Nam per aquas quscunque cadunt. atque aéra rarum
Hæc pro ponderibus casus cslciare necesse est,
Propterea quia corpus aquæ uaturaque teauis
Aeris haud poasunt æque rem quamque morari,
Sed citius cedunt gravioribus ersuporata :
At contra nulli de nulla parle, neque ullo Tempore inane potesl vacuum subsistera rei....
Omnia quapropter debent per inane quietum Æque ponderibus non æquis concita ferri. (II, 230.)
à l’observation journalière et qui ressemblent à celles qu'on rencontre dans nos traités de physique. Ainsi, lorsqu’il parle du tonnerre et des éclairs, il fait voir, pour délivrer les hommes de leurs terreurs superstitieuses, que ces prétendues menaces du ciel ne sont que des phénomènes naturels facilement explicables. Il est conduit à se demander pourquoi on voit l’éclair avant d’entendre le tonnerre, et remarque fort justement que le son va moins vite que la lumière. Ce n’était pas alors une vérité commune, car s’il faut en croire Plutarque, « les physiciens tiennent que l’éclair sort de la nue après le tonnerre encore qu’il apparaisse devant '. » Lucrèce, selon la coutume épicurienne, assimile ce phénomène formidable à un fait connu que tout le monde a pu observer. 11 faut encore remarquer ici la précision de ce langage poétique : « Le bruit du tonnerre parvient à notre oreille après que l’éclair a frappé nos yeux, parce que les objets qui s’adressent à l’ouïe ne vont pas si vite que ceux qui excitent la vue. Regardez de loin le bûcheron frapper avec la hache le tronc d'un arbre, vous verrez le coup avant d’entendre le son. De même nous voyons l’éclair avant d’entendre le tonnerre, quoique le bruit parte en même temps que la lumière et qu’ils soient l’un et l’autre produits par la même cause, par le même