Liv. I
s'insinue dans les pores du palais et dans les routts compliquées de la langue'. » 11 faut lire ces passages auxquels nous ne faisons que loucher, pour savoir ce que les vers peuvent emprunter de force et de prix à une rigoureuse exactitude.
Il ne manque pas non plus au Po'tme de la Xalurc certains pressentiments au sujet de problèmes posés dans la science la plus moderne, et qui n'étaient pour l'antiquité (jue de vagues traditions ou des ^.aperçus lointains du génie. Sur les premiers essais ^e la création, sur les animaux que nous appelons ^antédiluviens, sur les espèces perdues, il y a dans le poëmedes mots qui ne sont pas sans valeur. Les espèces qui n'étaient défendues ni par leur force, ni par leur agilité, ni par leur ruse, ou qui n'étaient pas assez utiles pour que riiomme les prît sous sa protection, ontdûdisparaîln?. Tnq)fail>les, «réduites à rimpuissance par le malheur de leur destinée, elles étaient en proie aux animaux voraces jusqu'à ce que la nature les eût entièrement détruites. »
Scilicet hœc aliis prœdic lucroque jaccbant
Indupedita suis fatalibus omnia vinclis,
Donec ad inlerilum genus id nalura redegil. (V, 873.)
N'est-ce point déjà en quelques vers concis la célèbre théorie de Darwin sur la sélection naturelle