‹ Le pneumothorax spontané après la cinquantaineChapitre 9 sur 49 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

M. Lec.. Gustave, 74 ans, tourneur, attendait depuis avril 1940 dans une salle de l'Hôtel-Dieu qu’on lui accordât une place dans une maison de retraite; il avait été hospitalisé pour un petit accident pulmonaire avec asthénie, toux et expectoration muco-purulente, sans fièvre. Nous n'avons que deux renseignemegnts précis sur ce qui s’est passé à cette époque :

— un examen bacilloscopique des crachats négatif avec homogénéisation le 10 avril 1940;

— un cliché radiographique du thorax qui montre à la même date un pneumothorax partiel de la base droite et une image pulmonaire droite sensiblement normale. A gauche, on note quelques traînées intercléido-hilaires. H existait une très faible quantité de liquide dans le culde-sac costo-diaphragmatique droit.

Notre malade, considéré comme un vieux chronique, attendait donc son placement lorsque, brusquement, le 27 juillet 1940, il est pris de suffocation. Cette dyspnée soudaine survient sans effort, dans son lit, sans le moindre point de côté et sans élévation thermique. Un cliché radiographique montre, le 29 juillet, que le pneumothorax droit est devenu total; le poumon droit est réduit à un moignon opaque plaqué au médiastin qui n’est pas déplacé.

Le 2 août 1940, un examen des crachats révèle, après homogénéisation, la présence de quelques BK.

Le malade est admis le 6 août salle Saint-Augustin. Là, une première exsufflation, pratiquée le 8 août, calme la dyspnée, On

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soustrait 300 ce. de gaz. La pression pleurale passe de +8--2 à —2-10. En même temps, on administre des tonicardiaques camphre, coramine, digitaline; des calmants : morphine.

Ultérieurement, on doit retirer à nouveau du gaz, le 30 août Pression avant exsufflation : +46.

Pression après exsufflation : -3--12,

Le 14 septembre et le 25 septembre, la pression intra-pleurale demeure fortement négative et l’on s’abstient d’exsuffler.

Le 3 septembre, une seconde homogénéisation a été de nouveau positive.

L'état général est bon. Le poids augmente, la température demeure strictement normale.

En octobre 1940, sans fièvre, se produit un petit épanchement qui augmente très lentement. On voit sa faible ascension à la radioscopie et l'on observe en même temps la réexpansion du moignon pulmonaire.

Le 30 octobre, un cliché fixe l’aspect du poumon presque revenu à la paroi en bas, laissant encore l’apex vide. L’épanchement liquidien, très discret, n’autorise pas la ponction exploratrice. Il se-résorbe rapidement.

Simultanément, le malade reprend du poids et des forces. Plusieurs bacilloscopies sont négatives.

Au début de janv'er 1941, une nouvelle homogénéisalion révèle des B.K. et vient, pour la troisième fois, affirmer la tuberculose pulmonaire. Le cliché du 5 janvier 1941 montre la guérison du pneumothorax qui ne subsiste plus qu’à l’extrème sommet. Absence de liquide. L'image pulmonaire est claire. On ne distingue que de minces trainées et quelques petites images nodulaires.

Voilà donc un pneumothorax spontané partiel qui existait en avril 1940 depuis une date indéterminée chez un vieillard de 74 ans. En juillet, le pneumothorax se généralise brusquement sans effort ni douleur. L’examen des crachats révèle pour la première fois l’existence de BK., sans que l’état général du malade ait été touché. L'épanchement gazeux se résorbe en cinq mois après une réaction liquidienne insignifiante, les bacillostopies deviennent négatives, la tuberculose n’a pas

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