L E POEME
Couvrons du moins de fleurs ces tombes gïorieulês, Arrachons à l’oubli ces ombres vertueufes ;
Vous qui lanciez la foudre, & qu’ont frappé fes coups, Revivez dans nos chants quand vous mourez pour nous.
Eh quel feroit, grand Dieu! le citoyen barbare , Prodigue de cenfure & de louange avare.
Qui peu touché des morts, & jaloux des vivans.
Leur pourroit envier mes pleurs & mon encens 1 Ah! s’il eft parmi nous des cœurs dont l’indolence Inlènfible aux grandeurs, aux pertes de la France, Dédaigne de m’entendre & de m'encourager,
Réveillez -vous, ingrats, Louis eft en danger.
L E feu qui fe déploie , & qui dans Ion paflage S’anime en dévorant l’aliment de la rage.
Les torrens débordez dans l’horreur des hivers.
Le flux impétueux des menaçantes mers,
Ont un cours moins rapide, ont moins de violence Que l’épais bataillon qui contre nous s’avance ,
Qui triomphe en marchant, qui le fer à la main A travers les mourans s’ouvre un large chemin ;
Rien n’a pu l’arrêter, Mars pour lui fe déclare.
Le Roi voit le malheur, le brave & le répare :
Son fils, fon feul efpoir. . . Ah! cher Prince arrêtez.
Où portez-vous ainfi vos pas précipitez !
Conlèrvez cette vie au monde néceflaire.
Louis craint pour fon fils, le fils craint pour fon père;
Nos guerriers tout fimglans frémiflènt pour tous deux. Seul mouvement d’effroi dans ces cœurs généreux.
Vous, qui gardez mon roi, vous, qui vengez la France,