In Pisonem,2S
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il dit à nn de sos intorlociiloiirs épicuriens que de pareils paradoxes peuvent à la rigueur se soutenir dans le huis clos, mais qu'il le mettait au défi de les professer « dans le sénat, devant le peuple, à la tête d'une armée, devant les censeurs*. » Ces opinions paraissaient d'autant plus menaçantes qu'elles étaient, sous une forme ou sous une autre, partagées par la plupart des hommes cultivés, même par ceux qui ne relevaient pas d'Épicure. L'incrédulité était dans tous les esprits, dans ceux-là mêmes qui veillaient sur la religion. L'académicien Gotta, le grand pontife, disait ; u II est difûcile de nier qu'il y ait des dieux; oui, cela n'est pas aisé en public; mais en particulier, discourant comme nous faisons ici, rien n'est plus facile. Pour moi, tout grand pontife que je suis..., je suis presque tenté de rejeter cette opinion-. » L'état général des esprits et des mœurs, l'incrédulité croissante, la mollesse, l'immo- "^ralilé devenue élégante et prête à bien accueillir des principes commodes, tout cela explique la rapide fortune de l'épicurisme à Home, et fait comprendre aussi pourquoi de graves politiques se sont fait un devoir de le discréditer.
On répète sans cesse, sur la foi de Montesquieu,
que c'est la secte d'Épicure qui corrompit Rome.
Non, les mœurs romaines n'ont pas été ruinées par
uune doctrine, mais par la conquête. Elles furent