‹ Le plus beau royaume sous le cielChapitre 84 sur 129 · kUomètres · texte numérisé non relu

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TsoisiiiiB Petits Monts, Bas Plateaux, Plaines.

5 à 25 centimètres d'épaisseur sur les silices et les argiles éocènes d'un plan de près de tO lieues d'orient en occident, sur 5 à 8 du nord au midi. Plus triste encore à traverser que la Champagne de Berry, il est plus blanchâtre qu'elle par sa < neige » de coquilles, et plus sec encore, plus stérile avec presque égale nudité, tout au moins dans la zone des faluns. Il se prolonge à l'ouest entre Indre et Vienne par les Landes du Ruchard, devenues camp d'armée avec école de tir; et ces Landes tombent en promontoire sur le Véron, campagne merveilleusement plantureuse qui s'allonge en pointe entre la Loire et la Vienne au-dessus de leur commun confluent.

Sur un espace de plus de 50 kilomètres de l'est à l'ouest avec 8 à 15 seulement du nord au midi la Champagne Tourangelle ou Champeigne interpose son plateau de 100 à 125 mètres d'altitude entre le Cher au nord, l'Indre au sud, et, en amont de rindre, son affluent l'Indrois. Le chemin de fer de Paris à Bordeaux la coupe au plus étroit, entre Tours et Montbazon, station précédée par le viaduc de 21 mètres de haut, de 751 mètres de long, en 59 arches, où ladite ligne franchit le val de l'Indre. Point variée, des sables, des argiles, des pierres meulières du tertiaire éocène y revêtent un sous-sol de craie tuffeau.

Ainsi rindre frôle deux Champagnes. Après avoir embrassé l'île que pare le joli chûteau d'Azay-le-Rideau , bâti sous François I^'', elle aboutit à la rive gauche de la Loire, par environ 30 mètres au bout d'une lente promenade, en un pays de 364 200 hectares. Ses grandes crues dépassent peu 300 mètres cubes et elle roule en moyenne 16 mètres à la seconde, avec étiage de 5 à 6.

Entre l'Indre au septentrion et la Creuse

XXV au midi la Brenne, que rien d'éminent ne sépare

BRENNB du Boischaut, lui ressemble comme sous-sol

ET d'oolithe et sol d'argiles éocènes bariolées à peu

CLAisE près pareilles aux argiles miocènes de la Sologne :

d'où maints rapports intimes entre l'aspect de ces

deux plaines fort inégales en aire, la Brenne, dite aussi Sologne

de Berry, n'ayant pas beaucoup plus de 100000 hectares, soit

du cinquième au quart de la Sologne solognote.

Ici comme entre Cher et Loire à 50 ou 60 kilomètres au nord-nord-est, l'argile de surface ne vaut guère, non plus que le sable; aucune fertilité naturelle; et, par malheur, le sous-sol est une sorte de carapace imperméable.

Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbakom

Cette étanchéité du dessous a suscité sur le plateau, qui a 100 à 173 mètres d*altitude, une infinité d*étangs parfois rassemblés en sortes de grands lacs interrompus par des passages de route, des rideaux d'arbres, des levées de terre.

Çà et là des buttes arrondies ou pointues, la plupart boisées, dominent ces c mers mortes > dont la plus célèbre, longue de 2 500 mètres, Tétang de la Mer Rouge, entoure Fflot de la chapelle de Notre-Dame, ou de Bonne Dame, très vénérée parmi les Brennous : ce sanctuaire attire jusqu'à trois mille pèlerins par an.

La Brenne eut 8 000 hectares d'eau stagnante, moins du crime de la nature, que par la malfaisance de l'homme.

Il parait qu'une longue et large sylve ombrageait la contrée aux temps antiques et que les pullulantes racines de la forêt, appelant l'eau en sève, suffisaient à débarrasser l'argile de son excès d'humidité; puis, les bois ayant été abattus, et le pays devenu malsain par l'immobilité des flaques, on aida la pluie du ciel, la glaise du sol dans leur œuvre néfaste, en barrant les vallons par des bondes ou digues et en retenant en étangs ce qu'il était possible d'épancher en onde vive. Ce méfait date du XIII* siècle. Alors d'année en année la Brenne, de plus en plus empoisonnée, devint un séjour maudit, une c ambulance > sédentaire (deux mots qui jurent entre eux), une immense c fiévrerie > où la vie moyenne finit par descendre à vingt-deux ans dans les plus maremmatiques des vingt-trois communes brennouses.

Mais, dans ces dernières décades, l'efTort continu vers un meilleur avenir a rapidement restauré la Brenne, comme ses pareilles la Dombes et la Sologne.

Ce qu'il y reste d'étangs est maintenu scrupuleusement à son niveau normal, sans abandon des rives d'hiver au cours de l'été, donc sans eichalaisons, sans miasmes, sans paludisme; les cuvettes desséchées ont fait place à des prairies, à des champs, des jardins, des vergers et des vignes. La Brenne n'est plus Brenne; pas plus que Dombes n'est Dombes; ou Sologne, Sologne.

Si l'on y chasse moins, à bottes embourbées, le canard sauvage, la poule d'eau et autres volatiles amis des étangs et des marais, si le brouillard s'y coupe encore au couteau, une vie bien plus touffue et bien moins mélancolique anime aujourd'hui la Sologne des Berrichons, qui a pour rivière centrale un afQuent droit de la Creuse, la Glaise ^ indolente. Depuis

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