‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 44 sur 111 · LeUr es · texte numérisé non relu

LeUr es

Ils diront d’une manière plus touchante encore avec Marc-Aurèle : « Quand l’heure de la retraite sonnera, il faut se retirer paisiblement et avec douceur, comme une olive mure qui, en tombant, bénit la terre qui l’a portée et rend grâce à l’arbre qui l’a produite h » Ainsi parlent Épictète et ses pareils avec le plus complet abandon. C’est qu’ils obéissent à une loi intelligente, à une prescription divine dont ils admirent la sagesse. Bien que sans espoir, ils s’abandonnent à une providence qu’ils adorent. A la raison humaine affamée de vérité et de justice, jls jettent en proie, faute de consolation, l’hypothèse d’un grand dessein raisonnable et juste. Dans l’épicurisme rien de semblable. Le hasard vous a fait naître, le hasard vous fait mourir. Comme dans ce système il n’existe pas de cause ordonnatrice, l’homme ne peut offrir son sacrifice à une loi, à un être suprême, et tout ce qui lui est donné de faire, c’est de céder avec un morne courage à une nécessité aveugle et inévitable, pour ne pas donner au monde le spectacle d’un indécent désespoir.

Ici nous rencontrons pourtant un morceau d’une poésie et d’une raison admirables, où apparaît tout à coup une sorte de puissance suprême qui adresse la parole aux hommes pour leur reprocher la peur

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