons de la Renaissance ; et, d'un ftge plus vénérable que tous ces édifices militaires ou civils, l'église romane de Saint-Ours dont on a dit qu'elle est « unique au monde et d'une étrange et sauvage beauté ». En aval de Loches Tlndre serpente entre deux plateaux bas : à gauche monte le talus du socle de Sainte-Maure, à droite celui de la Champagne Tourangelle.

Le Plateau de Sainte^Maure ou plateau des Falunières, c'est, de 100 à 150 mètres, un dos plat entre l'Indre au nord, la Creuse, puis la Vienne au sud, un peu à l'ouest et beaucoup à l'est du chemin de fer de Paris à Bordeaux dans son trajet de Tours à Chàtellerault. Plateau de Sainte-Maure d'après sa maîtresse ville; plateau des Falunières en vertu des 25 000 hectares de faluns ou coquilles marines répandues en saupoudrement de

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