Lamartine, Méditations
CIIAPITF£ VI.
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nir. Lucrèce disait déjà comme uo épicurien de nos jours :
An food des vains plaisirs que j’appelle à mon aide
Je trouve un tel dégoût que je mo sens mourir
Si un amour heureux entraîne tant de maux, à quelies misères ne sera pas exposée une passion sans . espoir? Il faut donc surveiller son propre cœur, se garder de ces âlets d'amour qu’il est plus facile d’éviter que de rompre. Sans doute on pourrait s'échapper du lacs fatal, si on ne prenait plaisir à y rester. L’amoureux se fait volontiers illusion. Les imperfections de l’objet aimé, les défauts corporels, les vices de l’àme devraient lui ouvrir les yeux, mais il se plaît à les tenir fermés. Il saura bien railler un ami qui porte un joug avilissant, sans s’apercevoir que lui-mème il est souvent l’esclave d’une passion plus honteuse. Lucrèce fait la guerre à l’imagination qui embellit l’objet aimé, qui ne le voit pas tel qu’il est et se crève agréablement les yeux. Nous rencontrons ici un morceau bien connu où le poète se moque de la facilité avec laquelle les amoureux prêtent à leur idole des perfections imaginaires et transforment des défauts visiblesen aimables qualités, morceau plein de grâce et de finesse que Molière a librement traduit et dont il a fait son bien dans le Misanthrope.
C’est pour Molière un grand honneur qu’il ne faut