‹ Le poème de la jeunesseChapitre 21 sur 58 · LA SOLITUDE · texte numérisé non relu

LA SOLITUDE

Je t'aime, amie rêveuse, ô douce solitude!

Quand je m'assieds le soir dans ma chambre fermée,

Tu poses un rayon sur mes livres d'étude.

Tu fleuris d'un regard le portrait de l'aimée.

Si par son souvenir mon cœur reste blessé,

Tu me montres du doigt une pensée nouvelle ;

Tu sais me raconter les choses du passé

En les changeant un peu pour les rendre plus belles.

Comme des doigts de sœur tes doigts parfois m'effleurent; Ta robe est bleue comme une robe d'élégie ; Si l'on me fait du mal ou même si je pleure, Tu souris en disant qu'il faut aimer la vie.

Tu m'apprends chaque soir à faire des poèmes Pour chanter ma maîtresse et l'oublier un peu : Ecrire des chansons avec ce que l'on aime, C'est comme lui sourire en lui disant adieu.

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