‹ Le poème des champsChapitre 103 sur 181 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

ARGUMENT

L'œuvre des champs est sainte. — Récapitulation des saisons décrites. — Attraits de la vie rurale. — Qu'il faudrait un grand poète pour les peindre. — Les mélancolies de l'automne, — Lectures dans les bois. — Retour aux poètes préférés. — Les grands paysagistes de la poésie. — Poètes bucoliques. — Salut fraternel à de vieux amis. — Excursions pittoresques. — Les ruines. — Leur charme douloureux. — Chronique : Le château de SiAUGUEs-SAiNi-RoMArN. — Abbayes et monastères. — L'œuvre agricole des moines. — La Grande-Chartreuse. — L'abbaye de la Chaise-Dieu.

L'œuvre des champs est sainte. En son vaste domaine, La grandeur du devoir peut saisir l'âme humaine. Celte grandeur morale a de mâles beautés; Et plus d'un cœur sévère y puisa ses fiertés.

11 est beau qu'on te loue et juste qu'on t'honore, Te servir d'un bras ferme et fier c'est mieux encore; Du moins faut-il t'almer, ô grande œuvre d'amour, Qui fais au genre humain le pain de chaque jour.

C'est là, je le redis, fidèle à ton empire,

La croyance de cœur que j'aime et qui m'inspire.

Telle est la vérité féconde que ma voix

Dans ces chants ignorés balbutia cent fois.

Mais j'aurais voulu plus. Si j'avais su tout rendre,

Je voulais faire aussi bien sentir, bien comprendre

Quel facile bonheur vit dans l'humble milieu,

Et quels puissants attraits y mit la main de Dieu.

Peintres, musiciens, poètes, ô génies!

Tous les enchantements, toutes les harmonies

Sont là, dans ce poème illimité des champs,

Des bois, des lacs, des monts et des coteaux penchants.

Eh! que n'ai-je traduit, synthèse pénétrante,

La couleur, le parfum, la mélodie errante!

Tout ce qui vit, rayonne ou réjouit les yeux,

Ou chante et parle aux cœurs sous la voûte des cieux :

La culture en sa fleur, la nature en sa gloire,

Tout ce qui nomme Dieu, tout ce qui dit de croire!

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