‹ Le poème des champsChapitre 118 sur 181 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Puis, plus rioii! souvenir perdu! choses passées! Grandeurs qui ne sont plus! majestés effacées! Vestiges dédaignés, lueur des jours éteints, Fantômes disparus dans les vagues lointains, Rien! tout est démoli! Lâches temps que les nôtres!...

0 vous, vainqueurs du monde, ô vous les cœurs d'apôtres ! Hommes des grands désirs qui viviez en ce lieu, Dans l'éblouissement de la clarté de Dieu, Hommes des grands espoirs, oh! l'eussiez-vous pu croire, Qu'un jour ces monuments, votre amour, votre gloire. Sous le brutal marteau d'un sordide intérêt. Tomberaient pierre à pierre, et qu'un siècle en rirait!....

Pourtant, devant l'histoire équitable et lidèle.

Tout comme devant Dieu votre œuvre est immortelle.

Aux lieux où la ruine, hélas ! seule est debout. Ici, là, près de nous, autour de nous, partout,

Des vestiges piiissiiiils, de merveilleux ouvrages,

Attestant vos bienfaits, ont loué vos courages.

Contre l'inerte friche intrépides lutteurs,

C'est le fer, c'est l'acier des civilisateurs,

C'est le soc à la main, que vos légions saintes,

En traversant l'Europe ont laissé leurs empreintes.

Rivages reboisés, larges versants, couverts

Pour l'ingrat avenir de beaux ombrages verts !

Cours d'eau disciplinés par la berge ou la digue,

A l'irrigation gardant leur flot prodigue ;

Grands marais desséchés, conquis en cent façons

Et désormais chargés d'opulentes moissons ;

Et les peuples témoins des récoltes plus amples,

S'instruisant sur vos pas aux leçons des exemples,

Et les fiers animaux dociles à vos lois,

Devenus plus parfaits, grâce aux soins, grâce au choix;

Voilà la moindre part de la besogne austère

Qui paya largement votre dette à la terre ;

Voilà comment, tandis que l'âme allait aux cieux.

Les bras ont transformé nos plateaux spacieux.

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