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mystérieuse qui s’ouvre devant lui. L’on place soa espérance dans le néant et l’autre dans l’immortalité, chacun trouve son ivresse dans on infini. Si on oublie leurs principes pour n’écouter que leur passion égale, on est tenté de croire que leurs voix sont à l’unisson. C’est qu’ils sont tous deux à la poursuite do même problème, impatients de le résoudre pour leur propre bonheur, tous deux, par un contraste étrange, cherchant la paix avec une avide fureur, méprisant tout le reste et sans autre désir que la vérité où iis ont placé leur intérêt, leur vie, leur éternité.
Cette persistance à rouler son esprit dans ces noires ténèbres peut étonner chez un épicurien. Pourquoi s’arrêter si longtemps dans la contemplation d’une éternité vide? On conçoit que le chrétien tienne les yeux fixés sur on avenir plein de promesses ou de menaces et qu’il redise avec joie ou terreur : Annos ælemos in mente habui ‘ ; que Socrate se plaise à faire de la philosophie la méditation de la mort, puisqu’il y trouve l’occasion de s’enchanter de belles espérances; que le stoïcien même, bien que sans espoir, se nourrisse de ces tristes réflexions, pour exalter son courage et pour obéir d’un cœur soumis à une loi universelle établie par la Raison suprême; mais on se demande quel intérêt peut avoir un épicurien à tenir sa pensée si longtemps plongée dans ces profondeurs. Ne vaut-il pas mieux,