LE NORD-OUEST
XXXTU. PLATEAUX NORMANDS. Il XXXVUI. ILE DE GRÂCE ; BURE, AVRE, ITON. M XXXIX. PLAINE DE SAJNT-ANDRÉ. il XL. CAMPAGNE DE NEUBOURG. Il XLI. BOUHOIS. Il XLU. LA RILLE. U XLllI. PAYS d'OUCBB. Il XLIV. LIBUTIN. Il XLV. PATS d'AUGE : TOUQUES. Il XLYI. CAMPAGNE DE CAEN : DIVES. il XLVII. LE BES81N : FOSSES DU SOUCI. Il XLVIII. ESTUAIRE DES YBT8. Il XLIX. CAMPAGNES d'ARGENTAN, d'aLENÇON, DU SAOSNOIS, DE CONLIE. II L. BOCAGE NORMAND : ORNE, VIRE. Il LI. COTENTIN. Il LU. BAIE DU MONT SAINT-MICHEL : 8ÊE, 8BLUNE, COUESNON. !l LUI. BOCAGE MANCEAU ; LES C0EVB0N8. Il LIT. MAtENNB, 8ARTBE, MAINE. Il LV. LA RANCB ET SAINT-MALO. Il LYI. MÂNÉ, PLAINE DB LA BRETAGNE INTERIEURE. Il LVU. MONTS DE PAIMPONT, LANDES DE LANTAUX. U LVUI. MONTAGNE D^ARRÉE. Il LIX. MONTAGNES NOIRES. II LX. BRE- TAGNE ET BRETONS. Il LXI. VILAINE. Il LXU. ARGUENON, GOUESSAN, GOUET. Il LXm. TRIEUX, TRÉOUIER, LÉGUER, DOSSEN. Il LXIV. ROSCOFF, ILE DB BATZ, FCC DB LA MANCHE. Il LXV. EN ATLANTIQUE : OUESSANT. Il LXVl. RADE DB BREST : AUNE, ELORN. Il LXVII. PRESQU'lLE DE GROZON; BAIE DE DOUARNBNBZ. Il LXVm. ILE DB SEIN. It LXIX. BAIE d'aUDIBRNB; PENMARCH. Il LXX. ODBT BT LATTA. Il LXXI. ILE DB OROIX. Il LXXU. BLAVET. Il LXXUI. PRESQU'ILE DB QUI- BBROR. Il LXXiy. BELLB-ISLE. Il LXXV. RIVIÈRE d'AURAY; MORBIHAN. Il LXXTl. presqu'île DB RHUI8. Il XXVH. PRESQU'ILE DE GUÉRANDB.
^E la vallée de la Seine basse aux Monts
xxxvii Jj Normands qui, tout normands qu'ils sont,
PLATEAUX appartiennent en réalité aux Monts Armoricains
NOR- dont ils sont la première extumescence orientale,
MiANDs des plateaux se suivent, de Test à Touest, fort
pareils entre eux et faits soit de remblais éocènes
sur soubassement de craie, soit d'oolithe non remblayée : Ile
de Grâce, Plaine de Saint-André, Campagne du Neubourg, Rou-
Le Plus Beau Royaume Sous le Ciel. cbariu
mois, Ouche, Lieuvin, pays d*Auge, Campagne de Caen, Bessin, plaine d* Argentan, Saosnois, Champagne de Conlie.
Entre ces plateaux d'une altitude moyenne de 450 mètres, des rivières s'assemblent en petits ileuves, dans des prées qui seraient dignes de Théocrite si leur soleil était plus illuminant, leur roche plus colorée, comme en ces monts du Midi où la chèvre, ramassant ses quatre pieds sur une aspérité de corniche, broute, la tête en bas, les arbustes du précipice; les gazons normands sont merveilleux de verdure, de saveur, de force, d'expansion ; un sol plastique les entretient en sève et en suc, le ciel leur prodigue ses pluies, et leurs rivières ont toute puissance d'arrosement par la vertu d'admirables fontaines nées de Fenfouissement des eaux du plateau.
L'iie de Or&ce continue et achève au nord-
XXXVIII ouest le pays qui s'appela Madrie et qui s'éten-
iLE DE GRACE; dait entre Seine à Test, Eure à Touest, des bois
EURE, de Rambouillet à la fourche dudit fleuve et de la
AVRE, iTON susnommée rivière ; depuis bientôt deux cents ans
le nom de Madrie a disparu des lèvres du paysan;
celui d'Ile de Grâce désigne le plateau dont les falaises, les
talus tombent sur la rive gauche de la Seine en aval de
Vernon, sur la rive droite de l'Eure en dessous de Pacy. C'est
une fort jolie rivière que l'Eure, ainsi que l'Avre et l'Iton, ses
tributaires.
L'Eure sépare l'Ile de Grâce (à droite) de la plaine de Saint- André (à gauche). Partie des collines du Perche, écornant la Beauce au nord-ouest, elle croît très vite, en aval de ses villes de Chartres, de Maintenon, de Nogent-le-Roi, par la Biaise de Dreux*, courant lucide, par l'Avre, et par des sources de merveilleuse beauté ; telles les Fontaines de Cailly, à quatre lieues au nord-est d'Evreux, à la basse assise de la plaine de Saint- André : abreuvées par les fissures et fendillements de cette plaine qui boit avidement les eaux tombées du ciel, elles sont au nombre de sept, toutes voisines, et d'une constance incroyable, si bien que leur étiage le cède à peine à leur exubérance normale de 1 250 litres par seconde, dont 530 pour la plus forte, 340 pour la seconde, 200 pour la troisième, 150 pour la quatrième.
A une petite distance de ces fontaines, l'Eure boit l'Iton; elle fournit ensuite la force tournante aux usines de Louviers t la drapière », puis s'engloutit dans la Seine en amont du