‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 24 sur 111 · Consol. ad Marciam · texte numérisé non relu

Consol. ad Marciam

2. Phars. IVII, 447. Lucain un peu plus loin adopte la formule épicurienne :

.... mortalia nulli Sunt curata Deo.

pour tfvoir vu l’élévation d’un ministre ambitieux et cruel, de Rufin, est tenté de se faire épicurien ou athée ; mais voilà que tout à coup le puissant favori de Théodose tombe en disgrâce, et aussitôt l’excellent Claudien revient à . la religion en s’écriant : « Les dieux sont absous 1 . » Ce ne sont pas seulement les Romains qui, dans l’accablement du malheur, mettent en doute la Providence divine ; le peuple de David lui-même, en voyant la prospérité des méchants, se laissait aller à dire : « Comment est-il possible que Dieu connaisse ce qui se passe 1 ? »

Aussi, durant les guerres civiles, la religion fut négligée. Le peuple romain ne se soucia plus de scs dieux qui paraissaient si peu se soucier de lui. Ôn répondit à leur indifférence par l’incrédulité. Les

cérémonies les plus saintes furent souvent oubliées ;

1, Sed quura rps hominum tanta caligine volvi Adspicerem, lætos quo diu florere nocentes,

Vexari que pios, rursus labefacta cadebat Relügio..,.

Abstulit hune tandem Rufini pâma tumultum Absolvit que deos ( Inlhif.,1 , 12.)

C’est aussi à l’opinion épicurienne quo se range un moment Claudien disant : « Numina nescia nostri. » L’épicurisme était le refuge de ceux qui boudaient les dieux. Ces sentiments se retrouvent même chez nos

poètes imitateurs des anciens. Malherbe a dit :

• 1 Le ciel est résolu de se justifier.

Oreste dans YAndromaque de Racine s’écrie :

Je ne vois que malheurs qui condamnent les dieux.

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