‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 92 sur 111 · III, 17. — 2. III, 25. — 3. III · texte numérisé non relu

III, 17. — 2. III, 25. — 3. III

LA SCIENCE DE LUCRÈCE. 295

Il y a des auteurs latins dont la diction est plus élégante, qui choisissent leurs mots avec plus de soin pour le plaisir de l'oreille. Ainsi fait Cicéron lorsqu’il rencontre certaines difficultés de la science et qu’il évite la sécheresse d’un langage technique. Sénèque, dans ses Questions naturelles, met en usage toutes les ressources d’une langue raffinée, il nous dissipe à force de vouloir nous contenter; concis dans le détail, il est souvent diffus dans l’ensemble. Il imprime fortement sa pensée dans les esprits, mais en appuyant trop à plusieurs reprises, il détruit les contours arrêtés de l’empreinte. Nous ne parlons pas de Pline l’ancien dont la langue est obscure et vague. De tous les philosophes romains Lucrèce est peut-être celui qui parle le langage de la science avec la ^lus forte simplicité. Il s’accommode du mot propre, même quand il est rude; il l’échange rarement contre une périphrase, à moins quelle n’ajoute quelque chose à la pensée. Il ne connaît pas encore ces scrupules qui, en polissant la langue, l’affaiblissent. Presque toujours il laisse aux mots leur sens primitif et étymologique. On ne . peut trouver un meilleur vocabulaire. Si son style manque de certaines qualités exquises que demande la poésie, il possède plus que tout autre celles que réclame la science. « C’est, disait Montaigne 1 , un

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