LIVRE SIXIÈME
Maulz et ses fins sonnols; Vaucellc au long' printemps, Dont la muse pensive aura toujours vingt ans; Edouard L'Hôte cachant dans des flots de feuillage D'humbles toits que bénit le clocher du village; Malilourne qui n"a peint qu'un site inconnu, Mais un site enchanteur dont on s'est souvenu; Vermot qui nous quitta dès son avril ; Desplaces, Qui, toujours enivré du prestige des grâces, Et dédaigneux du fruit pour courtiser la fleur, Ne plut qu'aux délicats, ravissant ciseleur!... 0 débuts! ô malins si remplis de promesse! Absents toujours présents, frères de ma jeunesse; Frères de ma jeunesse aux grands rêves d'azur. Ne vous devais-je pas ce souvenir obscur? Ensemble, dans le beau royaume de Chimère, Nous avons vu grandir l'immortelle Ephémère, La fleur du long espoir, l'Ephémère au cœur d'or, Qui morte, hélas! pour nous, nous éblouit encor! Elles ont donc pour moi, vos pages charmeresses, Des bonheurs disparus les amères ivresses, Et sous les bois jaunis, plaisir cruel et doux ! En relisant vos chants, je revis avec vous.
Ainsi, l'automne, après les vendanges bruyantes,
Rend le songeur rustique aux courses attrayantes
Où le rêve indécis et le livre charmant
Donnent à son loisir un double enchantement.
Dans les tièdes vallons errant à l'aventure,
Savourons, au hasard d'une lente lecture,
Savourons, sous l'abri des sapins toujours verts,
L'attrait du paysage et celui des beaux vers.
Puis, gagnons plus avant. Des grands aspects éprise,
La rêverie au loin cherche encor la surprise ;
Touriste impovisé, le poète des champs
Veut à d'autres tableaux demander d'autres chants.
Ici, les grands effets de la nature nue,
Un site aimé toujours, une gorge inconnue,
Des rocs pleins d'imprévu, des horizons soudains,
S'étageant jusqu'au ciel en immenses gradins.
Des miracles de forme ou bien de perspective.
Pour des heures, parfois, gardent l'àme captive.
Et nous font admirer, dans leur diversité,