‹ Le poëme de Lucrèce [microform]; morale, religion, scienceChapitre 55 sur 73 · Un prince doit être savant · texte numérisé non relu

Un prince doit être savant

'2. Sed tonitrum fit uti post auribus accipiamns, FuI-ere qiiam cernant oculi, quia semper ad nuro«» Tardius advoniunt quam visuin quœ movcant rcs... Et licet hinc etiam cognosccre : ca?dere si qucm Ancipiti videas f.Tro procul arhoris auctiim, Ante fit ut cernas ictum quam plaga per aures Detsoiiitum : sic fulgorem qi.oque cernimus ante Quam tonitrum accipimus, pariter qui mittittir ignl E simili causa, concursu natus eodem. (VI, 161.)

sur la vitesse du son inférieure à celle de la lumière, il y a dans ces vers une preuve nouvelle de ce courage d'esprit peu commun dans l'antiquité, qui consiste à expliquer par des causes purement physiques des phénomènes qui étaient l'objet de l'universelle terreur.

Si, passant à un ordre de considérations différent, nous voulions constaterles connaissances de Lucrèce en physiologie, nous pourrions citer des vers remarquables qui montrent que le poète n'était pas étranger à cette science. Nos physiologistes avouent ce qu'il dit de la nutrition, de la facile assimilation des substances réj)aratjices dans la jeunesse, u où le corps acquiert plus qu'il ne dissipe,

riura sibi adsumunt quam de so corpora mittunt,

ce qu'il dit de la vieillesse ou les pertes sont plus grandes que les acquisitions et où l'alTaissementde la machine tourmentée, fatiguée par les objets du dehors ne peut plus résister à leurs chocs destructeurs'. )) De même, il sait comment dans les plantes « les sucs circulent dans des canaux invisibles^ » avec une rare ûnesse de langage il explique la sensation du goût qu'il rend en quelque sorte visible *A)rsqu'il nous apprend que la trituration exprime '* comme Peau d'une éponge ie suc des aliments qui

1. Liv. If, 1122. Voy. les Études médicales sur les poètes latins, par le docteur Meiière.

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