LIVRE SIXIÈME
Garde un rctlol (laziir pris à l'azur dos cicux, Et sa Musc efïlcuranl, dans son vol solitaire, Le front immaculé dos géants de la terre, Traduisit loin de ceux qu'enivre un luth grossier, L'Hosanna du désert et l'hymne du glacier.
Qui n'aime de Brizeux, lyre chaste et craintive,
L'aimable gaucherie et la grâce native.
Kl lamour du pays si pur et si touchant,
On ce cœur de Breton puisa son plus doux chant,
Et les suavités de la voix attendrie
Qui murmura vingt ans ce seul doux nom : Marie,
En faisant envier, aux heureux des cités,
De tout petits bonheurs sous le chaume abrités?
Qui n'aime à retrouver, dans les pages d'Houssaye. La chanson du bouvreuil, les senteurs de la haie? Ailleurs, en des tableaux quelque peu trop charmants, La ferme hollandaise avec des tons flamands ; Au milieu de l'églogue où le printemps se joue; Le secret de Suzanne en flammes sur sa joue. Et dans un vers heureux toujours, parfois moqueur, Une larme souvent, une larme du cœur?
Si Barbier, si (rautier, dans leur fauve peinture, Ont su, d'un âpre amour fécondant la nature, Donner au paysage, avec un mâle accent, Le contour maj^istral et le relief puissant, D'autres plus contenus, d'autres aimés encore, Qu'une élite applaudit et que la foule ignore, Du val le plus ombreux cherchant l'abri secret, Sur les cordes de l'âme ont mis un doigt discret. C'est toi, cher de Montlaur, toi dont la muse exquise Resta fidèle aux champs dont l'attrait l'a conquise. Tous deux agriculteurs, vieux amis d'autrefois, Nous aurons su chanter nos vallons et nos bois. Tous deux, d'un cœur égal épris du monde agreste, Et nous encourageant de la voix et du geste. Prêts aux mêmes combats, nous aurons défendu Le grand peuple rural et son labeur ardu... C'est Nicolas Martin et son gai presbytère, Ou de sa Mariska le douloureux mystère;