‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 77 sur 111 · Diogène Laërce, X · texte numérisé non relu

Diogène Laërce, X

LA SCIENCE DE LUCRÈCE. -

tronomes, elles ne lui paraissent pas valoir la peine d’être préférées.

Cette indifférence mérite d’autant plus d’être remarquée qu’Épieure suivait de près le système de Démocrite, de ce grand philosophe géomètre qui, par la seule intuition d’un génie perçant et sans le secours des instruments que le hasard a depuis

donnés à la science moderne, avait pénétré certains mystères du ciel. Il enseignait, par exemple, que le soleil n’est point tel que nous le voyons, qu’il est d’une grandeur immense; que la voie lactée est un assemblage d’étoiles, qui par leur éloignement échappent à notre vue et qui « près les unes des autres s’entr’enluminent à cause de leur épaisseur 1 2 , » que les taches qu’on observe dans la lune doivent être attribuées à la hauteur de ses montagnes et à la profondeur de ses vallées".

Les épicuriens, comme leur maître, faisaient profession de mépriser les mathématiques. Il n’y a, selon eux, qu’une science, celle du bonheur. Quoi ! disaient-ils, nous irions, comme Platon, nous con-

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