‹ Le poëme de LucrèceChapitre 28 sur 93 · III · texte numérisé non relu

III

$j.\ième livre de YÉntide, c’est que Virgile, s’inspirant de Platon, fait régner la justice aux enfers * punit les crimes et les vices, les sentiments déna> turés, l’avarice, l’adultère, la perfidie, et fait pénétrer un rayon de lumière dans le chaos moral des croyances païennes.

La vie future apparaissait à l’imagination populaire tantôt comme une morne contrée où tout n’a que les apparences de la vie, tantôt comme un lieu peuplé de monstres fantastiques, tantôt, et le plus souvent, comme une noire région dont on ne sait rien si ce n’est qu’on est plongé dans la nuit , où l’on souffre sans être puni, où l’on rencontre, non pas des lois divines, mais des épouvantes inexpliquées; enfin, pour employer le langage de Job, bien conforme ici à toutes les croyances antiques , on avait peur d’aller « sans espérance d’aucun retour, en cette terre de misère et de ténèbres où habite l’ombre de la mort, où tout est sans ordre, et dans une éternelle horreur’. » Nier cette vie future, c’était rassurer les âmes, et non les désespérer.

Cependant, comme, en si grave et si délicate matière, il ne faut rien omettre de ce qui peut faire connaître l’état des âmes, hàtons-nous d’ajouter que les anciens, au milieu de ce discrédit des Actions religieuses ou malgré la terreur qu’elles inspiraient, ne pouvaient se résoudre au néant. Il en est de la

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