‹ Le pneumothorax extra-pleural. Sa place au milieu des thérapeutiques actuelles de la tuberculose pulmonaireChapitre 6 sur 35 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L'idée du décollement de la plèvre par voie extra-pleurale est très ancienne. Elle remonte à 1895, date à laquelle TUFFIER signale à la Société de Chirurgie de Paris comment il avait pu réaliser quelques années auparavant le décollement extrapleural partiel de la plèvre au sommet du poumon.

En 1910, dans une monographie consacrée au traitement chirurgical de la Tuberculose pulmonaire, il déclare : « Dans les cas de plèvre symphysée, nous employons la méthode suivante : la plèvre reconnue adhérente, nous pratiquons le décollement pieuro-parietal dans toute l'étendue des lésions faciles à reconnaître par leur induration. Dès que ce décollement est

pratiqué, le poumon se rétracte dans toute la région décollée

et un Pneumothorax Extra-pleural est constitué. Les intercostaux sont recousus et la plaie fermée sans drainage. Les jours suivants, la radiographie permet de suivre la marche de ce Pneumothorax et de remplacer par ponction l’air par l'azote, aussi souvent qu’il est nécessaire ».

Mais l’affaissement ainsi obtenu ne durait pas, la réexpansion du poumon se produisait et TUFFIER pensa maintenir le comblement par « greffes de la cavité ». Le Pneumothorax se résorbait, écrit-il, et j'eus beau l’entretenir par des injections d'azote, les résultats ne me parurent pas suffisants ».' Cette

. amélioration dans le mode d’entretien ne donna pas de plus

heureux effets. 11 y eut des infections et le pourcentage de déchets fut élevé.

En 1913, BAER remplaca la greffe graisseuse par la paraffine et ainsi naquit l’apicolyse avec plombage paraffiné. Pendant longtemps, cette nouvelle technique connut une grande

vogue et fut surtout employée en Europe centrale. On ne “tard |

pas à reconnaître ses inconvénients. Le corps étranger intro-

duit dans la cavité extra-pleurale, était mal supporté, s'éliminait plus ou moins rapidement ou s 'infiltrait même vers le dia-

phragme.

Le plombage quoique encore employé perdait progressive nent ses adeptes, quand en 1936, SCHMIDT et GRAF réalisèrent les premiers décollements entretenus uniquement de insufflations d'air.

En France, c’est à LE FOYER, que revient S mérite d’avoir créé le premier Pneumothorax extra-pleural chirurgical, d’en

avoir précisé et perfectionné la technique et d’avoir défendu opi-

niâtrement les mérites de la méthode.

Encore à l’heure actuelle les avis demeurent différents sur

l'efficacité de ce mode de traitement et varient avec les auteurs.

En Amérique, les dernires statistiques publiées dans l'American Revue of Tuberculosis, ne sont pas encore très optimistes et les auteurs écrivent que la thoracoplastie est une méthode supérieure à l’extra-pleural, très préférable lorsqu'elle peut être pratiquée. Les auteurs américains conseillent de n’em-

ployer le Pneumothorax Extra-pleural uniquement dans le cas . où la thoracoplastie n’est pas faisable. C’est donc pour eux

une opération réservée à un petit nombre de cas. D'ailleurs en 1942, CHURCHILL avait écrit un article dans lequel il avait déclaré que l'opération n'était pas chirurgicale et devait être abandonnée. Aussi, outre-atlantique, les partisans de cette méthode sont-ils très peu nombreux.

Si les Américains sont contre la méthode, en France les avis restent très partagés. C’est M. ROLLAND qui, en 1940, écrit : « L'évolution habituelle des Pneumothorax extra-pleuraux est dans la règle, grevée de complications multiples. ». Pour cet auteur, le Pneumothorax extra-pleural ne doit plus vivre que des contre-indications de la Thoracoplastie partielle.

Pour M. Bernard GAUTIER, il existe des cas assez rares où le Pneumothorax extra-pleural, est la seule intervention qui puisse être envisagée; il s’agit alors d'indications de sauvetage; ce sont les formes évolutives de la Tuberculose. Les résultats

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