‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 107 sur 111 · Liv. VI, 652. — Plus loin · texte numérisé non relu

Liv. VI, 652. — Plus loin

.... Omnia cum cœlo, terraque, manque,

Mil sunt ad summam summaï totius omnem. (VI, 679.)

THISTESSE DU SYSTÈME.

« Que l’homme étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu’il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature..., qui se considérera de la sorte s’effrayera de soi-même. » A vrai dire, de telles pensées ne sont pas tristes, ou du moins elles n’ont que la tristesse de leur sévère grandeur. Les plus belles doctrines morales ont toujours recommandé ces sublimes méditations. Avant les Pères de l’Église, avant Pascal, avant Bossuet, les stoïciens y trouvaient un texte de fortifiantes réflexions. Mais selon eux, si pour l’homme la part est petite de l’universelle matière, il porte du moins en lui une part de l’âme universelle : « Voilà ce qu’il te faut méditer, se disait Marc-Aurèle à lui-même, afin de te mettre dans l’esprit qu’il n’y arien de grand que de faire ce qu’exige ta nature, et de souffrir ce que t’apporte la nature commune *. » Pour l’épicurien l’homme n’est qu'un assemblage, une motte d’atomes, qu’un hasard heureux, ou plutôt, pour parler comme Lucrèce, un hasard malheureux 8 , appelle un instant à la vie, et dont les éléments bientôt dissous, dispersés, ballo-

1. Pensées de Marc-Aurèle, traduct. Pierron, liv. XII, ch. 32. — Voy. liv. IV, 50; liv. V, 24. — « Quota pars omnium sumus. » Sénèque, Lettres , 91. — Épictète, Entretiens , liv. I, 12.

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