‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 89 sur 111 · IÎ · texte numérisé non relu

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LA SCIENCE DE LUCRÈCE. ' 289

’ faits, des exemples pour mettre en lumière une loi. Elles placent sous les yeux ce qu’autrement l’esprit aurait de la peine à comprendre. On dit quelquefois que la poésie ne peut pas servir la science ; on se trompe. Quand le génie veut pénétrer dans les dernières obscurités, l’imagination doit être son porte-flambeau et peut seule éclairer de loin le fond du sanctuaire.

Il n’y a point, à proprement parler, d’épisode dans ce poème sévère. Tel autre grand tableau digne de l’épopée n’est encore qu’une explication scientifique. Ayant à parler des principes constitutifs de la terre, des atomes qui la composent, Lucrèce est amené naturellement à dire quelque chose du culte superstitieux qu’on lui a rendu, du culte de Cybèle ; il explique en physicien les mythes des poètes, décrit les attributs delà déesse, son char, son cortège, ses prêtres mutilés avec leurs tambours, leurs cymbales, leurs flûtes qui excitent la fureur dans les âmes et provoquent les hommages d’une pieuse terreur. Dans cette belle peinture le poète ne perd pas de vue ses atomes. On y trouve une discussion des idées qu’on s’est faites sur la nature de la terre, une réfutation passionnée d’antiques erreurs physiques qui ont été érigées en dogmes religieux 1 .

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