Voir Salluste, CatiL, 10, et possim
3. M. Patin a bien marqué cette influence de Lucrèce sur Horace. Études sur la poésie latine I®*", p. 90.
la trop grande abondance qui nous étouffe aujourd’hui;
Alors les malheureux, de leurs mains ignorantes Recueillant quelquefois le suc mortel des plantes, Eux-mêmes se versaient la mort, mais aujourd’hui On sait artistement empoisonner autrui (Y, 1005.)
Les sentences morales de Lucrèce offrent souvent des portraits, des types retracés à grandes lignes où il n’est point difficile de reconnaître une physionomie romaine. N’est-ce pas un Romain, ce général arrivé à la toute-puissance qui passe en revue ses légions et ses flottes, qui promène si fièrement les yeux sur cet appareil guerrier dont il dispose, tandis que son cœur est en proie aux terreurs de la superstition? Qui ne pense à Sylla et à ses pareils*?
Voici l’envieux tel qu’il paraissait dans les républiques anciennes, que Lucrèce a pu coudoyer et entendre murmurer sur le passage de quelque brillant cortège :
Quoi 1 nous faudra-t-il voir toujours ce glorieux !
Quels honneurs 1 sur lui seul se fixent tous les yeux !
De clients sur ses pas il traîne une phalange.
Tandis que nous roulons dans la nuit et la fange*.
i . Tum penuria deinde cibi languentia leto
Membra dabat ; contra nunc rerum copia mersat.
Illi imprudentes ipsi sibi sæpe venenum Vergebant : nunc dant aliis solcrtius ipsi.