‹ Le poème de la jeunesseChapitre 22 sur 58 · CHANSON DU POETE IVRE · texte numérisé non relu

CHANSON DU POETE IVRE

Fermez l'auvent; l'ombre gagne ;

C'est triste et charmant.

Cette terre de Bretagne

Est belle, vraiment...

Vous avez pleuré, peut-être?

Quelles sont ces larmes?

Je ne peux les reconnaître

Parmi tant de larmes...

De ce cœur trop taciturne J'eusse aimé, ce soir,

Mettre les pleurs dans une urne Faite en marbre noir.

11 fait du vent au dehors,

Cette auberge est vieille ;

Un vieux bûcheron est mort..

Une sœur le veille...

Ne disiez-vous pas des choses Qui faisaient aimer?

Sur votre sein ces trois roses N'ont donc pas parlé ?

L'on cause des jours passés, De livres, de gloire...

N'est-ce pas, j'ai raconté De belles histoires?...

Dites? Il pleut, le feu brille, Avez-vous compris?

— Es-tu fou, les jeunes filles N'ont jamais compris...

Êtes- vous mabien-aimée?

Je ne peux savoir.

Voici la porte fermée

Et voici le soir...

Les larmes de tout à l'heure Ont fait un sourire ;

Je m'en vais; toi qui demeures, N'as-tu rien à dire ?...

— Mais si. Bonjour, voyageur.

Les chemins sont noirs ; Prends ta lanterne, des fleurs

Et ton manteau noir...

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