Dictionn. phil. , art. Dieux
LA SCIENCE DE LUCRECE
les. Elle est trop redoutable d’ailleurs pour donner l’envie de la mépriser.
Cependant on aurait tort de croire que les explications antiques contraires aux causes linales fussent primitivement des arguments inspirés par l’impiété. Elles appartiennent souvent aux doctrines les plus religieuses. Le pieux Empédocle prétendait « que l’eau, en coulant dans le corps, s’est creusé un réservoir qui est devenu l’estomac ; que l’air, tendant à s’échapper, s’est ouvert un passage et que de là sont nées les narines ; si l’épine dorsale est partagée en vertèbres, c’est qu’elle s’est brisée en se tordant. *•» Anaxagore, qu’on regarde communément comme le père de la philosophie spiritualiste, qui lepremierproclama quel’esprit préside à l’ordre universel de la nature, ne laisse pas de dire «que l’homme est lcplusintelligentdesanimauxparcequ’il s’est trouvéavoir des mains 1 2 . » On voitqueLamettrie, l’auteur de Y homme machine , n’était qu’un plagiaire. Toutes les doctrines antérieures à Platon expliquaient ainsi l’origine des êtres. Aristote est le premier qui ait établi les causes finales avec une précision scien-