Liv. II
2. Omnis enim longe nostris ab sensibus infra Primorum nalura jacet; quapropter ubi ilia
Cernere jam nequeas, motus quoque surpere debent. (II, 312.)
était mal aisé de rendre ces idées intelligibles et claires. Deux comparaisons d’une grâce et d’une .grandeur homériques , où les images sont encore des preuves, vont jeter la lumière sur cette théorie
et ces lointains mystères de la science.
Quand sur une colline et sur son vert penchant Se traîne un blanc troupeau, chaque brebis marchant *
En désordre, à son pas, lente ici, là pressée Vers l’herbe où luit encor la perle de rosée,
Que les agneaux, de lait énivrés, dans leurs bonds,
Dans leurs jeux enfantins, entrechoquent leurs fronts,
Ce mobile tableau, vu de loin, ne figure Qu’une fixe blancheur tranchant sur la verdure.
Et quand des légions dans la plaine, à grands pas,
Se rangent pour offrir l'image des combats,
Que l’acier jette au ciel son éclair, que la terre Scintille sous l’airain, que la foule guerrière Ébranle au loin le sol d’un pied rapide et lourd,
Qu’une vaste clameur aux grands monts d’alentour Se heurte et rebondit jusqu’aux voûtes du monde;
Et quand les cavaliers voltigent à la ronde Et, soudain rassemblés, sous leur emportement Dévorent un espace immense en un moment,
Le spectateur debout sur les cimes lointaines Ne voit dans ce tumulte étincelant des plaines Qu’une masse immobile, et tout ce mouvement N’est pour lui qu’un éclair sur la terre dormant 1 .
Ces sortes de comparaisons, on le voit encore ici, quoiqu’elles soient redoublées et prolongées, ne sont pas une parure de la physique. Ce sont des