Lettres
4 rHAPÎTRE I.
c'est qu'on y entrait de plain-pied, sans elTort, sans pénible inilialion. La doctrine n'avait ni secrets, ni mystères. Le chef de celte école commode en avait aplani rentrée en écartant d'avance les épines de la science et la pure spéculation qui coûte de la peine et amène les disputes. Uniquement attaché à la pratique, il prétendait ne donner que des règles de conduite que le simple bon sens peut comprendre. Il rejetait los subtilités de la (lialecti(iue qui embairasse les esprits ettlont on n*a pas besoin pourdéiiuir le bonheur et déteruiiuer les moyens qui y conduisent '. Le disciple pouvait même se passer d'une forte éducation littéraire, car Épicure avait proscrit avec les curiosités de la science les recherches du langage. H méprisait également les V/gràces décevantes de la poésie et les artifices de la rhétorique. Il y avait dans cette simplicité peutêtre cherchée un air de bonne foi qui frappait les imaginations. Le maître attaquait les opinions reçues sans songer à se défendre lui-même. En dédaignant les armes vantées de la dialectique, il laissait ^'oir la confiance qu'il avait dans son système; en renonçant au faste des paroles, il paraissait mettre son scrupule à ne pas farder la vérité. Aussi les disciples affluèrent dans une école ouverte aux moins savants et s'attachèrent ù un maître qui enseignait avec une candeur intrépide, s'exposait sans défense à la fureur de ses advei-saires, ne leur opposait que