‹ Le poème de la jeunesseChapitre 24 sur 58 · PLUS TARD · texte numérisé non relu

PLUS TARD

Nous nous serons quittés heureux, un soir de pluie.

Et comme pour un jour tu m'auras dit adieu.

Ce sera pour demain et pour toute la vie...

Que le ciel sera beau lorsque nous serons vieux !

Ainsi donc j'aurai cru ces choses éternelles. — C'est la porte qui pleure et le feu qui s'éteint, Puis je serai parti vers un pays lointain Et tu regarderas les étoiles nouvelles.

Ce sera le jardin près de la maison rose. Tes traits seront plus purs entre tes cheveux blancs ; Tu marcheras, le soir, parmi les lauriers-roses; Tes années chanteront dans les souffles du vent.

Tu souriras, songeant à ta belle jeunesse : Or, tu portais une toilette bleu de ciel, Le monde était en fête et ton âme était claire Et des voitures t'emportaient dans le soleil.

— Moi, pourtant, j'aurai vu des fleurs et des villages, J'aurai marché dans les forêts pour t'oublier; j'aurai parlé de toi dans des vallées étranges A de vieux bûcherons près d'un humble foyer.

Je serai devenu un vieillard doux et pauvre A force de dormir sur la terre des champs ; J'écrirai des chansons simples pour les enfants Et j'aimerai surtout à marcher sur les routes.

JE T*ADIE 149

'on image en mon cœur lentement sera morte,

u ne songeras plus à l'enfant qui t'aimait...

- Puis, une fois, je passerai près de ta porte,

ar les serments d'amour sont plus forts que nos chairs. . .

It peut-être qu'alors, en voyant ma vieillesse rers l'inconnu du soir doucement cheminer, 'u pleureras enfin ces larmes de tendresse )ue jamais de tes yeux je n'avais vu tomber.

"u donneras au bon vieillard des roses fraîches, lans savoir qu'autrefois tu le fis tant souffrir ; Ion cœur trop las ne saura pas te reconnaître \t mon salut sera triste jusqu'à mourir.

e te dirai : « Madame, avant que je ne meure, e vous apporterai des fleurs de la prairie... » Lt, ne t' ayant jamais pardonné ma douleur, 'étendrai dans le soir mes bras pour te bénir !...

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