‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 75 sur 111 · IV, 33. — ‘2. Liv. IV · texte numérisé non relu

IV, 33. — ‘2. Liv. IV

phénomène avant de s’être assurée de sa réalité. C’est l’éternelle histoire de la dent d'or si finement contée par Fontenelle \ Ainsi Lucrèce nous apprend pourquoi le lion tremble et s’enfuit à la vue du coq. C’est que, dit-il, du corps de l oiseau s’échappent des atomes qui piquent et blessent la prunelle du lion et qui abattent son courage* . Les raisons que donne le poëte sont d’une précision comique. Il ne manque à cette explication qu’un mérite, c’est que le fait soit réel. Du reste, toute l’antiquité l’admettait, Pline le naturaliste comme les autres, et aucun physicien ne s’avisa de s’en assurer 8 . On se serait épargné bien de mauvaises raisons, si on avait fait comme Cuvier, je crois, qui par curiosité mit un coq dans la cage d’un lion. Le roi des animaux, loin de trembler, marcha fort allègrement sur son prétendu épouvantail et s’en régala.

Il est inutile de multiplier ces exemples parce que les hypothèses de pure fantaisie, le manque d’observation sont des défauts communs à la physique de toutes les écoles anciennes. Il est une autre sorte

1 . Le bruit courut qu’en Silésie une dent d’or avait poussé à un enfant. Aussitôt les savants de prendre la plume. L’un dit que cette dent est envoyée de Dieu pour consoler la chrétienté affligée par les Turcs. D’autres confirment ou réfutent cette opinion. On fait là-dessus des volumes. « 11 ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or.... On commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfévre. » Uist. des oracles , IV.

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