‹ Le pneumothorax spontané après la cinquantaineChapitre 26 sur 49 · AUS · texte numérisé non relu

AUS

faut pas confondre un épanchement gazeux intra-pleural avec une cavité aérienne du poumon.

Cliniquement, rien ne permet de s'orienter vers un diagnostic plutôt que vers l’autre.

Le kyste ballon donne :

—— mêmes {roubles fonctionnels; — mêmes signes physiques.

Radiologiquement, on pourrait, selon Pruvosr (thèse de COLETSOS) s'appuyer sur un certain nombre d'indices. Nous ne les rapportons pas, car ils sont trop imprécis (AMEUILLE). Relenons seulement les arguments qui nous semblent les plus solides.

À la transparence anormale d’un hémithorax s’oppose, dans le pneumothorax, l’image condensée du moignon pulmonaire tassé contre le médiastin. Dans, le kyste pulmonaire, l’ombre de moignon ne se voit pas. Cet argument n’est pas définitif, car l’ombre du moignon pulmonaire manque dans le pneumothorax lorsque l'épanchement gazeux a fortement refoulé le moignon derrière le médiastin.

Plus importante serait l’existence de quelques signes particuliers au kyste :

— Constatation dune moindre transparence à l’extrême sommet et à la base, avec conservation en ces zones de la trame pulmonaire visible.

— Surtout existence aux parties supérieure et inférieure, de la clarté thoracique, d’une mince opacité en arc de cercle figurant les contours supérieur et inférieur de la poche aérienne. Tous ces signes sont d’interprétation malaisée.

L'étude même des pressions manométriques n’ap-

porte pas une grande clarté dans le débat; d’ailleurs. l'introduction d’une aiguille dans une cavité kystique n’est pas exempte de dangers, ainsi que l’ont montré certaines Communications. |

Il existe un seul moyen d’affermir le diagnostic : pouvoir injecter de l'air entre les deux feuillets pleuraux. S'il s’agit d’un kyste pulmonaire, on voit alors son contour opaque se dessiner nettement sur la clarté nouvelle de Pair intra-pleural : la clarté hémithoracique est en quelque sorte divisée en deux segments par l’ombre du kyste comprimé.

La question est encore embrouillée du fait qu’un kyste aérien peut lui-même se perforer et donner naissance à un pneumothorax spontané...

En conclusion, devant un aspect radiologique de pneumothorax spontané, insidieusement apparu, il faut toujours discuter le kyste géant du poumon. Ce dernier, tout comme un pneumothorax spontané, est susceptible de déterminer une gêne respiratoire progressive coupée d'accès paroxystiques.

— Tableau fohctionnel; Séméiologie physique;

— Aspect radiologique sont presque superposables dans les deux cas. Ajoutons que la discussion est encore plus légitime devant un pneumothorax chronique persistant depuis des années sans liquide et sans modification de l’image radiologique.

ETIOLOGIE

Sexe : Il nous a paru que le pneumothorax spontané se rencontrait plus fréquemment chez l’homme âgé que chez la femme.

Côté : Le pneumothorax droit semble plus fréqueni que le gauche. Quant au pneumothorax double, nous n’en connaissons qu’une seule observation, celle de RÉCAMIER, rapportée par LAËNNEC.

Nous n’avons, certes, pas la prétention d’épuiser dans sa totalité le problème étiologique du pneumothorax spontané après la cinquantaine. Beaucoup de faits ont sans doute été observés qui n’ont pas été publiés. Aussi, nous en tiendrons-nous à un petit nombre de cas précis, les nôtres et ceux que nous avons rapportés au chapitre de l’Historique.

Nous fondant sur ces observations et sur elles seules, nous pouvons avancer que le pneumothorax spontanc survient chez le sujet âgé dans les circonstances suivantes :

1° Au cours de la tuberculose pulmonaire a) nettement évolutive, b) ou bien latente, faiblement évolutive; 2° Au cours des scléroses pulmonaires variées, en particulier a) ies pneumokonioses, b) l’emphysème généralisé et l'asthme (sous réserves) ;

3° Sans cause apparente. Mais ce pneumothorax idiopathique du vieux a pour origine :

a) soit la rupture d’une bulle sous-pleurale d’emphvsème localisé,

b) soit la rupture d’un kyste aérien du poumon.

Page 1